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CUBAPolitique, situation économique | |||||||||||||||||||
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PolitiqueLe pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée Nationale monocamérale du Pouvoir du Peuple, Asamblea Nacional del Poder Popular. 601 membres sont élus pour cinq ans au suffrage universel. A Cuba la majorité civique est atteinte à 16 ans. Il tient deux sessions annuelles et élit le Conseil d’Etat constitué d'un président, six vice-présidents et un secrétaire. Cuba est divisée en 14 provinces, auxquelles s'ajoute la municipalité de l'île de la Jeunesse : Camaguey, Ciego de Avila, Cienfuegos, Ciudad de La Habana, Granma, Guantanamo, Holguin, La Habana, Las Tunas, Matanzas, Pinar del Rio, Sancti Spiritus, Santiago de Cuba, Villa Clara et Isla de la Juventud. Les 14 provinces de Cuba se divisent en 169 municipalités, chacune possédant une assemblée qui nomme les comités exécutifs, dont les membres forment les cinq assemblées régionales de chaque province. Au-dessus se trouve l’assemblée provinciale, également dirigée par un comité exécutif. Le comité contrôle les fonctions administratives quotidiennes de son assemblée à tous les niveaux. L’administration de l’île de la Jeunesse est directement contrôlée par le gouvernement central. Le Parti communiste cubain est le seul parti reconnu et autorisé à Cuba. Il n'a officiellement pas le droit de se présenter aux élections ni de prendre parti dans le cadre de celles-ci. Le système des élections à Cuba est totalement différent de celui des démocraties occidentales. Il ne s'agit pas de réunir des votes pour des partis qui nomment leurs candidats, mais de voter directement pour des candidats sans l'intermédiaire d'aucun parti. Les candidats sont nommés dans une première phase dans leurs entreprises ou leurs quartiers. Dans une deuxième phase, ces candidatures sont acceptées ou non par un vote à la majorité. Le système légal est basé sur les lois espagnoles et américaines, avec d'importants éléments de théorie légale communiste. Cuba refuse la juridiction de la Cour Internationale de Justice. Le pouvoir judiciaire est exercé, par la Cour suprême populaire, les cours de justice et les cours municipales. Le Président, le Vice-Président et les juges de la Cour Suprême du Peuple, Tribunal Supremo Popular, sont élus par l'Assemblée nationale. Des tribunaux révolutionnaires sont convoqués pour juger les crimes contre l’Etat. Amnesty International a recensé 22 prisons d’Etat et 54 camps de détention et de travail. Depuis le 8 janvier 1959, Fidel Castro n’a cessé de détenir la réalité du pouvoir. Il est Chef de l’Etat, Président du Conseil d’Etat, renouvelé le 6 mars 2003 pour 5 ans, Président du Conseil des Ministres et Premier secrétaire du Parti communiste. Le pouvoir repose sur deux piliers : le Parti communiste Cubain, PCC, et les Forces Armées Révolutionnaires, FAR, contrôlées par Raúl Castro, frère de Fidel. Le régime est actuellement sur la défensive et exploite la pression américaine pour nourrir le nationalisme de la population et la psychose de l’intervention extérieure. A Cuba n’existe que la presse officielle. L’accès à Internet est très strictement limité. L’exercice des droits et libertés doit être conforme aux objectifs de la révolution et le régime préfère insister sur le respect des droits sociaux. Les journalistes peuvent être accusés de propagande ennemie, les dissidents sont qualifiés de mercenaires des Etats-Unis. Le pouvoir parvient à puiser un certain soutien de la part de la population en entretenant, non sans succès, le syndrome d’une révolution assiégée par l’ennemi extérieur. Selon les dissidents, les emplois permettant de vivre correctement, principalement le tourisme, sont réservés aux membres du parti de Fidel Castro. Les émigrés aux Etats-Unis exercent un lobbying très important sur la classe politique américaine. Le poids