Disparition du Cessna 310 de Camilo Cienfuegos

CAMILO CIENFUEGOS

                    Comandante Camilo Cienfuegos Gorriarán

|1932 - 1952 | 1953 | 1954 | 1955 | 1956 | 1957 | 1958 | 1959 | 28 octobre 1959 | Camilo | Huber Matos | Cuba | Histoire Cuba|

Camilo

Camilo Cienfuegos Gorriarán, né au début de 1932 à La Havane, a disparu des cieux au début d'une nuit d'octobre 1959. Le légendaire chef guérillero est une des seules personnes a avoir taquiné et plaisanté avec le colérique Che. Il gardera à jamais son surnom de señor de la vanguardia, seigneur de l’avant-garde, décerné par rien moins qu'Ernesto Guevara en personne.

Camilo Cienfuegos Gorriarán

La révolution cubaine, c'est trois icônes :
Le commandant en chef, l'homme qui a réussi à abattre un pan de l'impérialisme américain et y résister pendant, bientôt, 50 ans. Celui qui a réussi avec 19 hommes, pour le moins peu familiarisé avec les opérations spéciales, à prendre le contrôle d'une dépendance américaine. Qui a réussi où près de 1'500 hommes sur équipés, sur entraînés et sur motivés échoueront lamentablement quelques années plus tard. Fidel Castro, Fidel qui souffre peut-être de ses origines, il est quand même le frère du filleul de Batista, entre autre. Fidel qui souffre simplement de l'usure du quotidien face à l'adversité dans le coeur des cubains.
Le mythique Ernesto Che Guevara, le si pur, mais souvent si dur, Che. L'homme qui a donné sa vie aux plus démunis, qui a renoncé au pouvoir et au confort au nom de ses convictions. Tout au fond de l'inconscient cubain une petit ombre pourtant, ils reconnaîtront, au légendaire Che, toutes les qualités et pourtant une lui a fait cruellement défaut : la jovialité, le principal trait de caractère des habitants des Caraïbes, des Cubains en particulier.
Le troisième est un vrai cubain, un homme du peuple, issu des quartiers populaires de La Havane, disparus des plus hautes sphères du pouvoir, au sommet de sa gloire, à moins de 30 ans : Camilo Cienfuegos ! Camilo, le toujours souriant seigneur, cubain plus loin que le bout de ses ongles. Le turbulent, fêtard, séducteur, play boy, macho, bagarreur, insouciant, téméraire, indiscipliné et on en passe, Camilo Cienfuegos a tout pour plaire. Ajoutez à cela que le commandant Camilo Cienfuegos, toujours coiffé d'un chapeau de cow boy et caché derrière son sourire, une fois engagé dans une mission, savait mettre sa fantaisie au service de l'efficacité. Jamais son courage, son engagement ou sa fidélité n'ont pu faire l'objet du moindre doute. Sur le terrain, la témérité se muait en courage, l'insouciance en soin du détail, l'indiscipline en discipline et son insolence ne pouvait que le servir.
Beaucoup prétendent que Camilio, contrairement à ses deux mentors, n'étaient pas communiste. Il n'avait pas la ligne, marxiste pure et dure (une fois encore dure) d'Ernesto Guevara qu'une ombre de stalinisme n'effrayait pas outre mesure si la raison supérieure la justifiait. Il n'a pas passé du pro américanisme au communisme quand son adversaire passait du communisme au pro américanisme. Dans le coeur de Camilio aucune personne n'a jamais prise la place qu'occupait Ramòn Cienfuegos, son père. Ramòn Cienfuegos était un communiste convaincu, sa période de sympathie envers les anarchistes catalans a même contribué, très largement, aux liens qui unissaient le fils à son père. On peu s'emballer et se risquer à affirmer que Camilio était un communiste latino, un cas unique peut-être, un cas très loin du communisme soviétique sûrement. Son engagement dans les réformes agraires et auprès des ouvriers cubains, ajouté à l'engagement radical de son frère Osmani, devraient dissiper le tout dernier doute à ce sujet.
L’histoire unit pour toujours Camilo et le Che en amis intimes. Un passage au musée de la révolution, un regard posé sur la correspondance entre les deux hommes convaincra les plus septiques. Il en émerge un grand respect réciproque et de la surprise sur le ton ironique et les taquineries de Camilo. Leur amitié transparaît clairement dans nombres d'allusions intimes dont abusait largement Camilo. Aucun barbudos ne se serait permis le dixième du quart des boutades de Camilo envers le très sévère commandant Guevara. La disparition précoce du frère de lutte a très profondément affecté le Che et l'a même fait souffrir. Il ne faut pas voir Camilo comme un héros isolé qui réalisa des tâches merveilleuses sur la seule inspiration de son génie, sinon comme une partie intégrante du peuple qui l’a formé, comme il forme ses héros, ses martyrs ou ses dirigeants à travers l’immense sélection de la lutte, avec la dureté des conditions dans lesquelles cela s’est passé. Camilo, le guérillero, est en permanence l’objet d’évocations quotidiennes, c’est lui qui a fait ceci ou cela, "une chose Camilo", celui qui imprima sa marque indélébile à la Révolution cubaine, celui qui est présent dans les autres qui ne sont pas arrivés et ceux qui sont à venir. Dans son renouveau continu et immortel Camilo est l’image du peuple. Camilo fut le partenaire de cent batailles, l'homme de confiance de Fidel dans les instants difficiles de la guerre et le battant tout en abnégation qui fit toujours du sacrifice un moyen de tremper son caractère et de forger celui de la troupe.
Fidel a aussi, à de plus nombreuses reprises encore, encensé Camilo. Pour Fidel ce dernier embarqué dans l'expédition du Granma était l'égale du Che une année après, au-dessus de Raoul. Au lendemain de la victoire il devint même le chef de toutes les armées, au-dessus du Che, au-dessus de Raoul... Des hommes comme Camilo se levèrent du peuple et vécurent pour le peuple. Notre unique consolation face à la perte d'un être pareil est de savoir que le peuple de Cuba produit des hommes comme lui. Camilo vit et vivra dans le peuple.
Pourtant rien ne peut empêcher de penser que ces 2 hommes portent une responsabilité, dans une proportion qu'il ne sera jamais possible de déterminer, dans la disparition précoce de Camilo. Camilo était Camilo, guérillero complet. Il n'avait pas la culture des livres, mais il était doué de l'intelligence naturelle du peuple. Camilo fut aimé de tous, le seule commandant de la Sierra à faire une telle unanimité, jusque dans la communauté cubaine de Miami.


Ernesto Che Guevara, Fidel Castro, Camilo Cienfuegos Le commandant Camilo et le commandant en chef Fidelio Le Che et Camilo Le triomphe de la révolution, Camilo Cienfuegos au sommet de la pyramide... 11 mars 1963, Camilo, un verdadero comunista Guevara n'était pas vraiment un joyeux drille mais avec Camilo... L'amitié de Camilo et Ernesto, indefectible, même au delà de la mort Le fils de Guevara, Camilo Guevara... Toujours réunis Camilo aimé de tous Pour les 20 ans du Granma, Camilo n'y était pourtant qu'un membre de moindre importance La une de Granma, le 28 octobre 2004, 45 ans après

