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CultureLa Havane est le siège du Musée national qui abrite des collections d’art moderne et classique ainsi que des vestiges des cultures indigènes. Les autres musées importants sont le Musée colonial et anthropologique de La Havane, le musée Emilio Bacardi Moreau d’histoire naturelle de Santiago et le musée Oscar M. de Rojas à Cárdenas. Bibliothèques et musées sont gérés par le gouvernement qui a mis en oeuvre une politique d'appui aux arts traditionnels cubains afin de lutter contre l'influence nord-américaine. Tambours et guitares sont profondément enracinés dans la culture insulaire. Les rythmes cubains, importés par les Africains dans leur calvaire, se sont mélangés aux mélodies espagnoles pour créer un style qui s'est imposé en Amérique latine et exporté en Europe et en Amérique du Nord. Aux rythmes des instruments africains, bongo et conga, et sur des chants yoroubas se dansent le bembé ou la caringa. La musique cubaine a gardé des colons espagnols des chants et des instruments tels que la guitare et le violon. Cuba a marqué le XXe siècle par son extraordinaire palette de musiques et de danses : rumba, mambo, cha-cha-cha, punto, salsa, tonada, boléro, són, danzón, batanga, changüi, guajira, pachanga, songo, etc. La rumba est certainement la forme artistique afro-cubaine la plus ancienne. A l'origine faite de chants et de percussions, la rumba se compose de plusieurs styles ayant chacun leur danse. La columbia, pour les hommes, est physique et acrobatique. Le guaguanco, plus lente, convient aux couples. Le yambu où les couples se frôlent et se séparent avant de devenir torride. La habanera, danse lente et sensuelle, s'est développée plutôt au sein de la population hispanique de Cuba. Le danzón est apparu dans les couches aisées de la population, à la différence des précédentes plus populaires. Cuba doit beaucoup à la tradition du són, la danse des ouvriers des cannaies. Cette forme musicale a été popularisée avec l'avènement de la radio, dans les années 20. Aux guitares, contrebasse, bongo et chanteurs, cuivres et percussions se sont ajoutés dans les années 40 et 50 pour composer de grands orchestres. Dans les années 60 et 70, le son cubain y intégra des accents de jazz pour créer la salsa. A Cuba les messages de la salsa se sont recentrés, aujourd'hui, autour des questions sociales et sentimentales. Enfant du pianiste cubain Damaso Perez Prado, la mambo est née à Mexico. Dans les années 40, Machito, Tito Puente et Tito Rodriguez imposeront la mambo à la scène new-yorkaise. Beni Moré et Bebo Valdés sont en train de construire leurs légendes à La Havane, lorsque déferle la vague du cha-cha-cha dérivé du danzón. Le cha-cha-cha est né d'Enrique Jorrin, il rejoint la mambo à la conquête des pistes de danse du monde entier. Dans les années 1950, la musique cubaine a conquit le monde et impose Celia Cruz, Alfredo Rodriguez et bien d'autres. La nueva trova, liée au mouvement de la nueva canción d'Amérique du Sud, apparaît dans les année 70 avec Silvio Rodriguez et Pablo Milanés. Carlos Varela est actuellement le plus en vue. The Buena Vista Social Club de Wim Wenders, 1999 ; ce film relate la rencontre de musiciens cubains célèbres, réunis par Ry Cooder pour faire un disque, qui en profitent pour parler de leur vie. La Havane possède une riche bibliothèque qui compte plus de 2 millions de volumes. José María Heredia, 1803-1839, est le premier poète à exprimer le désir de liberté cubain. Son ode à la majesté des chutes du Niagara, lui vaut le buste de bronze qui y est érigé. La plus célèbre figure littéraire cubaine est sans conteste José Martí, 1853-1895. Ses convictions égalitaristes et son oeuvre, l'ont élevé au rang de héros national. La célèbre Guantanamera, considérée comme l’hymne national non officiel de Cuba, est basée sur l’un de ses poèmes. Gertrudis Gómez de Avellaneda, Cirilo Villaverde y de la Paz, José Julian Martí, Julián del Casal, Nicolas Guillén, Guillermo Cabrera Infante et, plus récemment, Alejo Carpentier, José Lezama Lima ou la romancière Zoé Valdès, La Douleur du Dollar, sont autant de grands noms de la littérature cubaine. Une grande partie de la littérature contemporaine traite