du vote de l’exil cubain en Floride reste un élément incontournable de la politique américaine à l’égard de l’île. Aux premières générations, partisanes d’un interventionnisme américain et soucieuses de reprendre possession des biens abandonnés sur l’île, ont succédé de nouveaux acteurs, plus modérés et désireux que le sort de Cuba soit décidé par les Cubains, y compris les dissidents restés sur place. La dissidence locale, très divisée sur l’attitude à l’égard du régime, recherche les moyens nécessaires à une transition non violente. Des programmes de transition ont été présentés par des opposants : le programme d’Oswaldo Paya, décembre 2003, ou Todos unidos de Vladimiro Roca présenté février 2004. Tout débat sur ce thème reste rigoureusement proscrit par les autorités. La dissidence a réussi en 2003 à recueillir plus de 10'000 signatures sur un projet de référendum sur les libertés. Ce projet Varela a été ignoré par le pouvoir en place, qui répond en proclamant dans la constitution le caractère intangible de la nature communiste du régime politique cubain. Elle est également parvenue à organiser, le 20 mai 2005, une réunion publique, convoquée par Marta Beatriz Roque, qui a rassemblé une partie des mouvements d’opposition. Des élus et journalistes, notamment européens, venus assister à cette réunion, ont été expulsés par les autorités. La visite du Pape, en janvier 1998, avait entraîné un relatif assouplissement du régime, libération d’une centaine de prisonniers politiques, tolérance de certains mouvements dissidents et fin de l’isolement international de Cuba. La répression est relancée au printemps 2003 par l'emprisonnement de 75 dissidents, à l’activité jusque là tolérée, et au rétablissement de la peine de mort. Elle avait connu un moratoire de fait de près de trois ans avant que les trois auteurs d’un détournement de bateau dans la baie de La Havane ne soient sommairement jugés puis exécutés le 11 avril 2003. Le poète Raul Rivero, actuel président de la Société interaméricaine de presse, SIP, a été arrêté lors de la vague de répression de mars 2003. Accusé de trahison de la patrie et de collaboration avec une puissance étrangère au cours d'un procès sommaire, il a été condamné à 20 ans de prison. Il sera libéré le 30 novembre 2004 à la suite de pressions douces de José Luis Rodríguez Zapatero, Premier ministre espagnol. Des libérations, souvent conditionnelles, de dissidents ont eu lieu depuis la fin avril 2004. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, il y entre 300 et 400 prisonniers politiques à Cuba. Les conditions d’emprisonnement des prisonniers politiques sont très rudes et souvent aggravées par l’isolement, les restrictions du droit de visite, le maintien en détention de personnes en très mauvaise santé. La Croix Rouge internationale n’a pas accès aux détenus. De nombreuses associations de défense de Droits de l'Homme dénoncent la répression exercée par le régime de Castro. Le régime a aussi adopté une politique extrêmement sévère contre les homosexuels. A partir de 1961, un grand nombre d'homosexuels a été condamné à des peines de rééducation par le travail dans des centres de détention. Vers la fin des années 90, la volonté de stimuler le tourisme qui est une importante source de devises a amené le régime à quelques concessions. Il reste néanmoins impossible pour des couples homosexuels d'obtenir un logement et l'homosexualité est considérée comme incompatible avec des fonctions dirigeantes du Parti, de l'Etat et de l'armée. La situation au niveau de l'éducation et de la couverture médicale est remarquable pour cette zone géographique et ne permet pas de présenter Fidel Castro comme un despote indifférent au sort de son peuple. A la fin de la guerre froide, Cuba est passé au réalisme. Priorité est donnée à l’intégration dans la Caraïbe et au rapprochement avec ses voisins latino-américains. Cuba cherche, actuellement, à faire obstacle