1932 - 1952

1932 : un violent séisme frappe la province de l'Oriente.
6 février : quartier de Jesùs des Monte, 71, 228 aujourd'hui, Pocito, La Havane naissance de Camilo, fils de Ramòn Cienfuegos. Anarchiste espagnol, activiste syndical de l'Uniòn de Operarios Sastres, Union des travailleurs de Sartoria, a déjà publié une affiche au titre incendiaire : la rivoluciòn rusa extenderà por el mundo, la révolution russe s'étendra au monde.
1936-1939 : ses parents suivent attentivement les événements de la guerre civile espagnole. Camilo accompagne souvent son père dans ses collectes de fonds en faveur des rojos, républicains.
1939 : Batista démissionne de son poste de chef des forces armées pour se présenter aux présidentielles à la tête d'une Coalition Socialiste Démocratique soutenue par le Parti Communiste.
Les Cienfuegos déménagent dans le quartier Lawton et Camilo entre à l'Ecole Publique Félix E.Alpízar, l'école Nº 105. Il se passionnera pour l'histoire de la patrie de ses parents, l'Espagne.
1945 : la vie de Camilo est celle de n'importe quel adolescent du peuple. Le jeune Cienfuegos est très populaire dans quartier et à l'école par son caractère joviale et sa générosité. A l'Ecole Secondaire nº 13, il écrit son poème A Maceo.
20 mai : anniversaire de la Constitution de la République, il est désigné à déclamer une poésie. Une de ses strophes le marquera et il la répétera à plusieurs occasions de sa vie militaire.
1950 : le pays est gouverné, depuis octobre 1948, par le président Carlos Prio Socaras du Parti Révolutionnaire Cubain. A l'Ecole Annexe de San Alejandro, Camilo étudie sculpture.
1 avril : début de son travail au magasin El Art, commerce et restauration de toiles.
1952 : peu après le putsch de Fulgencio Batista, il adopte un chien de plus. L'animal ramené au foyer familial est immédiatement baptisé Battezzandolo Fulgencio, le nom plus approprié pour un bâtard.


Quartier de Jesùs des Monte, La Havane, début du XXème siècle Camilo Cienfuegos, prémonitoire Famille Cienfuegos, Camilo au centre Fulgencio Batista, parrain de Raoul Castro, Une du Time du 26 avril 1937 Juin 48, Socaras est élu président, Ramón Grau San Martín, Genovevo Pérez Dámera, Carlos Prío Socarras, Alonso Pujol, Ramiro de la Riva, Albertico Cruz

1953

1953 : 5 avril, arrestation du professeur de philosophie Rafaël Garcia Barcena et de 70 de ses partisans qui préparaient un coup d'Etat contre Batista. Après avoir rassemblé assez d'argent et obtenu le visa B-29, valable 29 jours, Camilo Cienfuegos, écoeuré par la dictature et à la recherche d'une meilleure situation économique, et son ami Rafaël Sierra sont dans l'avion pour Miami.
7 avril : ils arrivent à New York en bus.
8 avril : José Antonio Pérez, leur contact, les conduit chez Eugenio Téllez sur la 18ème rue, entre la 8ème et 9ème avenue, où Camilo et Rafaël partageront une chambre. Les barrières linguistiques et culturelles seront les premiers obstacles dans leurs recherches de travail. Camilo, qui pouvait passer pour un Américain s'il restait silencieux, est le premier à trouver un travail : opérateur de machine à coudre dans un atelier de confection.
Mi-mai : Camilo travaille dans un restaurant de Broadway.
Fin juin : ils travaillent et habitent au fond des cuisines du yacht club d'Huntington, Long Island. Ils ont rejoint la Cuban Civic, une organisation patriotique d'exilés cubains. Ils participent aux réunions, aux manifestations contre Batista, Trujillo ou Somoza, et étudient les écrits de José Marti. Camilo écrit quelques articles pour La Voz de Cuba le journal de Cuban Civic édité par José Antonio Pérez.
26 juillet : à l'aube, 150 combattants, organisés et dirigés par Fidel Castro, attaquent les casernes Moncada et Cespédes à Santiago de Cuba et à Bayamo. 6 sont tués et 54 mourront les jours suivants. Abel Santamaria, bras droit de Fidel, est affreusement torturé avant de succomber, Remberto Abad Aleman Rodriguez, ami de Camilo Cienfuegos connaît le même sort. Une vingtaine de survivants suivent Fidel dans la Sierra Maestra. Une vague de répression s'abat sur l'île et les garanties constitutionnelles sont suspendues en Oriente. A New York, Cuban Civic prend fait et cause pour les insurgés et essaye de contrer la désinformation des événements par la presse locale.
Fin septembre : l'été est fini, Camilo et Rafaël cherchent du travail. Quelques jours plus tôt, Camilo a participé à un piquet de grève anti Trujillo, devant l'hôtel où le dictateur dominicain logeait, pour protester contre sa visite officielle aux Etats-Unis. La démonstration des patriotes dominicains, entourés d'autres Latino-américains, se termine en échauffourée avec la police et de nombreux blessés. Les autorités d'immigration intensifient la lutte contre les clandestins latino-américains. Camilo Cienfuegos et Rafaël Garcia deviennent Ramón Ruiz et Luis López.
Mi-ocotobre : toujours à la recherche de travail, après avoir donné un peu d'argent à Eugenio Téllez qui les avait traités en ami, ils partent pour Chicago. Ils trouvent un appartement dans la rue Clark, près du lac Michigan et du parc Lincoln. Le travail est rare, une agence d'emploi les place comme aides-serveurs dans un restaurant juste en dehors de la ville. Ils sont licenciés après quatre heures avec 35 cents qu'ils refusent. Camilo trouve un travail, mal payé, dans une usine.
Fin décembre : ils décident de retourner à New York.


Rafaël Garcia Barcena Camilio Cienfuegos quitte La Havane en 1953 Miami, avril 1953 New York, 18ème rue, entre la 8ème et 9ème avenue Camilo Cienfuegos travaille au yacht club d'Huntington, Long Island Ernesto Tizol, Fidel Castro et ABEL SANTAMARIA Remberto Abad Aleman Rodriguez, ami de Camilo Cienfuegos, quelques heures avant sa mort Le dictateur dominicain Trujillo, grand ami des Américains, avec Nixon Vice-président Rue de Clark, Chicago

1954

Cienfuegos et Sierra trouvent travail et logement dans un restaurant, le Parakeet, à Long Island.
20 février : les héroïnes de la Moncada, Melba Hernandez et Haydée Santamaria sont liberées de la prison de Guanajay. Camilo envoie à l'Art, à La Havane, le solde de sa dette pour des vêtements.
Suite à l'incendie, dû à l'inattention d'un des cuisiniers, ils retournent chez Téllez. Ils y sont informés du passage de deux agents de l'immigration enquêtant sur les locataires Latino-américains.
Fin juin : à nouveau sans travail, les agents de l'immigration de plus en plus proches, ils décident d'aller à San Francisco. Après une nuit à l'hôtel Pickwick, ils louent une chambre Utah street, au voisinage de la communauté latino. Camilo a trouvé un travail de serveur à l'hôtel Fairmont, dans la zone touristique. Rafaël, jusqu'à ce qu'il trouve du travail dans un restaurant, ira au Fairmont à midi, où Camilo le ravitaillera en café, pain grillé beurré et sandwichs, au frais de la maison.


Long Island, New York Melba Hernandez Haydée Santamaria San Francisco au milieu des années 50 Hôtel Pickwick, San Francisco Camilo Cienfuegos fut employé au Fairmont de San Francisco

1955

Lors d'un contrôle de l'immigration au Noche de Rondas, rue Pozo, Camilo est interpellé. En fouillant la chambre de Camilo, la police découvre le passeport Rafaël. L'agent mis de garde au coin de la rue ne tarde pas à l'arrêter. Camilo Cienfuegos est Rafaël Sierra seront vite conduit à Chula Vista, près de Tijuana, de la frontière mexicaine, où ils sont incarcérés. Criminels et illégaux sont détenus ensembles. Les dix occupants de la cellule, hispanophones, deviennent vite tous amis. La discipline est très rigoureuse et la nourriture les rend malade. Camilo est nommé responsable de sept ou huit hommes assignés au nettoyage des locaux. Après 34 jours à Chula Vista, Camilo Cienfuegos et Rafaël Sierra sont expulsés au Mexique.
5 juin : arrivée à La Havane de Camilo Cienfuegos et Rafaël Sierra depuis Mérida au Yucatan.
Août : Camilo a repris son travail à l'Art.
7 décembre : manifestations estudiantines contre Batista à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Antonio Maceo. Les policiers d'Esteban Ventura ouvrent le feu sur les étudiants. A Ciego de Avila, Raul Cervantes est mortellement touché. A La Havane de nombreux manifestants sont blessés à coups de barre de fer ou par balles. Camilo a été frappé à la jambe par un coup de feu. D'abord emmené en prison, il est, ensuite transféré à l'hôpital. Il en gardera un souvenir ému : j'ai éprouvé une des plus grandes émotions de ma vie, quand plus de cent personnes, recueillies là dans l'entrée, se sont répandues en acclamations et applaudissements, j'ai senti une telle émotion, prêt à pleurer, j'ai hurlé ; Viva Cuba ! Son père faussera l'attention de la police pour brandir la bande tachée de sang avec laquelle il venait de tamponner la blessure en criant : c'est le sang de mon fils, c'est le sang versé pour la révolution. Le père et le fils se retrouvent, plus de 15 ans dans le passé, comme quand le petit Camilo accompagnait son père dans sa lutte contre le fascisme en Espagne...