de politique. Elle tend à être muselée par le gouvernement au même titre que toutes expressions artistiques ou pas qui tendraient à le mettre en doute. De nombreux artistes et auteurs parviennent pourtant à exprimer une opposition au régime à travers leur art. Des troupes théâtrales, en particulier, jouent des pièces critiquant subtilement la politique gouvernementale. Elles illustrent les difficultés de la vie quotidienne à Cuba, la plupart du temps en journée et en plein air à cause des fréquentes pannes d’électricité, apagones, qui privent toute la population d’électricité. Le, très réputé, Festival national de Théâtre se déroule en février. La Havane accueille le Nouveau Festival du film latino-américain chaque année en décembre. Le cinéma cubain s'était fait tellement discret qu'on pouvait craindre qu'il ait complètement disparu en 1968 après Memorias del Subdesarrollo, Mémoires du sous-développement, de Tomás Gutiérrez Alea. Il raconte l’histoire d’un homme de la classe moyenne qui essaie de s’adapter aux changements post-révolutionnaires. Dès 1959, Santiago Alvarez fut l'auteur de quantité de petits chefs-d'oeuvre et figure de proue du documentaire cubain. Il est revenu en instrument culturel et politique pour briser l'embargo américain en 1993. Tomas Gutierrez Alea, décédé 2 ans plus tard, et Juan Carlos Taibo réalisent Fresa y Chocolate, Fraise et chocolat, en 1994. L’histoire débute dans une glacerie de la La Havane et raconte l’amitié entre un jeune communiste et un homosexuel rejeté par la société. Ce film culte a remporté de nombreux succès dans différents festivals internationaux. En été 1996, Madagascar confirme avec Guantanamera, le renouveau du ciné cubain. Le tabaco ou puro, et non pas habana, le havane est une des merveilles du monde. Plus de 170 opérations méticuleuses sont nécessaires pour réaliser ce cigare qui relève de l'art. Coupez votre barreau de chaise au coupe-cigare ou à l'incisive. N'enfoncez rien dans sa tête, laissez la bague et allumez-le sur une flamme oblique en le faisant tourner régulièrement et en tirant avec délicatesse. On utilise une allumette, une chandelle, un briquet à gaz mais en aucun cas un briquet à essence comme un Zippo américain qui constituerait une double faute de goût : l'odeur de l'essence et la symbolique politique. Le cigare s'éteint tout seul et peut se rallumer tant qu'il n'est pas froid. Faites attention à ne pas le chauffer. Un cigare ne s'écrase jamais pour l'éteindre. Pour conserver l'humidité et le goût de vos cigares, mettez les dans une boîte en bois, avec humidificateur, et déposez la précieusement un endroit frais et aéré. Jusqu'à la visite à Cuba de Jean-Paul II, en janvier 1998, les fêtes religieuses étaient interdites par le gouvernement, non sans que de nombreux Cubains les célébrent dans l’intimité de leur foyer. La fête de Noël interdite depuis les années 1960, volte-face sans précédent de la part de Fidel Castro, est redevenue une fête officielle. La Noche Buena, soir de Noël, est la plus grande fête chrétienne à Cuba. L’un des Rois mages étant africain, l’Epiphanie donne lieu à des célébrations surtout dans la communauté noire de Cuba. On fête aussi la Semaine sainte, Semana Santa. Plusieurs villes célèbrent le carnaval mais selon des fréquences et des calendriers mal établis. Les comparsas, groupes de danseurs et de musiciens de quartier, animent les rues. Autour des défilés de chars, les Cubains revêtent des costumes extravagants et dansent dans les rues en portant des têtes de papier mâché. Cuba multiplie les fêtes pour commémorer les grands événements de l’histoire révolutionnaire du pays. Aujourd’hui, ces célébrations ont pris une tournure plus modeste que les grands défilés et rassemblements, auxquels participaient des milliers de gens, d'antan. En plus de Noël, Cuba ne compte que 6 jours fériés légaux dans l'année : le 1er janvier commémore la libération, la fête du Travail, 1er mai, les 25, 26 et 27 juillet sont jours de la fête nationale et d'anniversaire de l'assaut de la caserne Moncada, le jour de l'appel de la Demajagua, 10 octobre, marque l'anniversaire du début des guerres d'Indépendance. Une longue liste de jours fêtés, mais non fériés, s'ajoute à ces dates. Le 2 janvier est jour de la victoire de la révolution de 1959. L'anniversaire de José Martí est fêté le 28 janvier. Le 24 février marque le début de la guerre de 1895. La journée internationale de la femme, 8 mars, est abondamment célébrée. Le 13 mars commémore la prise du palais de Batista. Le 4 avril est fête des enfants. 