![]() |
DU DOCTEUR CHE GUEVARA AU CHEDu guérillero au Ministre | |||||||||||||||||||||||||||
|
| D'Ernestino, Teté, au Che | Granma | Du Ministre à Tatú | Ramón - Fernando | De la légende au mythe | Camilo Cienfuegos | Cuba | | ||||||||||||||||||||||||||||
Docteur, capitaine, commandant, ministreChe GuevaraLes 82 hommes débarqués sur la côte cubaine le 2 décembre 1956 sont décimés au premier accrochage avec l'armée régulière. La petite vingtaine de rescapés va se cacher dans la Sierra Maestra, un massif de 130 kilomètres de long et 50 kilomètres de large, dominé par le pic Turquino. Débraillés et armés au diable, les Barbudos nouent des liens avec les paysans, les Campesinos, qui viendront progressivement grossir leurs rangs. Entre janvier et juillet 1957, en moins de 6 mois, la petite troupe dispersée devient une force aguerrie et souvent victorieuse qui peaufine la stratégie et la tactique de la guérilla. Castro sollicita l’aide de tous. Un pays lui apporte son soutien : les Etats-Unis. Le 31 mars 1958, Huber Matos arrive dans la Sierra Maestra avec un gigantesque chargement d’armes provenant du Costa Rica. Son président, José Figueres, proche des Etats-Unis, collabora avec la CIA. Ces armes rendirent possible l’extension de la guérilla vers le centre de l’île. Entre le premier combat victorieux de la Plata et l'Uvero le Che s'affirme comme combattant. Impulsif, il apprend à se contrôler pour pouvoir diriger ses troupes. C'est un artiste de la guérilla un chef aussi exigeant avec lui-même qu'avec les autres. Il pratique une morale égalitaire qui donne son sens à la lutte contre une dictature de corrompus, selon Fidel Castro. Les Barbudos font une grande consommation de cigares. Ils en fument une partie et, comme le leur a appris Ernesto Guevara, laissent macérer l'autre dans l'eau. Appliqué sur la peau, le liquide jaunâtre est une protection efficace contre les moustiques. Entre les embuscades, il soigne malades et blessés. Il fait la classe aux analphabètes et enseigne le français à Raul. Il aime se battre, n’a pas peur du danger, et supporte facilement le quotidien difficile du guérillero, malgré de fréquentes et violentes crises d’asthme. Nommé premier commandant de la guérilla, le Che soulignera plus tard qu'il considérait que le premier à être nommé aurait dû être Raul Castro. Outre son courage, il avait été le seul des hommes venus sur le Granma à arriver à Purial de Vicana avec des armes alors que le groupe auquel il appartenait avait perdu les siennes. Guevara est chargé seul à défendre une zone de la Sierra, rôle certes important, mais plus anonyme que spectaculaire. Avec quelques hommes venus en renfort des villes, il forme le deuxième front de guérilla en soutien à Castro. Le Che créé un territoire libre à El Hombrito, où il tenta d’installer une communauté civile, avec école, hôpital, atelier de fabrication d’armes, boulangerie, un journal et la fameuse Radio Rebelde. El Hombrito détruit, il renouvelle l'opération à La Mesa. L’invasion de l’île, sa foudroyante avancée vers La Havanne, confirme sa position de deuxième commandant de la révolution. Le deuxième front de l’Escambray dans le centre de Cuba est très important du point de vue militaire et politique. Sur ce territoire opèrent les forces indépendantes du commandant Gutiérrez Menoyo et celles du Directoire révolutionnaire. Guevara a besoin de la collaboration du vieux Parti communiste, il signe un pacte avec le Directoire révolutionnaire, avant de marginaliser les forces de Menoyo en dégradant les commandants du Mouvement du 26 juillet. Par ces actions et grâce à la presse américaine, aux caméras de télévision, Guevara devint la figure décisive de la révolution, projetant au second plan Castro. La prise de Las Villas est dramatique pour les partisans de Batista et marque un tournant. Durant la bataille, un