Camp de Chula Vista où Camilo Cienfuegos fût détenu 34 jours en 1955 Mérida au Yucatan Camilo Cienfuegos participe à des manifestations estudiantines Esteban Ventura, chef de la police de Batista Raul Cervantes, étudiant tombé sous les balle de la police le 7 décembre 1955 Camilo Cienfuegos à l'hôpitale, blessé par une balle

1956

28 janvier : de violents affrontements éclatent entre la police et les étudiants à travers tout le pays à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de José Marti. Camilo Cienfuegos est arrêté et tabassé par le BRAC, le bureau pour la répression des activités communistes, la police secrète du régime de Batista. La situation est tragique : des gens sont battus ou assassinés en toute impunité, la terreur et l'abus règnent sans partage. Fiché par la police, sans travail et affligé des divisions parmi les opposants, il décide de rejoindre Castro, le Mouvement du 26 Juillet, au Mexique, par les Etats-Unis.
25 mars : arrivée à Miami, où il se fait engager comme chasseur au Ritz.
mai : il lit L'histoire m'absoudra et écrit : Fidel est l'espoir de la liberté.
Début juillet : arrivée à San Francisco après 96 heures de voyage en bus.
21 juillet : Camilo Cienfuegos arrive au Mexique pour rejoindre Fidel Castro.
12 Septembre : il est reçut par Fidel et incorporé, de justesse et avec suspicion, au groupe. Le dernier membre s'initie au tir et s'entraîne durement avec les autres.
25 novembre : 01:30, le Granma quitte discrètement Tuxpan en direction de Cuba avec 82 hommes commandés par Fidel Castro, la mer est très dure. A Cuba, les dirigeants du M-26-7 sont informés du départ par un télégramme : Oeuvres demandées épuisées. Ils activent les préparatifs du soulèvement de Santiago pour la date prévue du débarquement, le 30 novembre.
2 décembre : débarquement, en pleine mangrove, à Los Cayuelos près de Niquero, Oriente. Le gouvernement, alerté, suspend les garanties constitutionnelles dans 4 des 6 provinces et lance l'armée à la recherche des partisans de Fidel Castro.
5 décembre : après trois jours de marche difficile, les expéditionnaires du Granma se reposent enfin dans une cannaie à Alegria de Pio. Ils sont surpris et dispersés par l'armée, Humberto Lamothe, Oscar Rodriguez et Israel Cabrera sont tués, Raul Suarez, José Ponce, Ernesto Guevara et Emilio Albentosa sont blessés. Les révolutionnaires sont divisés en quatre groupes principaux qui tentent chacun de leur côté de rejoindre la Sierra Maestra :
· Fidel Castro, Universo Sanchez et Faustino Pérez.
· Raul Castro, Ciro Redondo, Efigenio Ameijeiras, René Rodriguez et Armando Rodriguez.
· Juan Almeida, Che Guevara, Reynaldo Benitez et Rafael Chao.
· Ramiro Valdés et Camilo Cienfuegos.
20 décembre : Juan Almeida, Che Guevara, Camilo Cienfuegos, Reinaldo Benitez, Pancho Gonzalez et Ramiro Valdés arrivent, épuisés, les derniers, à la ferme de Cinco Palmas de Mongo Pérez. Le paysan Guillermo Garcia Frias y est chargé de récupérer les survivants du Granma. Garcia Frias Guillermo, né en 1927 dans la Sierra Maestra, est Commandant de la Révolution, il est membre fondateur de l'Armée Rebelle et du Parti Communiste. Il deviendra Membre du Comité Central à sa fondation en 1965 et du Bureau Politique jusqu'au IV Congrès de 1991, membre et vice-président du Conseil d'Etat de 1976 à 1993, il sera également vice-président du Conseil des Ministres en charge des transports et des Communications.
25 décembre : Fidel Castro et 24 combattants, 19 expéditionnaires et 5 paysans, quittent la ferme de Mongo Pérez et s'enfoncent dans la Sierra Maestra pour y organiser la guérilla. Il était difficile d'imaginer des débuts plus catastrophiques, strictement rien ne c'est bien passé. Moins du quart de la déjà petite troupe débarquée du Mexique, ni au jour ni au lieu prévu, en a réchappé dont 4 blessés.
A Holguin, le colonel Fermin Cowley lance une campagne de terreur et fait massacrer 23 militants révolutionnaires dont les responsables du M-26-7 à Nicaro et à Holguin, Rafael Orejon Forment et Pedro Diaz Coello.


Janvier 1956, Camilo Cienfuegos est arrêté et tabassé par le BRAC 1956, Camilo Cienfuegos est chasseur au Ritz de Miami quelques semaines 30 avril 1956, Matanzas, attaque ratée de rebelles cubains Mexique, Fidel entouré d'une partie de ses compagnons Mario Fuentes, l'épouse de Benitez, Reinaldo Benitez, Camilo Cienfuegos à Mexico Mario Fuentes, Reinaldo Benitez, Camilo Cienfuegos Tuxpan, le Granma à quai Los Cayuelos près de Niquero, Oriente, pas de ponton en 1956 Fidel Castro et Faustino Pérez Joie à Cinco Palmas Mongo Pérez et Ernesto Guevara Guillermo Garcia Frias quelques années après l'odyssée de fin 1956 Les rescapés d' Alegria de Pio

1957

17 janvier : combat de La Plata, première victoire de l'armée rebelle.
21 janvier : une compagnie de soldats d'élite aux ordres du lieutenant Angel Sánchez Mosquera penètre dans la Sierra Maestra à la recherche des rebelles.
22 janvier : la guérilla tend une embuscade aux hommes de Sánchez Mosquera à Llanos del Infierno. mars : Camilo Cienfuegos est nommé chef de l'avant-garde de la Colonne de Fidel.
28 mai : la Colonne de Fidel Castro attaque la caserne de l'Uvero, prise d'armes et de matériel.
17 septembre : Camilo transféré et promu capitaine, aux ordres du Che, dans la récente Colonne 4. Ernesto Guevara écrira : un jour Camilo est passé capitaine dans la Colonne que je commandais, Camilo a entamé sa nouvelle carrière avec une activité infatigable et un zèle extraordinaire. La coexistence quotidienne des deux hommes au combat et dans la vie quotidienne scellera leur amitié.
10 octobre : Camilo devient capitaine en chef en charge de l'avant-garde de la Colonne 4 de Guevara.
27 novembre : accrochage entre Cienfuegos et des hommes de Sanchez Mosquera à Altos del Cojo.
29 novembre : Mar Verde, la Colonne 4 tente d'encercler Sanchez Mosquera.