aux condamnations de la communauté internationale, le CDH notamment. Le régime essaye de mettre en accusation les Etats-Unis sur la question iraquienne et les prisonniers de Guantanamo. Malgré un assouplissement du blocus économique sur les produits agricoles et les médicaments, qui leur a permis de devenir en 2003 le premier fournisseur de produits agroalimentaires de Cuba, les Etats-Unis refusent toute normalisation de leurs relations avec ce pays. L’administration du Président Bush privilégie une politique de durcissement de l’embargo, visant à favoriser la chute du régime. Cuba cherche à atténuer la pression de l’Europe en la divisant. La Position commune de l’UE, décembre 1996, soumet l’approfondissement du dialogue et de la coopération à des progrès concernant les droits de l’homme et les principes démocratiques. L’UE a condamné la répression du printemps 2003 en décidant, le 5 juin 2003, de restreindre ses contacts politiques avec les autorités cubaines et d’inviter les dissidents aux fêtes nationales. En réaction, Cuba a annulé les programmes de coopération avec les Etats de l’UE et appliqué un gel protocolaire à leurs Ambassades. Le Comité Amérique latine, COLAT, réuni à Bruxelles le 14 décembre 2004 a proposé une série de mesures destinées à conduire le régime cubain à de premiers gestes de détente. Cuba a réagi à cette annonce en rétablissant ses relations avec l’ensemble des représentations de l’UE. Le 31 janvier 2005, le Conseil Affaires Générales Relations Extérieures de l’UE a suspendu les mesures de juin 2003. Parallèlement, les Ministres ont décidé de développer un dialogue plus intense et plus régulier avec l’opposition politique et des secteurs plus larges de la société civile. L’UE crée les conditions de l’établissement d’un dialogue critique avec les autorités cubaines. Les décisions adoptées par le CAG le 31 janvier ont été renouvelées le 13 juin 2005. L’UE s’est réjoui de la réunion du 20 mai 2005, mais a souligné le caractère inacceptable de l’expulsion d’élus et journalistes européens venus assister à cette réunion. Les relations UE-Cuba sont également marquées par le vote de la résolution présentée annuellement sur Cuba devant la Commission des droits de l’homme des Nations Unies. En 2005, les 25 Etats membres ont décidé, de co-parrainer cette résolution. On constate depuis lors un nouveau refroidissement des relations. Cuba continue de jouer un rôle de premier plan dans les coalitions internationales de pays en développement, comme le Mouvement des pays non-alignés. Cuba envoie des médecins et de l'aide humanitaire en Afrique et dans d'autres pays d'Amérique latine. Par ailleurs, Cuba est membre fondateur de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, GATT, et de l'Organisation mondiale du commerce, OMC. Le pays n'est pas membre du Fonds monétaire international, ni d'aucune institution financière internationale. Membre de l'Organisation des Etats américains, OEA, elle ne peut voter ou prendre part à ses activités depuis 1962. EconomieLes richesses naturelles sont constituées de : cobalt, nickel, minerai de fer, chrome, cuivre, sel, bois de construction, silice, pétrole et la qualité des terres cultivables. Dans cette économie, contrôlée par l'état à 78%, l'agriculture assure 6,6% du PIB en employant près du quart des 4,5 millions de travailleurs. Le tiers des cultures établies sur 41% des terres cubaines, 870 km² seulement irriguées, est la canne à sucre. Le sucre, produit du travail d'hommes hors pair, les macheteros, colle à Cuba, à son histoire et son économie. Depuis le milieu du XIXe siècle, le sucre a toujours été la culture la plus lucrative du pays et un facteur déterminant dans sa prospérité. L’industrie sucrière, qui a connu une mécanisation massive dans les années 1970, continue d’assurer l’essentiel des recettes en devises étrangères. Cuba reste le 6e producteur et premier exportateur mondial de sucre, même si