groupe de militaires, retranchés dans un hôtel, se rend. Ils sont exécutés sommairement et sans jugement, en présence de la presse. Les victimes étaient pour la plupart de jeunes paysans et chômeurs, récemment engagés dans l’armée. Fidel Castro rétabli son pouvoir en ordonnant à Camilo Cienfuegos de prendre la caserne de La Columbia, de prendre La Havane. Il envoie le Che à la caserne de Cabana, position secondaire aux portes de la capitale. Il interdit aussi aux troupes du Directoire révolutionnaire d’accompagner les rebelles lors de leur entrée dans la capitale. Guevara a voulu marginaliser Menoyo, Fidel réduit l’influence du Directoire et celle de Guevara. Au lendemain de la victoire, Guevara est confiné dans un rôle de maintient de l'ordre où sa rigueur ne laisse pas la moindre place aux voix dissonantes. Toute opposition au rapprochement avec l’Union soviétique est sévèrement réprimée. Les opposants sont arrêtés, au mieux contraints à l’exil, plus souvent torturés et condamnés à de longues peines de prison, ou exécutés. Guevara et Raul Castro, sont préoccupés par la renaissance d’un mouvement ouvrier étudiant indépendant, et par la popularité de certains commandants et ministres non communistes. Guevara n'hésite pas à déclarer : Il faut en finir avec tous les journaux, on ne peut faire une révolution en maintenant la liberté de la presse. Les journaux sont des instruments de l’oligarchie. La presse cubaine est vite muselée et interdite, au profit du seul organe du Comité central communiste cubain, le quotidien Granma. Fidel Castro a éloigné la menace Guevara sur son image mais quelque chose le retient. Le Che est nommé ambassadeur itinérant et quelques mois de voyages le sauve du sabordage programmé. Début octobre 59, toute opposition est laminée ou presque. Le gouverneur militaire de la province de Camarguey, Huber Matos, inquiète pourtant, il faut l'arrêter, dans les 2 sens du terme. C'est à ce moment là que disparaît Camilo Cienfuegos. Hasard ou machination, une place est libre, la nature ignore le vide : le Che est aspiré en avant. Ernesto Che Guevara revient au premier plan de la révolution cubaine. Il se retrouve propulsé à la direction de l'économie cubaine. Ce n'est pas un spécialiste de l'économie, mais il se met au travail, et c'est un travailleur infatigable. Il va étudier les mathématiques et l'économie. Ses journées de travail officiel se terminent vers minuit. Après, il lit, écrit ou reçoit des visiteurs, surpris de le trouver dans son bureau en treillis vert olive, le pistolet à la ceinture. Il ne se laisse pas une seconde de loisir sauf, de temps en temps, une partie d'échecs. Le dimanche, machette à la main, il coupe la canne à sucre ou bien il travaille sur les chantiers, à la construction d'écoles ou de logements sociaux. Et il trouve encore le temps de faire des conférences, de participer à des réunions. Juillet 1955 - Novembre 195918 août, Tepotzotlán, près de Mexico, son égérie, la Péruvienne Hilda Gadea Acosta, enceinte, accepte finalement d'épouser Ernesto Guevara de la Serna. Quelques mois plus tard, Guevara écrit à sa tante : J'attends d'ici peu un petit Vladimir Ernesto. 1956 : février, el Che Guevara commence ses classes de guérillero. 15 février, Hilda Béatriz Guevara Gadea, El petalo mas profondo del amor, naît à Mexico, le futur parrain est Raúl Castro. Ernesto écrit à sa mère : Mon âme de communiste se dilate sans mesure. C'est le portrait craché de Mao Tsé-Toung. A son père, il adresse déjà : Un jeune leader cubain m'a invité à intégrer le mouvement de libération armée de son pays, et bien sûr j'ai accepté. Mon avenir est donc lié à la révolution cubaine. Dans ma vie, j'ai passé mon temps à chercher la vérité à travers les obstacles, et là, avec une fille qui me perpétue, j'ai bouclé la boucle. A partir de maintenant, ne considérez pas ma mort comme une frustration. 