Ramiro Valdes, Camilo Cienfuegos, Ernesto Guevara et Carlos Franqui Camilo Cienfuegos, chef de l'avant-garde de la Colonne de Fidel Avis de recherche d'Ernesto Guevara et de Camilo Cienfuegos Camilo dans la Sierra Maestra Ramiro Valdes, à gauche, et Camilo Cienfuegos, à droite Camilo Cienfuegos 17 septembre 1957, Camilo transféré aux ordres du Che est promu capitaine dans la Colonne 4 Camilo, capitaine en chef de l'avant-garde de la Colonne 4

1958

16 et 17 avril : violents combats et importante victoire des rebelles à Pino del Agua. L'armement récupéré facilitera la création de deux nouveaux fronts guérilleros. Légèrement blessé le 16, Camilo Cienfuegos est promu commandant et chef militaire de la zone comprise entre Manzanillo, Bayamo et Victoria de Las Tunas.
20 avril : el Comandante Camilo Cienfuegos attaque la centrale électrique de Bayamo, Armando Estevez, son lieutenant, tombe au champ d'honneur.
24 avril : Camilo écrit à Fidel : merci de me donner l'occasion de servir plus cette digne cause. Plus facile il me sera de cesser de respirer que de cesser d'être fidèle à ta confiance.
4 mai : affrontements entre Camilo Cienfuegos et l'armée dans la Sierra Estralla.
18 mai : Camilo et ses hommes sont rappellé dans la Sierra Maestra pour soutenir la résistance à une importante offensive de l'armée régulière.
30 juillet au 6 août : Las Mercedes, violents combats entre les forces du Che et de Camilo et l'armée.
18 août : Camilo Cienfuegos reçoit la mission de conduire la Colonne 2, Antonio Maceo, jusqu'à la province de Pinar del Rio, à l'autre extrémité de l'île.
21 août : Fidel Castro donne l'ordre au Commandant Che Guevara de se rendre dans la province de Las Villas à la tête de la Colonne 8, Ciro Redondo.
22 août : les 92 hommes de la Colonne 2 Antonio Maceo, commandés par Camilo Cienfuegos, quittent Providencia et entament leur longue marche.
Septembre, octobre : traversée de la province de Camagüey. Pendant quinze jours la colonne progresse, de nuit pour éviter les embuscades, avec de l'eau ou de la boue jusqu'aux genoux, une boussole comme seul guide. Pendant les trente et un jours de la traversée de Camagüey, les hommes ne mangent que onze fois. Après quatre jours de famine une jument a même été abattue, presque que tous les animaux sont restés dans les marais.
13 septembre : la Colonne 2 tombe dans une embuscade sur le pont La Malograda.
25 septembre : El Palenque, le lieutenant Senén Meriño, illustre combattant de la Colonne de Camilo Cienfuegos, tombe.
7 octobre : traversée du Jatibonico, premières escarmouches non loin de Las Villas. Organisation du Front Nord et des travailleurs du territoire. Cienfuegos reçoit l'ordre de se maintenir en position d'appuis à la Colonne Ciro Redondo d'Ernesto Guevara.
8 octobre : Camilo et ses hommes sont en vue de Félix Torres près de Yaguajay.
9 octobre : Camilo Cienfuegos commence à organiser les contacts entre les forces du Mouvement du 26 juillet et le Parti Socialiste Populaire, afin de définir des liens avec la guérilla pour soutenir la Colonne 8 dans sa progression vers l'Escambray. Il rédige un rapport détaillé à Fidel.
10 octobre : les rebelles fêtent le 90ème anniversaire de l'appelle de Carlos Manuel de Céspedes à La Demajagua qui a marqué le début de première Guerre de l'Indépendance.
12 octobre : Camilo se plonge dans l'étude du territoire d'Yaguajay et intègre les rebelles locaux avant de faire mouvement, dans l'après-midi, vers le campement de La Caridad.
13 octobre : malgré la pluie torrentielle un message réjouissant lui parvient du Che : la Colonne 8 a passé Las Villas et continue sa progression vers l'Escambray.
15 octobre : Camilo parvient au campement de la Sierra d'Alicante. Il reçoit un responsable du M-26-7 de Las Villas, qui lui livre rapport de la situation des groupes rebelles qui opèrent dans l'Escambray. L'après-midi est marqué par les premiers accrochages avec l'ennemi dans la région de Las Villas.
16 octobre : Camilo essaye de consolider l'unité de la zone Nord afin d'étendre les opérations aux limites de la province de Matanzas. Il reçoit la confirmation de l'arrivée du Che à l'Escambray.
17 octobre : l'aviation harcelle le campement, obligeant les rebels à rester abrités. Camilo envoie un rapport à Fidel sur des derniers événements et des éclaireurs au nord.
22 octobre : première embuscade au nord de Las Villas sans grand résultat que de confirmer à l'ennemi l'avancée du front rebel.
25 octobre : en réponse à son dernier rapport, Camilo reçoit l'ordre de ne pas continuer son avance, vu la situation à Las Villas.
27 octobre : Camilo en tête, la colonne Antonio Macéo engage l'armée sur la route Caibarién-Yaguajay : sept soldats tués, cinq blessés et prise importante de matériel.
29 octobre : nouveau rapport à Fidel sur les dernières actions de la Colonne 2.
31 octobre : attaque et rédition de la caserne de Venegas. Depuis les premiers contacts du 15 octobre les rebelles ont pris à l'ennemi, plus de 50 fusils, 27 armes de poing, 20 grenades à main, plusieurs caisses de munition et un canon.
1 au 3 novembre : l'insurection s'employe à convaincre un maximum de candidats aux élections prévues de rennoncer à se présenter. Suite au succès obtenu elles sont annulées. Dès ce moment, l'armée régulière limitera ses mouvements aux principales villes.
9 novembre : Camilo et un petit groupe fait une incursion dans la sucrerie de La Caridad abandonnée depuis quelques jours par l'ennemi.
19 novembre : Las Villas, première assemblée de la Commission Ouvrière sous l'égide de la Colonne Antonio Maceo. Le rapport de Camilo à Fidel est dithyrambique sur les espoirs des ouvriers.
24 novembre : prise de la caserne de Zulueta et d'un important stock d'armes et munitions.
29 novembre : convocation de Camilo, par le Che, à El Pedrero dans l'Escambray où il se rend accompagné de quelques hommes.
30 novembre : le second anniversaire de l'appelle de Santiago trouve Camilo et le Che plongés dans les préparatifs pour faire face à l'offensive des troupes de Batista dans l'Escambray.
2 décembre : visite de Carrillo, libéré par la Colonne Mixta avant de se joindre au second anniversaire du débarquement du Granma à Juan Francisco
3 décembre : Camilo est reçu triomphalement à Jarahueca, la légende est belle et bien née.
4 décembre : réception d'armes livrées par voie maritime.
7 décembre : la Colonne Antonio Maceo quitte Las Villas, la troupe est joyeuse et confiante.
13 décembre : réunions des chefs rebelles. Instants de bonheur pour Camilo qui reçoit la visite, surprise, de son père, qu'il peut embrasser après plus de deux ans passés sans le voir.
18 décembre : la colonne de Camilo Cienfuegos s'empare du village de Meneses.
20 décembre : le dernier village, Mayajigua, sur la route de Yaguajay est investi. Camilo Cienfuegos représente les partisans au Congrès National des Travailleurs Agricoles et Sucriers.
21 décembre : dans la province de Las Villas, la Colonne 2 s'empare de Zulueta, le poste militaire de Guayos se rend au capitaine Victor Bordón Machado.
22 décembre : Camilo Cienfuegos renforce ses positions dans la banlieue d'Yaguajay.
23 décembre : les commandants Guevara et Cienfuegos sont réunis près de Yaguajay, assiégée par la Colonne 2, pour analyser le déroulement des opérations à Santa Clara.
24 décembre : dernier sursaut des troupes régulières avec une offensive dans la zone de Las Villas.
25 décembre : le Che appelle Camilo au calme afin de consolider les positions à Santa Clara et Yaguajay.
26 décembre : entrée en action de Dragón I, le premier blindé du front Nord, fruit des talents de bricolage des ouvriers et d'hommes de la Colonne 2.
30 décembre : le Che et Camilo à nouveau réunit dans les préparatifs de l'ultime effort.
31 décembre : Yaguajay tombe après dix jours d'intenses combats.