le Cubain en est un très gros consommateur, quatrième mondial, avec 55 kg par an. En repli depuis plusieurs années et en restructuration, fermeture d’une coopérative sucrière sur deux depuis 2002, La production 2005 pourrait, avec environ 1,7 millions de tonnes, retomber son plus bas niveau depuis 1910-1912. La sécheresse 2005 a fortement affecté la production agricole en général. Le tabac est le troisième produit d’exportation cubain derrière le nickel. Presque toute la production de tabac, majoritairement cultivé à l'ouest et au centre-ouest, vient de petites fermes ne dépassant pas 10 acres. La récolte annuelle d'environ 50'000 tonnes est presque totalement traitée sur place à la confection des fameux Havane. La chute des prix du sucre des années 80-90 obligea une diversification de la production. Agrumes, Cuba est le troisième producteur mondial de pamplemousse, café, cacao, ananas, mangues, riz, maïs, patates douces, haricots, animaux de ferme et cultures maraîchères se sont beaucoup développés. Des pêcheries modernes ont été implantées. Cuba est un grand producteur et exportateur de langoustes, même si les quantités pêchées enregistrent un fort recul depuis la fin des années 1980. Les industries du sucre, pétrole, tabac, construction, nickel, acier, ciment, machines agricoles et produits pharmaceutiques fournissent un peu plus du quart du PIB avec le quart de la main d'oeuvre disponible. Cuba a fait de grands progrès dans l’industrie pharmaceutique et la biotechnologie au cours des vingt dernières années. Médicaments anticholestérol, insuline et vaccins contre l’hépatite B et la méningite sont principalement exportés dans les pays du tiers monde. Le Centre d’ingénierie génétique et de biotechnologie de La Havane, ouvert en 1986, est le fruit de 150 millions de Dollars américains investis. L'extraction minière concerne essentiellement le nickel et le pétrole, un peu de cuivre, de manganèse, de chrome et de zinc. En raison de la vétusté de ses installations Cuba a des difficultés à répondre à la croissance de la demande. Le pays devra s’engager dans de lourds investissements. Avec l’aide de la Chine, du Canada et de l’Allemagne, le doublement de la production est planifié pour 2008. Le traitement des produits agricoles, des fertilisants, du textile, des immeubles préfabriqués et des produits de consommation domestique complètent le tableau. Le tourisme est le moteur de la reprise entamée depuis 1995, année où le pays a atteint le million de visiteurs. Il a surpassé le sucre en tant que source de revenus. L'industrie du tourisme est en pleine croissance et est devenue une source vitale d'entrée de devises. Le gouvernement a énormément investi pour créer des infrastructures de qualité, misant sur les nombreuses possibilités offertes par l'archipel. Les touristes canadiens sont les plus nombreux suivis des Italiens, Allemands, Espagnols et Mexicains. Les Cubains rêvent de travailler dans ce secteur, les pourboires en $ procurent une réelle source de confort. Les services génèrent 67,9% du PIB avec un peu plus de la moitié des ressources vives cubaines. Le commerce extérieur est structurellement déficitaire d'environ 30% du PIB. La dépendance au niveau de l’approvisionnement alimentaire et énergétique et la vulnérabilité des échanges commerciaux est forte. Près de 70% du volume est assurés par le tourisme, le nickel, le sucre et le tabac. Cuba cherche, avec un certain succès, à diversifier ses partenaires commerciaux et mise sur des secteurs tels que les biotechnologies et l’informatique. Les premiers clients de Cuba sont les Pays Bas, 23,5%, le Canada, 21,9%, la Chine, 8,3%, la Russie, 7,8%, et l'Espagne, 6,6%, pour le sucre, nickel, tabac, poisson, produits médicaux, agrumes et café. Espagne, 15,4%, Venezuela, 13,7%, Etats-Unis (mais oui !), 11,5%, Chine 8%, Canada 6,6%, Italie 6,5%, Mexique 4,9%, Allemagne, 4,2%, sont ses premiers fournisseurs de pétrole, produits