18 février, visite de Fidel Castro qui vient chez lui afin de connaître Hilda. Avril : Ernesto Guevara loue, sur la demande de Fidel Castro, une petite hacienda destinée à l'entraînement des révolutionnaires cubains. Le Général Alberto Bayo, ancien colonel de l'Armée Républicaine pendant la Guerre Civile en Espagne, dirige un entraînement de commando poussé dans l'hacienda isolée, Santa Rosa, à 35 kilomètres de Mexico. Le petit groupe pratique la lutte et le karaté pour le combat au corps à corps, le basket et le football pour l'agilité, l'aviron pour l'endurance. Les week-ends se passent à escalader le Popocatépetl ou l'Iztaccihuatl, qui culminent à plus de 5000 mètres. Fidel voyage aux Etats-Unis pour récolter des fonds auprès d'autres exilés. Il achète un yacht de 12 m, le Granma, et prévoit de partir vers Cuba avant la fin 56. 20 juin, alertée par des agents de Batista, la police mexicaine arrête Fidel Castro, Ramiro Valdés, Universo Sanchez, Candido Gonzalez, Julio Diaz, Ciro Redondo et Reinaldo Benitez à Mexico. Ils sont incarcérés dans la prison Miguel Schultz à Mexico. 21 juin, la police perquisitionne un appartement de la ville où elle interpelle Maria Antonia Gonzalez, Juan Almeida et José Raul Vega. 24 juin, la police fédérale mexicaine fait une descente au ranch Santa Rosa où elle capture, entre autres, Ernesto Guevara, Calixto Garcia et Luis Crespo. Hilda et Hildita ont aussi été arrêtées. Ernesto et sa femme sont interrogés par des policiers qui leur semblent être américains. 3 juillet, l'agence de presse américaine UPI communique : Le médecin argentin Guevara va être déporté vers son pays d'origine, du fait de sa participation présumée à la conjuration avortée contre le gouvernement cubain de Fulgencio Batista. 11 juillet, le Ministère de l'Intérieure annonce : Ordenan que salgan de México cubanos libertados. El Ministerio del Interior anuncio que solo quedan detenidas tres personas por la acusacion de conspirar contra el gobierno del presidente Batista, de Cuba. Los detenidos son el doctor Castro Ruz, el médico argentino Guevara Serna y el cubano Garcia Martinez. 24 juillet, Fidel Castro et une partie des cubains sont relâchés grâce à quelques pots-de-vin et à l'intervention de l'ancien président de la république mexicaine, le général Làzaro Càrdenas. 31 juillet, les derniers prisonniers, parmi lesquels Che Guevara et Calixto Garcia, sont libérés. Août, ils passent à la clandestinité et continuent à s'entraîner. Fin août, Ernesto prend congé de sa femme et de sa fille. Il lui offre un petit poème en prose :
3 novembre, Flavio Bravo se rend au Mexique pour conseiller à Fidel de retarder son expédition. 17 novembre, une bonne part des armes du Mouvement de Fidel Castro sont saisies par la police mexicaine. Prieto Miret et Enio Leyva sont interpellés. 21 novembre, Fidel donne orde aux différents groupes de combattants de rejoindre Tuxpan. Les 82 expéditionnaires du Granma : 24 novembre, un télégramme est envoyé à Cuba : Oeuvres demandées épuisées. Il est la confirmation de préparer un soulèvement à Santiago pour le 30 novembre, date prévue du débarquement. 25 novembre, vers 01:30, le Granma appareille de Tuxpan, Mexique ; l'histoire est en marche. 30 novembre, le Granma, surchargé, croise au large des îles Caïmans dans une mer forte. 2 décembre, débarquement catastrophique à Los Cayelos, dans un marécage de l'Est de Cuba, deux jours plus tard que prévu, à quelques kilomètres de l'endroit prévu. Le Che notera : Ce n'était pas un débarquement, c'était un naufrage. 5 décembre : La colonne de rebelles, exténuée, fait halte près d'une canneraie appelée Alegria del Pio. A 17:00, premier accrochage avec l'armée gouvernementale, prévenue par un paysan, qui ouvre le feu. Les rebelles se dispersent en désordre dans les champs de cannes à sucre. Le Che est assez sérieusement blessé, au cou et à la poitrine. Trois hommes sont tués dès le début de l'assaut. Le bilan est désastreux, les guérilleros sont dispersés et donnés pour morts par la presse. 