Fidel Castro et Camilo Cienfuegos interviewé par Andrew St.George Raoul, Fidel, Camilo Camilo Cienfuegos au milieu de la Colonne 2, la Colonne Antonio Maceo Colonne 2, traversée de la province de Camagüey Camagüey, trente et un jours de marche Camilo sur la route Caibarién-Yaguajay Camilo Cienfuegos à Las Villas Dernier homage de Camilo aux martyrs du Granma Un peu de repos à Juan Francisco Un momment de détente Départ de Las Villas, la troupe est joyeuse et confiante Sur la route de Yaguajay Dans les faubourgs de Yaguajay Petit coup de fatigue, les combats sont violents  Dragón I, le premier blindé du front Nord Yaguajay tombée après dix jours d'intenses combats Le cheval de Camilo Cienfuegos à Yaguajay, aujourd'hui empaillé au musée de la ville

1959

1 janvier : la Colonne 2 quitte Yaguajay vers La Havane avec l'ordre de Fidel de prendre Colombia. Fuite de Batista et sa famille vers la République dominicaine.
2 janvier : la Colonne 2 et la Colonne 8 entrent à La Havane, les commandants Camilo Cienfuegos et Che Guevara s'emparent de la caserne de Columbia et de la forteresse de La Cabaña.
5 janvier : Camilo Cienfuegos assume la charge de chef d'état major des Forces Maritimes, Aérienne et Terrestre de la province de La Havane.
7 janvier : les Etats-Unis reconnaissent le nouveau gouvernement cubain.
8 janvier : entrée de Castro à la Havanne au milieu de ses plus fidèles commandants venus à sa rencontre. En dehors de l’attaque ratée de la Moncada, Castro a en fait très peu combattu, les combats les plus violents étant menés dans le centre du pays par Che Guevara et Camilo Cienfuegos. Une fois la victoire acquise et Batista en fuite, il mettra huit jours pour parcourir les mille Km qui séparent Santiago de La Havane, multipliant interventions devant les caméras et discours fleuves.
20 janvier : le commandant Camilo Cienfuegos est nommé chef d'état major de l'armée.
28 Janvier : il rédige un document adressé au Gouverneur Las Villas, aux chefs militaires de cette province et aux représentants du Mouvement 26 juillet de ce territoire. Il leur demande de fournir les meilleures conditions à Julio Medina Marcell, pour entrer et sortir dans toutes les dépendances officielles de la province en qualité d'observateur. Il adresse une note au capitaine Reinerio Jiménez Lage, chef de l'Escadron 13 de Bayamo, dans lequel il lui communique que Raúl Casto se trouve à Santiago de Cuba. Il assiste, avec le commandant Félix Torres, à un meeting patriotique à Iguará.
9 février : Camilo Cienfuegos prononce un discours devant les soldats de la garnison de Ciudad Libertad, dans lequel il souligne : Nous devons être plus conscients de notre devoir comme véritables soldats de la Patrie. Il faut penser, comme l'a dit un compagnon, à ce que le monde attend de nous. L'Amérique complète a les yeux rivés sur notre cause. Il est dans notre rôle de rendre possible le véritable triomphe de la Révolution.
11 février : Camilo inaugure les premiers cours d'alphabétisation de l'Armée Rebelle dans la Caserne de Columbia, devenue depuis Cité scolaire Libertad.
16 février : L'ancien commandant en chef du Front révolutionnaire démocratique cubain, Fidel Castro, devient Premier ministre. Sa première mesure est d'organiser la réforme agraire.
3 mars : première photo dans la presse du nouveau Camilo, les cheveux coupés.
10 mars : en ce jour anniversaire du coup d'Etat de Batista, le commandant Camilo Cienfuegos commence la destruction des murailles de la caserne de Columbia, symbole de la dictature.
19 avril : le jour même où il visite Zulueta, Camilo reçoit une lettre d'Esther Márquez Pérez. Elle le remercie, lui et ses hommes, pour ses actions dans la région. Les habitants le déclare Fils Adoptif dans un grand rassemblement où on lui remet la clé et la médaille de la ville. Dans son discours improvisé il insiste sur les intérêts communs de Zulueta, de l'armée et du gouvernement. Il invite la population, en remerciement des honneurs qui lui ont été fait, à l'accompagner déposer une fleure à José Martí, pour, tous ensemble, jurer loyauté à la Révolution. Camilo retrouve Félix Torres, en début de soirée, ils visitent la Sociedad Liceo del pueblo de Venegas et prononcent quelque mots.
1 mai : Camilo est désigné pour prononcer le discours de la Fête du Travail à Camaguey. Cet après-midi admirable pour nous, doit être répété chaque premier mai durant les prochaines années. Chaque année doit être plus grande la quantité de travailleurs qui défilent, chaque année doit être plus grande l'union entre le peuple et l'armée, plus grande l'union entre l'Armée et les travailleurs, parce que c'est pourquoi on a combattu et c'est pourquoi sont morts tant d'hommes qui seraient aujourd'hui d'une grande utilité à la Patrie, d'une grande utilité pour la République, d'une grande utilité aux travailleurs et à nous-mêmes.
15 juillet : visite à Las Villas et Santa Clara pour un hommage à El Vaquerito. De là il continue sur Yaguajay, où se sont concentrés plus de 300 paysans qui formeront la Colonne Agricole Antonio Maceo qui assistera et fêtera la conclusion du premier acte central national, le 26 juillet.
17 juillet : Camilo interrompt son parcours avec la Colonne agricole, pour rejoindre La Havanne ; Castro a renoncé à sa charge de Premier ministre, le temps que le Président soit remplacé par un homme qui lui est plus dévoué et qui le nommera immédiatement Premier ministre.
24 juillet : stade de la Colline, les Cubans Sugar Kings, la direction nationale du Mouvement 26 juillet, le Département du Tourisme et le Mouvement patriotique organisent une partie de base ball. Les équipes des Barbudos et de la Police Militaire vont se faire face dans le but de rassembler des fonds pour la réforme agraire. Fidel est annoncé comme lanceur des Barbudos, Camilo dans l'équipe de la police militaire. Au début de la rencontre, le seigneur de l’avant-garde apparaît avec le maillot des Barbudos pour recevoir les lancers de Fidel. Je ne suis pas contre Fidel ni dans la balle.
26 juillet : à La Havane, la commémoration de l'attaque de Moncada est présidée par Fidel Castro et Camilo Cienfuegos en présence de l'ancien président mexicain Lazaro Cardenas. Devant des centaines de milliers de Cubains enthousiastes, le chef de la Révolution annonce qu'il reprend son poste de Premier ministre.
13 août : Camilo prend part, avec Fidel, à la capture l'avion des conspirateurs trujillistes à Trinidad.
15 août : le commandant Camilo Cienfuegos prend part à La Havane à l'interrogatoire des contre révolutionnaires capturés deux jours avant à Trinidad. L'organisation contre révolutionnaire Rosa Blanca, Rose Blanche, largement soutenue par Rafael Leónidas Trujillo dictateur de la République dominicaine, est définitivement démantelée.
16 août : cimetière de Colón, Camilo assiste à la commémoration de la mort d'Eduardo Raúl Chivás.
29 août : Camilo reçoit depuis San Francisco, Californie, une lettre de son vieil ami Rafael Sierra qui lui annonce, entre autres, son voyage à Cuba en décembre.
1 septembre : Le Commandant Cienfuegos préside la promotion de 47 fonctionnaires de l'Armée Rebelle et leur remet leur diplôme.
10 septembre : Camilo fonde à Juan Francisco la première Coopérative de Production Agricole de la commune d'Yaguajay.
21 octobre : Camilo Cienfuegos doit reprendre en main la région militaire de Camagüey et arrêter Huber Matos et 15 de ses officiers. La mission ne déchaîne pour le moins pas son enthousiasme selon Huber Matos lui-même peu enclin à encenser les plus hauts chefs de l'armée rebelle.
26 octobre : des dizaines de milliers de Cubains défilent devant le Palais présidentiel pour soutenir la Révolution et dénoncer les traîtres et les attaques terroristes. Allocutions du secrétaire de la Confédération des Travailleurs cubains, CTC, David Salvador, du Président de la République, Osvaldo Dorticos, du Président de la Fédération des Etudiants, FEU, Rolando Cubelas, du chef de la Force Aérienne, Juan Almeida, du commandant Che Guevara, du ministre des FAR, Raúl Castro, du Premier ministre Fidel Castro qui met en garde les Etats-Unis contre une invasion de l'île et annonce la création des Milices Nationales Révolutionnaires, pivot central de la Défense Populaire, et du chef d'état major des FAR, Camilo Cienfuegos, qui donne l'impression d'être préoccupé à l'occasion de son dernier discours.
28 octobre : 18:01 le Chef de l'Etat Major de l'Armée Rebelle décolle de l'aéroport de Camagüey.
30 octobre : une note de presse informe le peuple cubain de la disparition physique du commandant Camilo Cienfuegos et du début de recherches infructueuses.
11 novembre : intervention télévisée de Fidel Castro qui confirme la disparition de Camilo.