alimentaires, machines et équipements et produits chimiques. En 2004 les exportations ont progressée de 32,5 % tandis que les importations n'augmentaient que de 14,3 %. Le déficit commercial demeure pourtant et encore le principal motif d’inquiétude des autorités. L'inflation reste contenue avec 3.1% en 2004. Trois devises sont en circulation à Cuba : le Peso cubain (TASSE), le Peso convertible (CUC) et le Dollar (USD). Bien que le Dollar soit officiellement retiré de la circulation, en avril 2005, le taux de change officiel a passé d'1 USD par CUC à 1,08 USD (0,93 CUC pour 1 USD). Les individus peuvent acheter 24 TASSE pour chaque CUC vendu ou vendre 25 TASSE pour chaque CUC acheté. Pour les entreprises le taux de change TASSE-CUC est de 1:1. L'année fiscale clôture au 31 décembre. En 2002 on estimait le nombre de lignes fixes à 574'400 et 17'900 cellulaires seulement. L’installation de nouveaux réseaux téléphoniques et la digitalisation croissante contribuent pour 12,5% à la croissance 2005. 120'000 internautes sont desservis par 1'529 fournisseurs d'accès (.cu). Le citoyen lambda est interdit d'accès Internet sans autorisation spéciale. Les touristes peuvent accéder à l'Internet depuis les grands hôtels à travers pare-feu et contrôles impressionnants. Depuis 2004, des Cubains achètent des mots de passe illégaux au marché noir ou passent par les accès réservés aux touristes pour accéder à des boîtes courriels et à l'Intranet géré par le gouvernement. 169 radios AM, 55 FM, 1 ultra courte et 58 chaînes TV animent près de 4 millions de postes de radio et plus de 2,5 millions de postes de télévision. 60'858 Km de routes y compris 638 Km de voies expresses (moins de la moitié goudronnées), 79 aéroports goudronnés (7 pistes de plus de 3'000 m), 91 aéroports non goudronnés, 7 grands ports maritimes (Cienfuegos, La Havane, Manzanillo, Mariel, Matanzas, Nuevitas, Santiago de Cuba), 240 Km de voie fluviales et 4'226 Km de voies ferrées publiques (7'742 Km de voies sont destinées à l'utilisation privée pour les plantations de sucre), s'ouvrent aux transports cubains. Le transport constitue un problème pour de nombreux Cubains. Peu de véhicules neufs ont été importés depuis 1960 et l’essence est rationnée. Les vieux autobus, guaguas, comme les plus récents camellos, chameaux, sont souvent bondés. Certains Cubains se construisent des voitures avec des pièces de véhicules divers. Le Cubain est passé maîtres dans l’art de la mécanique de récupération. Les locomotives pour transporter la canne à sucre sont souvent à vapeur et plus que centenaires. La bicyclette est très utilisée, même en taxi-bicyclette. Cheval, mule, âne et boeuf sont des moyens de transport courants, des voitures sont tirées par des chevaux. Il n'est pas possible de déterminer le nombre de cubains vivant en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage n'est officiellement que de 2,5%. Les Etats-Unis s'obstinent à refuser la levée de l’embargo imposé depuis 1961. La loi Helms-Burton, 1998, a encore durcit la situation en pénalisant aux Etats-Unis les compagnies étrangères qui font du commerce avec Cuba. De nombreux produits sont rationnés ou quasi inexistants et la pauvreté augmente. Le fossé s’élargit entre les employés de l’Etat, sous-payés, et les indépendants, les actifs dans le tourisme ou ceux qui reçoivent de l’argent de parents vivant à l’étranger. Depuis les années 1990 des réformes ont été entreprise dans les secteurs de l'agriculture et de l'énergie afin d'accroître l'autosuffisance et de remédier à faible productivité. En 1993 les citoyens cubains ont été autorisés à détenir des devises dans l'espoir que ces mesures auraient pour effet d'accroître les envois de fonds par des exilés. La légalisation de l’usage du Dollar américain a stimulé la croissance de l’économie parallèle et soutient, par la même, l'économie officielle. Pour contrer le ralentissement de l'économie et les pénuries