21 Fidélistes capturés seront éliminés dans les jours qui suivent. Le Che note dans son journal : A côté de moi, un compagnon déguerpit, abandonnant deux caisses, une de balles et une de médicaments. Je les lui désigne en hurlant. Il me répond que ce n'est pas le moment de s'en occuper. Incapable de porter les deux, je me trouve en face d'un dilemme: les médicaments ou les munitions ? Qui suis-je ? Un médecin ou un révolutionnaire ? Je choisis la caisse de munitions. L'accrochage d'Alegria de Pio raconté par Ernesto Che Guevara et Emilio Arbentosa : 8 décembre, Luis Arcos Bergnes, René Bedia Morales, Miguel Cabañas Perojo, Noelio Capote Figueroa, Felix Elmuza Agaisse, Candido Gonzalez Morales, Jimmy Hirzel Gonzalez, Andrés Luján Vazquez, Armando Mestre Martinez, Antonio Nico Lopez, José Ramón Martinez Alvarez, Eduardo Reyes Canto, David Royo Valdés, Miguel Saavedra Pérez, José Smith Comas et Raul Suarez Martinez, pris à Alegria de Pio, sont torturés à mort par l'armée à l'embouchure du fleuve Toro, à Pozo Empalado et à Macagual. 20 décembre, Che Guevara, Camilo Cienfuegos, Reinaldo Benitez, Pancho Gonzalez, Juan Almeida et Ramiro Valdés arrivent les derniers à la ferme de Cinco Palmas. 25 décembre, il ne reste que 18 expéditionnaires sous les ordres de Fidel. Ils quittent la ferme de Mongo Pérez pour la Sierra Maestra afin d'y organiser la guérilla. Le 2 janvier 1959 il ne restera que 12 de ces hommes. 1957 : 13 janvier, la trentaine d'hommes qui compose l'Armée Rebelle quittent El Mulato pour aller attaquer le poste militaire de La Plata. 17 janvier, attaque de la caserne navale de La Plata, au pied du mont Turquino. Le Che court à découvert incendier un hangar suscitant l'admiration de ses compagnons. Il note : Notre attitude avec les prisonniers contraste avec celle de l'ennemi. Ils achèvent nos blessés et abandonnent les leurs. Avec le temps, cette différence deviendra un facteur de réussite pour nous. Suite à cette première victoire des guérilleros, la population locale commence à sympathiser avec les insurgés. La Sierra Maestra deviendra progressivement inaccessible aux forces gouvernementales et entrera en dissidence. Le soir le Che oblige ses compagnons d'armes, certains sont analphabètes, à suivre des cours qu'il dispense lui-même. Il considère l'éducation comme une priorité. 22 mars, il participe aux combats de Palma Mocha. 28 mai, attaque d'el Uvero, l'Armée Rebelle démontre une certaine maturité. Fidel : La situation était difficile, les informations étaient, à bien des égards, fausses. Nous allions attaquer en plein jour, à l'aube, une position fortement défendue, au bord de la mer, bien armée et nous avions des troupes ennemies sur notre arrière-garde, pas très loin. Au milieu de cette confusion, il a été nécessaire de demander aux hommes un suprême effort et après que le camarade Juan Almeida eut pris sur lui une des missions les plus difficiles, il y avait néanmoins un des flancs totalement à découvert, qui ne comptait aucune force d'attaque, ce qui pouvait compromettre l'opération. Et, à cet instant-là, Che, qui était encore notre médecin, a demandé 3 ou 4 hommes, dont un avec un fusil mitrailleur et, en quelques secondes, il s'est lancé pour remplir la mission d'attaque dans cette direction. Il ne s'est alors pas seulement distingué comme soldat mais encore comme médecin. Il a soigné les camarades blessés et en même temps, les soldats ennemis blessés. Lorsqu'il nous a fallu abandonner cette position, une fois que nous nous étions emparés de toutes les armes, et entamer une longue marche, harcelés par diverses forces ennemies, quelqu'un a dû rester avec les blessés et c'est le Che qui est resté. Aidé d'un petit groupe de nos soldats, il les a soignés, leur a sauvé la vie et il a rejoint plus tard notre colonne. 