La victoire Camilo dans le palais de Batista, le parrain de Raoul Castro Fidel Castro, Ernesto Guevara et Camilo Cienfuegos entrent dans La Havanne La mère de Camilo Cienfuegos avec Fidel Castro Camilo Cienfuegos, fidel castro avec des colombes Les Cienfuegos Stade de la Colline Castro et Cienfuegos font du base ball Fidel et le seigneur de l’avant-garde sous le maillot des Barbudos Camilo et le Che Une des rares images du Che qui a l'air de s'amuser, la majorité de ces images sont en compagnie de Camilo Robert A.paneque, Camilo Cienfuegos, Rolando Avello Vidal La mère, la soeur et le frère de Camilo Cienfuegos Camilo Cienfuegos, photo très people pour une star cubaine

28 octobre 1959

Le Cessna 310 de Camilo Cienfuegos disparaît mystérieusement pendant un vol de nuit entre Camagüey et La Havane. Pour des raisons de sécurité personne n'aurait été informé de ce vol et aucun plan de vol déposé.
La majorité des historiens tendent à convenir que la mort de Camilo Cienfuegos n'est due qu'à la tragique fatalité. A ceux qui soulignent les contradictions de l'histoire officielle, pour étayer diverses théories de complot, ils soulignent surtout une phrase du dernier discours de Camilo afin de démontrer son parfait accord avec le gouvernement : Même si elle retourne le ciel sur nos têtes, la réforme agraire est allumée.
Un homme de moins de 30 ans, adulé de tous, meurt. Ni son corps, ni celui de son pilote, le capitaine Fariñas, et pas la moindre trace de l'appareil n'ont jamais été retrouvés. La légende, déjà en marche, n'en demandait pas tant. Les hypothèses les plus folles ont vite été échafaudées : Il y en a qui attribue à la CIA l'organisation d'un attentat sur le bimoteur. Des contre révolutionnaires auraient abattu l'icône la plus intouchable de la Révolution. Camilo ne se sentant plus en sécurité, au vu du sort de quelques-uns de ces amis ou même seulement désireux de renouer avec l'insouciance, aurait disparu aux Etats-Unis, cheveux court et rasé de près.
L'hypothèse numéro 1, sorti de la version officielle, reste très largement l'élimination politique. Elle est, bien entendu, largement soutenue par les exilés cubains de Miami. Beaucoup de témoignages viennent la corroborer mais ils sont justes parfois difficiles à recouper.
Dès la première année, Fidel fait tout pour éliminer ses alliés historiques de la lutte anti Batista. Il veut aussi imposer son frère, Raul Castro, comme chef des armées. Le problème majeur est que Raul n’est pas du tout charismatique, son principal rival est Camilo Cienfuegos. Camilo Cienfuegos jouissait d'une popularité égale voir supérieur à Fidel lui-même. Lors d'apparitions communes Camilo était bien plus chaleureusement acclamé. Pendant les deux jours qui ont suivi sa disparition, le moindre bruit de sa présence dans une ville ou une autre suffisait à y remplir massivement les rues. Un autre commandant très populaire, Hubert Matos, sera le plus chanceux avec 20 ans de prison. L'élimination d'Ernesto Guevara sera plus complexe mais finira par aboutir au fond d'un ravin de l'Altiplano bolivien.
On peu s'étonner, en premier lieu, que Fidel Castro envoie Camilo Cienfuegos, seul avec son pilote qui plus est, mater une rébellion militaire. Un Cienfuegos qui, à peine arrivé, se rend compte du calme ambiant et téléphone, devant témoins, à Castro qui lui confirme ses ordres d'arrestation de Matos et ses officiers qui ne feront pas la moindre difficulté et s'envoleront pour La Havane persuadé que le malentendu sera très vite dissipé. Le 28 octobre, après un aller retour à la Havane le 26, le chef de l'Etat Major de l'Armée Rebelle, convaincu que tout est calme, décolle de l'aéroport de Camagüey à 18:01. Son atterrissage est prévu au environ de 20:30 à La Havane. Le lendemain, seulement, à 17:29, Fidel Castro annonce la disparition de Camilo. La conclusion du rapport officielle sera que le Cessna s'est abîmé en mer à cause du mauvais temps. Les archives du bureau de la météo de Miami de même que les rapports météorologiques de Cuba sont catégoriques et concordants pour le 28 octobre 1959, début de soirée : légère nébulosité, vents modérés. La route directe Camagüey-La Havane ne passe pas au-dessus de la mer, une route encore raisonnable passerait au sud de l'île. Strictement aucune trace de l'avion n'a été retrouvée. C'est parfaitement possible s'il est tombé dans le Gulf Stream. Là on est bien au nord d'une route d'environ 2:30 entre les 2 villes. Les 2 occupants de ce petit avion de tourisme étaient-ils vraiment enclin à faire du tourisme entre Cuba et la Floride ?
Juan Orta, un ex-secrétaire de Castro, est pleinement convaincu que l'avion de Camilo a été abattu sur ordre de Fidel. Il aurait été témoin d'un conseil Guevara, Raúl et Fidel Castro qui aurait longuement évoqué l'opposition de Cienfuegos à des changements structurels dans l'armée rebelle. Conseil que Fidel conclu par : Le plan sera mené à bien, coûte que coûte, cent Camilos ne pourront s'y opposer. Selon Orta, Castro a chargé le capitaine Jorge Enrique Mendoza de lui rendre compte précisément de chaque détail sur la position et les faits et gestes de Cienfuegos dans le cas Huber Matos. La disparition de Camilo et l'emprisonnement d'Huber ont marqué le début de l'ascension fulgurante de Jorge Enrique Mendoza. Le pilote du Seafury, pilote personnel de Castro, qui a décollé de La Havane quelques minutes après 18:00, sur ordre de Fidel, avec la mission de rechercher et abattre un avion de tourisme pirate, a été arrêté dés son atterrissage. Ce capitaine de l'armée rebelle, Manuel Beatón, s'est évadé avant d'être repris dans la Sierra Maestra. Rapidement accusé de fomenter un soulèvement il est très vite jugé et exécuté avec son frère. Selon Orta, un membre du tribunal, le lieutenant Agustín Onidio Rumbaut, préparait un rapport sur les révélations de Manuel Beatón. Il aurait admis que Fidel Castro, Raúl Castro, Ernesto Guevara, Félix Torres et Jorge Enrique Mendoza étaient les responsables directs de la disparition de Camilo Cienfuegos. Le lieutenant Rumbaut était victime, quelques jours plus tard, d'un accident de chasse. Le mécanicien qui a rapporté que la mitrailleuse du Cessna était déchargée au décollage de l'appareil, est mort le jour même de cette révélation, renversé par une voiture. Un pêcheur qui disait avoir assisté à l'attaque d'un Cessna par un Seafury a été immédiatement conduit à La Havane pour y être précisément interrogé, il a disparu.
Juan Vives, El magnifico, 20 ans au service secret de Castro est tout aussi convaincu que l'histoire tragique de Camilo Cienfuegos fait partie de la purge de Fidel Castro au lendemain de sa prise du pouvoir. Il met en avant les suicides et accidents qui frappent les témoins directs de cette fatalité pour ne laisser que peu de doutes de l'élimination de Cienfuegos. Il souligne que comme beaucoup d’autres, Camilo Cienfuegos faisait partie de ces authentiques révolutionnaires qui voulaient en finir avec la dictature de Batista, mais pas pour la remplacer par une autre dictature. Selon lui, comme Hubert Matos, Cienfuegos ne supportait pas la dérive communiste et totalitaire qui engloutissait petit à petit la révolution cubaine avec la main mise des frères Castro et des communistes sur tous les leviers du pouvoir.
Ajoutons aux témoignages de ces deux exilés cubains, pas des moindres, celui d'Huber Matos et quelques autres détails. Le Capitaine Cristino Naranjo, collaborateur et ami personnel de Camilo Cienfuegos, qui enquêtait sur la disparition, est mort le 13 novembre 1959. Il est abattu par un garde alors qu'il entrait dans la caserne de Colombia à La Havane. La première version officielle du gouvernement conclu qu'il s'agissait d'un problème personnel avec une des gardes. La deuxième prétend que Cristino Naranjo a refusé de s'identifier clairement. La Colonne 8 a été complètement démantelée dans les jours qui ont suivit. Roberto Cardenas, capitaine dans l'Armée de l'Air cubaine, est catégorique, Cienfuegos a été abattu parce qu'il refusait l'incarcération d'Huber Matos. Le contrôleur aérien de l'aéroport de Camagüey se serait suicidé d'une balle dans la tête, par pendaison, selon les sources.