de biens de consommation, l'entreprise privée individuelle a été autorisée, de façon très limitée. Des contrôles très serrés et sévères sont maintenus par le système politique. De nombreux colporteurs vendent de tout, des gâteaux maison aux rares produits étrangers. Les marchandises vendues dans la rue sont souvent de meilleure qualité et moins chères que celles vendues dans les magasins d’Etat. Cuba a commencé à promouvoir des partenariats, limités, avec des investisseurs étrangers. Les femmes représentent 40% de la population active cubaine. Si leur participation aux échelons politiques supérieurs et moyens est faible, à l'opposé, 48% des médecins cubains sont des femmes. La croissance cubaine est houleuse et s’essouffle de 6,2% en 1999, à 2,9% en 2001 et 1,2% en 2002 avant de remonter à 2,6% en 2003 et 5% en 2004. 2003 a été marqué par une forte reprise du tourisme, des efforts de production d'hydrocarbures et à la forte hausse du nickel sur les marchés. Les transferts de fonds, remesas, en provenances des exilés cubano-américains a atteint 3% PIB en 2003, la seconde source de devises, derrière le tourisme. Le bond de 2004 s’explique lui, en partie, par l’intégration dans le calcul du PIB de paramètres sociaux tels que les services gratuits et les subventions étatiques pour l’alimentation, la santé, les transports et les services. Il n’en reste pas moins le tourisme continue son impressionnante progression pour intervenir à 41% dans la balance des paiements. Le cap des 2 millions de touristes est largement franchi en hausse de 7,6 %, 15% au niveau des recettes. L’agriculture non-sucrière a connu une reprise et la production minière a crû de 7,5 %. Les exportations du secteur de l’acier ont augmentées de 16% au moment où les cours du nickel atteignent un niveau historique. La production d’hydrocarbures a, elle, baissé pour la première fois depuis dix ans, pas loin de 10%. La note optimiste est la première découverte, depuis 1999, d’un nouveau gisement, à Santa Cruz del Norte. Le consortium canadien qui en a fait l’annonce estime la capacité de production à 100 millions de barils/jour et souligne surtout sa qualité. Ce pétrole est à l'opposé du pétrole actuellement exploité à Cuba qui est très soufré et visqueux. L'accord qui lie le Venezuela d'Hugo Chavez à Cuba de Fidel Castro depuis 30 octobre 2000 a été complété le 14 décembre 2004. Le Venezuela est le premier fournisseur de Cuba pour l’achat de pétrole à un prix très intéressant. La dépendance du pays dans le secteur énergétique reste forte, le quart des importations de Cuba. La croissance apparaît encore fragile. Elle est à la merci d'un pétrole trop cher, d'une chute du tourisme ou d'un durcissement de l’embargo américain. Le service de la dette de plus de 12 milliards de $, hors intérêts, n’est plus assuré. Les Etats de l’UE, détenteurs de la majorité des créances, ferment l’accès à Cuba à tout financement à long terme. La situation de crise des liquidités a conduit les autorités à augmenter les prix à la consommation de 15,4 % en moyenne en 2004. Le Peso convertible a été substitué au Dollar pour toutes les transactions et paiements en cash sur le territoire national. Le 30 décembre 2004, la Banque centrale a prit le contrôle absolu des ressources en devises des entreprises et, les 17 et 25 mars 2005, la monnaie cubaine à été réévaluée face au Dollar. 2004 n’a pas donné lieu à un assainissement des finances publiques, malgré un meilleur recouvrement de l’imposition. Le coût des reconstructions occasionnées par les cyclones, l’augmentation des dépenses sociales, les dépenses de défense ont pesé sur le budget de l’Etat. Le budget 2005 affiche clairement une priorité donnée au social : l’éducation et la science, la santé, la sécurité sociale recevront 65 % des dépenses, la rénovation de logements 25 % et les services communaux 4 %. | ||||||||||||||||||||
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