21 juillet, le Che allait apposer son grade devant son nom sur une carte de condoléances pour le frère de Frank Païs qui vient d'être assassiné, Fidel le coupe ; mets commandant. Le Guerillero Heroïco devient le premier Comandante de la guérilla, avant Almeida, l'allié de la première heure, avant Raul Castro. Celia Sanchez lui remettra la petite étoile dorée. Le Commandant Ernesto Che Guevara, à la tête de 75 hommes, reçoit l'ordre d'encercler les forces de Sanchez Mosquera et Merob Sosa et d'attendre les ordres du Commandant en chef Fidel Castro. Ils se partagent désormais le champ d'action : au Comandante in jefe l'Est de Turquino, au Comandante, l'Ouest. Le Che : C'est d'une manière informelle et presque inaperçue que j'ai été nommé Commandant de la Colonne 2 de l'Armée de guérilla. La dose de vanité que nous portons tous en nous a fait que je me suis senti l'homme le plus fier de la Terre. 1 août, le Che dirige l'attaque du poste de la Garde Rurale de Bueycito. Batista lance une vaste offensive militaire, une prime de 4'000 dollars est mise sur la tête d'Ernesto Guevara, le médecin argentin. 29 août, le Che et Fidel décident de prendre Pino del Agua. Combat d'El Hombrito où la colonne du Che repousse 150 soldats commandés par Merob Sosa. Hôpital de campagne, école, le journal El Cubano Libre et Radio Rebelde y seront fondés. Sur les ondes et à travers les colonnes, le message sera simple : La Liberté ou la mort. Le commandant créé une petite manufacture d'armement qui fabrique des balles, des grenades et le M26. Le M26 est une arme maison qu'il faut lancer au moyen d'une catapulte confectionnée avec des ressorts de fusil de pêche sous-marine. A l'intérieur de la zone libérée qu'ils administrent, les rebelles règlent leurs achats avec des coupons que Guevara signe déjà Che. Quand El Hombuto sera réduit en cendres par l'armée, le Che et ses hommes seront installés à La Mesa. 17 septembre, Pino del Agua, les hommes dirigés par Guevara défont une colonne de 130 soldats. 4 novembre, dans le Territoire Libre de la Sierra Maestra, Che Guevara lance El Cubano Libre. 29 novembre, attaque de Mar Verde, le Che et ses hommes tentent d'encercler la colonne de Sanchez Mosquera. Le Commandant défie les balles pour sauver Joel Iglesias, il prendra part personnellement à l'intervention chirurgicale à la quelle celui-ci sera soumis. Le capitaine Ciro Redondo, un des hommes qu'il appréciait le plus, est tué. Au bilan du combat, des larmes roulent sur son visage à l'annonce de la mort de Ciro Redondo. Dans une lettre à Fidel Castro, 1 décembre 57, il soulignera : Il est mort d'une balle en pleine tête, conduisant ses hommes, d'une manière vraiment héroïque. Ciro s'était fait admirer et aimer de sa troupe. C'était un bon camarade et surtout un de tes piliers inébranlables car la lutte était pour lui une aspiration constante. Je crois qu'il serait tout à fait juste de lui donner le grade de Commandant, bien que ce ne soit que pour l'Histoire, qui est la seule chose à laquelle nombre d'entre nous peuvent prétendre. Ciro Redondo sera promu au grade de commandant à titre posthume. 8 décembre, le Che est blessé au pied. 1958 : 24 février, début des transmissions de Radio Rebelde depuis le campement du Che. Parmi les fondateurs, on trouve Eduardo Fernandez, Ricardo Martinez, Luis Orlando Rodriguez, Violeta Casals, Orestes Valera, et Jorge Enrique Mendoza. Diffuser nos idées... Ici Radio Rebelde. 1 mars, sous les yeux de Fidel, la colonne 6 de Raúl Castro et la colonne 3 de Juan Almeida quittent le poste de commandement du Che, Pata de la Mesa, pour rejoindre leur zone d'opération. Mai, Batista décide d'en finir avec les Barbudos, Plan FF. Il lève une véritable armée à La Havane. 