Camilo Le moindre bruit de sur une éventuelle présence de Camilo dans une ville suffisait à remplir massivement les rues Un Cessna 310-05 Huber Matos et 15 de ses officiers sont envoyés à La Havane sur ordre de Fidel Hawker Sea Fury FB.11 cubain

Huber Matos

Huber Matos, instituteur, cultivateur de riz, de Manzanillo dans l'Oriente, est un modeste commerçant de la petite bourgeoisie cubaine. Le Coup d'Etat de Batista, du 10 mars 1952, laisse la majorité des Cubains dans l'indifférence. Matos le considère comme inconstitutionnel et y voit une insulte qui exige une réponse. Le lendemain il est dans la rue avec quelques étudiants et ouvriers qui s'investissent dans de vaines tentatives d'empêcher Batista de consolider son pouvoir. Il devient membre du Partido Ortodoxo, comme Fidel Castro, qui s'oppose au gouvernement de Batista.
Peu après l'attaque de Moncada, Celia Sánchez s'a approche d'Huber Matos afin de le convaincre de se joindre au mouvement de Fidel Castro, en prison. Matos est hésitant : Fidel avait mené un assaut audacieux mais s'était enfui facilement, lui n'était pas entré dans la caserne. Nombre de ses anciens élèves sont de chauds partisans de Fidel, ajouté la pression de Celia, il rejoint le mouvement.
Au débarquement du Granma il est membre du M-26-7. Il va collaborer très efficacement avec les rebelles de la Sierra. Matériel, médicaments et hommes sont régulièrement envoyés dans les montagnes. En avril 1957, Matos est découvert et immédiatement arrêté. Il parvient à s'évader, miraculeusement, et rejoint le Costa Rica avec le projet d'approvisionner l'insurrection en armes.
Après dix mois au Costa Rica, Matos débarque dans la Sierra Maestra le 31 mars 1958. Il transporte cinq tonnes d'armes et de munitions obtenues avec l'aide du Président José Figueres. Fidel sautait de joie comme un enfant qui se réveille le jour de Noël. Il est convaincu qu'avec ce matériel la partie est jouée. La nuit est passée à gaspiller un grand nombre de munition dans une folle fiesta.
Le 8 août 1958, Huber Matos est fait commandant. Castro déclare : une fois cette guerre finie, les commandants militaires ne pouront pas occuper des positions politiques. Nous devrons rester les gardiens moraux de la révolution. Notre devoir sera de s'assurer que les promesses faites au peuple seront tenues. L'objectif est de rétablir la démocratie, c'est la conviction et la motivation de tous ceux qui rejoignent l'armée rebelle. A l'approche de la victoire de nouvelles idées commencent à voir le jour. Des idées de réformes économiques, sociales, agraires et urbaines, voient le jour. D'après Matos, le fougueux Fidel est en ébullition et commence à manifester des tendances despotiques. Huber Matos se pose des questions sur l'avenir : lui-même, les capitaines, les autres commandants, tous admirent Fidel, jusqu'où irons-nous ? Suis-je le seul à douter ?
En janvier 1959, el Comandante Huber Matos entre dans La Havane en héros à côté de Fidel Castro. Le 11, il est nommé gouverneur militaire de la province de Camagüey. Le gouvernement est constitué d'hommes qui n'ont pas fait partie de l'armée rebelle. Fidel reste à la tête des forces armées et la vraie puissance de Castro réside dans une nouvelle structure : l'institut national de la réforme agraire, un bras puissant de l'armée rebelle.
Le 16 février, Castro devient Premier ministre et viole ainsi son propre engagement qu'aucun des commandants n'assumerait de responsabilités politiques.
En mars et début avril, Huber Matos s'inquiète de trouver plusieurs articles de propagande marxiste dans Verde Olivo, le magasine distribué aux forces armées. Guevara est proche du parti communiste cubain et Raúl Castro assiste à des réunions, engage des communistes dans son proche entourage. Matos a des doutes sur la neutralité politique de l'armée, une des principales garanties de la démocratie, il s'en ouvre à Fidel, plusieurs fois, qui lui assure : Non, non, non, je ne trahirai pas mon engagement à l'histoire cubaine. En juillet, le Président Urrutia est remplacé, sous prétexte de manoeuvres de trahison, par Osvaldo Dorticós, un obscur avocat aveuglément fidèle à Fidel. Matos envoie une lettre de démission à Castro, exprimant ses doutes sur le cours de la révolution. A La Havane le 26 juillet, le jour anniversaire de Moncada, plus d'un million de personnes font un triomphe à la proclamation de la loi de réforme agraire. Matos est reçu affectueusement par Castro au Hilton : votre démission n'est pas acceptable en ce moment. Nous avons trop de travail. J'admets que Raúl et Che flirtent avec le marxisme mais vous avez la situation sous contrôle. Oubliez votre démission. Si vraiment vous croyez que la situation ne change pas, vous avez le droit de démissionner. La nomination de Raul Castro comme ministre des forces armées est la goutte d'eau pour Matos. En septembre 1959, il a prit sa décision. Le gouvernement modéré et démocratique qu'il avait espéré et soutenu pour le futur de Cuba semble de moins en moins s'esquisser. Il écrit à Fidel : L'influence des communistes dans le gouvernement a continué à se développer. Je me dois de renoncer à ma charge aussitôt que possible. Je dois alerter les Cubains de ce qui se produit. Le 19 octobre, sans réponse de Castro, Matos envoie une deuxième lettre de démission : Je ne veux pas devenir un obstacle à la révolution, et crois que l'option honorable et révolutionnaire est de démissionner. Il ne veut pas provoquer un conflit, il veut juste se séparer du pouvoir. A aucun moment de son engagement dans la révolution, Matos n'a caché son opposition aux communistes. Il croit évident qu'il sera admissible qu'il ne puisse pas trahir ses propres convictions. Sa lettre de démission n'est pas une déclaration de sédition mais la lettre à un ami de longue date : Fidel, vous détruisez votre propre travail. Vous enterrez la révolution. Fidel, nous avons combattu pour autre chose. Nous avons combattu au nom de la vérité, pour tous les principes sains qui lient la civilisation et l'humanité ensemble. S'il vous plaît, aux noms de nos camarades tombés, nos mères, de tous, Fidel, n'enterrez pas la révolution. La réponse de Castro est tout d'indignation et de colère : Je n'ai aucune obligation de vous rendre compte de mes actions, vous n'avez aucun droit de me juger ou préjuger. Quand j'ai lu votre lettre, je me suis rendu compte que vous étiez incapable d'apprécier la tolérance et la générosité avec lesquelles je vous ai traité. Si quelqu'un a été déloyal, c'est vous. Mon défaut n'a pas été la déloyauté ou l'injustice, mais la tolérance. Vous agissez comme si vous pensiez que nous intervenons dans le processus de Cuba, il n'est possible d'avancer que par le mérite et le sacrifice. Et d'accuser Matos d'immoralité et d'ambition. Pourtant Castro déclare devant son conseil que Matos est un homme difficile mais un révolutionnaire honnête.
Le commandant Camilo Cienfuegos, un des chefs les plus populaires à Cuba, est immédiatement envoyé arrêter Matos et prendre le contrôle des troupes de la province. Cienfuegos arrive à Camagüey au matin du 21 octobre. Matos l'attend à la maison, son épouse a préparé le café pour les deux. Bien qu'empêché de faire un discours télévisé, il n'a jamais eu l'intention de se rebeller. Ni lui ni son état major ne font la moindre difficulté à leur arrestation. Trois décennies plus tard Matos parlent toujours chaleureusement de Cienfuegos : Il était un homme facile et symphatique, un excellent camarade, sans doctrine ferme. Selon Matos, Cienfuegos ne semble guerre emballé à cette arrestation. Il s'excuse du dérangement, ils parlent deux heures avant que Camilo n'évoque l'ordre du Premier Ministre. Au milieu de l'après-midi, un avion de l'Armée de l'Air prend en charge Matos et quinze de ses officiers. Ils sont incarcérés à La Cabaña de La Havane. Ce même jour, le chef de l'Armée de l'Air de Castro, Pedro Díaz Lanz, s'envole pour Miami en larguant des tracts invitant Castro à éliminer les communistes du régime. Matos, en tant que principal coupable, est mis au cachot ; moins d'un mètre de large sur trois, sans la moindre lumière. Quelques jours plus tard, son épouse peut lui rendre visite et le trouve pratiquement nu et sans nourriture.
Le 26 octobre, lors d'un meeting à l'appui de la révolution et contre les traîtres, Fidel fait voter, à main levée, l'avenir de Díaz Lanz, qui n'en a rien à faire à Miami, et d'Huber Matos. La réponse est unanime, Paredón, au mur. Sur ce, Castro convoque une réunion du gouvernement pour discuter du destin de Matos. Raúl Castro et Ernesto Guevara votent l'exécution. Les trois ministres contre cette option sont immédiatement remplacés par les hommes fidèles à Castro. Les rênes du pouvoir sont fermement en mains de Castro. Il n'est pourtant pas à une contradiction près et décide de ne pas exécuter Matos : Je ne veux pas le transformer en martyr.
Le procès d'Huber Matos et ses officiers s'ouvre le 11 décembre, devant 1'500 personnes, une majorité de soldats, il durera 5 jours. Il se tient dans le théâtre de la caserne Colombia. Raul Castro a déclaré qu'Huber Matos mourrait sur ses genoux, dès le début, l'issue du procès semble évidente. Le verdict était bel est bien dicté d'avance, dans les discours de Castro, dans les éditoriaux des journaux et les commentaires des radios et de la télévision. Peu de Cubains doutent de la culpabilité du commandant dans la frénésie nationaliste orchestrée par Castro. Devant une cours militaire sous le code pénal décrété en Sierra Maestra, Matos fait face à l'accusation de sédition, et de collaboration, le commandant est accusé de complot, d'avoir projeté une révolte et de tentative de détruire le moral des forces armées. Les juges et le procureur sont tous étroitement liés au pouvoir militaire. Major Sergio del Valle, un docteur en médecine, est le Président. Les autres juges sont deux paysans et du commandant militaire du Rio del Pinar. Seul le procureur, le chef provincial de la zone de Las Villas, possède une vague formation légale. Les témoins de l'accusation ont été soigneusement choisis et leur contre interrogatoire sévèrement limité. Pas de témoin pour la défense en début de procès. Les rares acceptés, dans un deuxième temps, ne seront autorisés qu'à témoigner sur le caractère et pas les faits de l'affaire. Le premier jour Huber Matos parle plus de trois heures, insistant pour son innocence. Son témoignage est calme, posé et logique. Les observateurs étrangers sont convaincus de son innocence. Il insiste sur ces nombreuses tentatives de dialoguer avec Fidel, il explique que ses intentions n'étaient pas de provoquer une crise et que c'est bel est bien Castro qui a rendu ces échanges publics. Il démontre que sont seul souhait était de démissionner à temps afin de participer au concours de l'enseignement secondaire. Son avocat présente des documents du ministère de l'éducation à l'appui de cette intention. Sa démission avait été acceptée, cela aurait fini la matière. Matos a maintenu que ses seules divergences avec le Premier ministre n'étaient qu'idéologiques et non personnelles, qu'il a toujours respecté les communistes même s'il ne les voyait pas au gouvernement. Je ne me considère ni traître, ni déserteur, ma conscience est claire. Si la cour me juge coupable, j'accepterai sa décision. Je la considérerais comme un service de plus à la révolution. A ces mots un bon nombre de soldats se sont levés spontanément et ont applaudi. Ils sont jetés dehors et seront exclus des forces armées révolutionnaires comme dégénérés et traîtres. Matos ne reçoit copie de l'énorme dossier de l'accusation qu'en fin de cette première journée. Quatre jours plus tard, il est condamné à 20 ans en prison.
Il passera 16 de ces 20 ans au secret, convaincu qu'il a été condamné à mourir en prison. Lors d'une de ses grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détentions un gardien a piétiné son estomac. Il sera torturé jusqu'à la perforation de ses parties génitales.
Huber Matos est libéré très exactement le 21 octobre 1979, il rejoint enfin son épouse et ses enfants, exilés à Miami depuis 1963.

Le guerilléro Huber matos Huber matos et l'archevêque de Santiago de Cuba, Enrique Pérez Serantes La Havane, Camilo Cienfuegos, Fidel Castro, Huber Matos Comment est arrivée la nuit, les mémoires d'Huber Matos Arrestation très calme d'Huber matos Matos prisonnier Huber Matos vit à Miami et est un des leader du groupe Cuba Indépendant et Démocratique Matos, soutient l'embargo

  Comandante Ernesto Che Guevara de La Serna
 

Che Guevara
Comandante

Comandante Ernesto Che Guevara de La Serna, du 14 juin 1928, à Rosario en Argentine, au 9 octobre 1967, à La Higuera en Bolivie.


  José Martí
 

José Martí
Héros cubain

Major Général José Marti y Pérez, écrivain, poète, journaliste et diplomate, héros national et apôtre des luttes indépendantistes. Né le 28 janvier 1853 à La Havane, mort au combat à Dos Rios le 19 mai 1895.


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Camilo Cienfuegos


History of Cuba - Who was Camilo Cienfuegos ?
A brief biography of Camilo Cienfuegos, a Cuban revolutionary who died in 1959.


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