3 mai, le Che est nommé chef de la colonne 8, Ciro Redondo, constituées 4 pelotons. 24 mai, Fidel regroupe les chefs de la guérilla et distribue les missions, la région du Rio Jibacoa est dévolue au Che. Juin, juillet, la Colonne 8 prend part à la contre-offensive et participe à de nombreux engagements. 30 juillet au 6 août, les forces du Che et de Camilo combattent à Las Mercedes. L'offensive d'été de l'armée se conclu sur l'échec du Plan FF. Les troupes de Batista ont perdu plus d'un millier d'hommes, dont 443 faits prisonniers, et un matériel considérable pour la guérilla : 2 véhicules blindés, une dizaine de mortiers, 2 lance-roquettes, 12 mitrailleuses lourdes, 21 fusil-mitrailleurs, 200 mitraillettes San Cristobal, 142 fusils Garand, des M-1, des Springfields, plus de 100'000 balles et des centaines d'obus. Les rebelles déplorent 26 morts et une cinquantaine de blessés. Août, début de l'opération Invasion. 21 août, le Commandant Che Guevara reçoit l'ordre de Fidel Castro de se rendre vers la région centrale du pays, jusqu'à la Sierra del Escambray, province de Las Villas, où il installera un camp de base, à la tête de la Colonne 8, Ciro Redondo. Ernesto va y faire la connaissance d'Aleida March Torres, une jeune cubaine de 22 ans. Son allure, son intelligence et son militantisme vont séduire le Guerillero Heroïco, elle ne le quittera plus. 31 août, départ de la colonne 8 de Jibaro, dans la Sierra Maestra. Le Che, son second Ramiro Valdès et 138 hommes vont marcher 47 jours sur plus de 550 kilomètres. Une marche dans des conditions difficiles, souvent au milieu de marais, sous des tirs de l'armée de l'air cubaine. Ils subiront 2 grosses tempêtes tropicales et ne mangeront pas plus de 20 fois. 9 septembre, La Federal, province de Camaguey, sévère accrochage de la colonne 8. 24 septembre, pause dans la ferme Los Guines, le Che souffre d'une violente crise d'asthme. 16 octobre, la colonne 8 pénètre dans la province de Las Villas. 17 octobre, combats de Güinia de Miranda. 29 novembre, rencontre du Che et de Camilo à El Pedrero, Escambray. 1 décembre, les forces de l'Armée Rebelle commandées par le Che et Ramiro Valdés signent le Pacte du Pedrero avec les dirigeants du Directoire Révolutionnaire Faure Chomon, Rolando Cubelas et Humberto Castello. 4 décembre, les combattants de la colonne 8 et du Directoire Révolutionnaire repoussent les troupes de Batista d'El Pedrero. Ils commencent à préparer la prise des villes de la province de Las Villas. 16 décembre, la colonne du Che et les hommes du Directoire Révolutionnaire lancent l'Opération Santa Clara. Première attaque contre la ville de Fomento. 18 décembre, la garnison de Fomento se rend. 21 décembre, la colonne Ciro Redondo du Che attaque Cabaiguán. 23 décembre, prise de Cabaiguán, les commandants Che Guevara et Camilo Cienfuegos se réunissent près de Yaguajay assiégée par la Colonne Antonio Maceo, de Camilo, pour analyser le déroulement de l'Opération Santa Clara. 25 décembre, prise de Placetas, le Che retourne à Yaguajay pour discuter avec Camilo Cienfuegos. 26 décembre, prise de Remedios, le général Alberto del Rio Chaviano est relevé de son poste à la tête du District Militaire de Las Villas. 28 décembre, avec ses 364 hommes, le Che prend d'assaut le train blindé de 19 wagons, réputé imprenable, symbole de la résistance gouvernementale. Les Barbudos sabotent la voie et la locomotive de tête déraille. Les militaires ouvrent le feu par les meurtrières, des tourelles, les mitrailleuses crachent la mort. Des commandos suicides arrosent le train de cocktails Molotov. Les plaques de blindage se transforment en un four géant pour les soldats qui préfèrent se rendre. La presse internationale avait annoncé la mort du Che au combat. Radio Rebelle répond : Dernière nouvelle de la plus grande importance ! Grande victoire de la huitième colonne de Las Villas. Des troupes sous la direction de Che Guevara se sont emparées d'un train blindé, et trois cents soldats avec leur équipement complet ont été faits prisonniers en même temps que deux wagons chargés de dynamite et d'un nombre incalculable d'armes. Afin de rassurer les membres des familles en Amérique du Sud et parmi la population cubaine, nous assurons qu'Ernesto Che Guevara est en vie et qu'il continue à combattre sur la ligne de front, à partir de laquelle il ne va pas tarder à s'emparer de la ville de Santa Clara qui est assiégée depuis plusieurs jours déjà. 29 décembre, sur la route de La Havane, la capitale, Santa Clara est la dernière forteresse de Batista. Les forces rebelles commandées par le Che pénètrent dans Santa Clara où elles attaquent le poste de police et la colline du Capiro. 30 décembre, le Che se réunit à nouveau avec Camilo Cienfuegos qui dirige alors le siège de Yaguajay. Le colonel de la police provinciale se rend. 1959 : 1 janvier, après cinq jours de combats acharnés, selon la version officielle, le commandant Che Guevara remporte la bataille décisive de Santa Clara, elle fait du Che un héros aux yeux des Cubains. On le sait maintenant avec des témoignages concordants : la prise de Santa Clara n'a été qu'une simple série d'escarmouches, le gros des troupes de Batista ayant préféré se rendre ou fraterniser avec la guérilla. A La Havane, Batista s'est enfui discrètement pour Saint-Domingue lors de la nuit du réveillon. Fidel prend Santiago de Cuba. Les libertadores peuvent foncer vers la capitale, précédés de leur légende romantique et chevaleresque. 2 janvier, Camilo Cienfuegos Gorriarán entre dans La Havane, paralysée par une grève générale. Il s'empare de la caserne de Columbia. A Santiago de Cuba, le juge Manuel Urrutia prête serment comme Président de la République. Fidel Castro annonce qu'il marche sur La Havane à la tête d'une Caravane de la Liberté. 3 janvier, La Havane tombe, le Che y fait son entrée et arrive à la forteresse de la Cabaña, il dira : Je ne suis pas un libertador, les libertadores n'existent pas, les peuples se libèrent eux-mêmes. 7 janvier, le nouvel Etat est instauré le Che s'occupe du maintien de l'ordre. Il est gouverneur militaire de la forteresse de la Cabaña, où siègent les tribunaux révolutionnaires. Les tortionnaires de Batista y sont jugés et souvent condamnés à mort. Le Conseil des Ministres vote une loi qui précise que l'honneur d'être citoyen cubain de naissance sera accordé aux personnes qui ont combattu pendant deux ans au moins dans les rangs de l'Armée rebelle et ont eu le grade de commandant pendant au moins un an. 8 janvier, Fidel Castro entre dans la capitale. Le Che invite ses parents à la Havane. 9 janvier, en égard aux services rendus à Cuba, Ernesto Che Guevara est officiellement déclaré cubain par naissance en vertu de la loi du 7 février qui lui a été taillée sur mesure, rien que pour lui. Il se déclare prêt à accepter des charges officielles pour aider le pays qu'il vient de contribuer à libérer. Maintenant je suis un combattant qui travaille à la consolidation d'un gouvernement. L'avenir ? A la vérité, je ne sais où je laisserai mes os. Ses parents arrivent à Cuba, ils retrouvent leur fils 6 ans après leur dernière rencontre. 21 janvier, Hilda Gadea et Hildita viennent vivre à La Havane. Mars, contrairement à Fidel, Guevara et Raùl Castro désiraient affronter ouvertement les Etats-Unis et se rapprocher les communistes. La tension entre Raul Castro, Guevara, les vieux communistes, d’un côté, et Fidel Castro, de l’autre, s’exacerbe à propos de la réforme agraire : les premiers étant partisans d’investir les terres des latifundistes, tandis que Fidel souhaitait une loi. 1 mai, le Che est à Santiago de Cuba pour les festivités de la journée du Travail. 17 mai, le nouveau Premier ministre, Fidel Castro, s'affirme alors nationaliste et réformiste. Le nouveau gouvernement proclame une loi de réforme agraire qui supprime les latifundistes, exploitations de plus de 400 hectares. Les services publics comme les transports et le téléphone sont nationalisés, ainsi que les plantations de sucre et de tabac. Un programme social ambitieux est lancé dans les domaines de la santé et de l'éducation. 22 mai, le divorce Ernesto Guevara, Hilda Gadea est prononcé. 2 Juin, le Che et Aleida March se marient dans l'intimité, Ernesto emmène Aleida pour une courte lune de miel, dans une Studebaker noire qu'on leur a prêtée. 12 juin, le Che est désigné ambassadeur itinérant, Castro envoie le Che en mission d'ambassadeur de la jeune révolution cubaine auprès de régimes susceptibles de l'aider. 16 juin, départ pour la République Arabe Unie et l'Egypte où il s'entretient avec Nasser. 30 juin, la délégation arrive à New Delhi, Inde, entretiens avec Nehru. 12 juillet, le Che arrive à Rangoon en Birmanie. 15 juillet, la délégation conduite par le commandant Che Guevara arrive à Tokyo. 29 juillet, le commandant Che Guevara arrive en Indonésie. 6 août, le Che arrive à Colombo au Sri Lanka. 8 août, la délégation cubaine conduite par Che Guevara arrive au Pakistan. 11 août, arrivée en Yougoslavie, le Che s'entretient avec Tito. 21 août, le commandant Che Guevara achève une deuxième visite en Egypte et se rend au Soudan. 23 août, à Khartoum, le dirigeant cubain s'entretient avec plusieurs dirigeants soudanais. 29 août, le commandant Che Guevara entame une visite officielle au Maroc. 8 septembre, retour à Cuba du commandant Che Guevara, en septembre et octobre il publiera de nombreux articles sur son voyage, dithyrambiques sur la sympathie inspirée par la révolution cubaine. 7 octobre, II ème réunion nationale de l'INRA. 8 octobre, le commandant Che Guevara est nommé directeur du département industriel de l'INRA, il devient président de l'Institut national de la réforme agraire. 17 octobre, le Che s'adresse aux étudiants universitaires : Entrez en contact avec le peuple, non pour l'aider avec ses connaissances ou quoi que ce soit, comme le ferait une dame de l'aristocratie en refilant une petite pièce à des mendiants, mais pour faire partie des forces révolutionnaires qui dirigent Cuba aujourd'hui, pour vous mettre sur les épaules la mise en oeuvre pratique de la révolution et pour ainsi, en même temps, acquérir une expérience peut-être encore beaucoup plus importante que toutes les choses pourtant intéressantes que vous apprenez aux cours. 26 octobre, prend part au rassemblement contre les agressions nord-américaines à La Havane. 20 au 31 octobre, participe avec Fidel aux opérations de recherche du Commandant Camilo Cienfuegos dont l'avion s'est abîmé en mer. 23 novembre, le Che dirige la première journée de travail volontaire à Cuba. 26 novembre, il est nommé Président de la Banque Nationale. Le salaire du président de la Banque Nationale n'est que de 125 dollars par mois. Le Che est un homme dur, dur avec les autres mais aussi avec lui-même. Il refuse de se voir accorder le moindre privilège. Le président de la Banque nationale se fiche tellement de l'argent qu'il n'a jamais un sou en poche. Il ne veut pas cumuler les salaires et vit de sa seule solde de militaire. Par dérision envers l'argent, Guevara signe les billets de son surnom : Che. Une plaisanterie qui deviendra célèbre court déjà l'île.
Avec ses nominations comme président de la Banque nationale et responsable de l’économie cubaine, le Che est redevenu le second personnage de la révolution cubaine. | ||||||||||||||||||||||||||||
| ||||||||||||||||||||||||||||
|
| D'Ernestino, Teté, au Che | Du guérillero au Ministre | Du Ministre à Tatú | Ramón, Fernando | De la légende au mythe | Cuba | | ||||||||||||||||||||||||||||