19 avril marque la victoire de la baie des Cochons. Le 30 juin est dédié aux martyrs de la révolution. Le 28 septembre est l'anniversaire de la création des comités de défense de la révolution. Le 8 octobre est jour de la commémoration de l'exécution de Che Guevara, le 28 octobre de la mort de Camilo Cienfuegos et le 27 novembre de la mort de 8 étudiants tués en 1871 par les Espagnols. Le 2 décembre commémore le débarquement difficile des rebelles du Granma en 1956 et le 7 décembre, l'anniversaire de la mort d'Antonio Maceo. Cuba dépend pour une large part des approvisionnements du jour et on mange souvent la même chose. Riz, haricots, tomates, laitue, manioc, oeufs, poulet, porc et boeuf sont les piliers de la cuisine cubaine traditionnelle, criollo. L'influence espagnole est perceptible dans la façon de préparer ces ingrédients. Les plats ne sont épicés que d'ail et d’oignon. Légumes verts et poisson sont peu consommés sur l'île. Les plats les plus présents sont la carne asada, viande rôtie, le picadillo, boeuf haché, et l'arroz con pollo, poulet et riz. Le boeuf, de piètre qualité, est souvent trop cuit pour masquer sa maturité. Le cochinito, le cochon, est un mets de choix pour les Cubains, en rôti, grillé ou frit. A Guama et dans quelques restaurants de la playa Girón vous trouverez du crocodile. On trouve aussi de la tortue de temps en temps. La langouste de Cuba est réservée à l'exportation et aux restaurants touristiques. Le crabe, cangrejo, pullule sur les routes mais reste très absent des restaurants. Le yucca, manioc, et la malanga sont de consommation courante, bouillis ou cuits au four. Le fromage à la confiture est l'incontournable et presque unique dessert. Les glaces sont rares de par la pénurie chronique de lait. Cuba, paradis tropical, offre quantité de fruits mais, curieusement, on n'en retrouve qu'un seul dans la cuisine locale, la banane plantin, plátano. La goyave, fruta bomba, est souvent servie en confiture. Peu de traces des ananas, mangues ou nombreux agrumes cultivés sur l'île. Les sodas cubains, refresco, ne le sont pas souvent, rafraîchissants, faute de glace mais vu que l'eau du robinet est à considérer avec prudence. Le pays produit plusieurs bières fort agréables. La légère Cristal, la légère ou forte Bucanero sont couronnées par la Mayabe blanca, plus légère, ou negra, plus forte. Les artisanales claras sont plus vendues aux Cubains qu'aux touristes. La célèbre marque cubaine d'avant la Révolution, Hatuey est aujourd'hui fabriquée en Floride et à Santiago, sous licence Bacardi. Le vin est rare. La boisson la plus populaire est le guarapo, un jus clair à base de tiges de canne à sucre. Le rhum reste la boisson nationale, souvent consommé en, innombrables et délicieux, cocktails. Le meilleur rhum du monde, le Bacardi, l'ancien rhum cubain qui dominait le monde entier, est actuellement fabriqué aux Etats-Unis. L'aguardiente, eau-de-vie traditionnelle des paysans, est un alcool sec et fort. La Canchanchara de Trinidad ou le Santero sont plus légers et plus proches de nos goûts. Le café est habituellement servi fort et très sucré dans des petites tasses. Cuba organise, chaque année, des Jeux sportifs scolaires. Les meilleurs jeunes de 11 à 16 ans sont sélectionnés pour les Ecoles d’initiation aux sports, EIDE. Ils y recevront, en plus des cours réguliers, un entraînement poussé. Les meilleurs diplômés sont admis dans les Ecoles de performance athlétique supérieure, ESPA. Le football est pratiquement absent de Cuba au profit du baseball, la boxe et l'athlétisme surtout. Introduit à Cuba au XIXe siècle par des marins américains qui y jouaient avec les dockers cubains, le baseball, pelota, est le sport favori des Cubains. Ses bénéfices soutenaient le mouvement indépendantiste de José Martí et il fut interdit par les Espagnols en 1895. Parmi les meilleurs joueurs mondiaux de baseball de nombreux athlètes cubains ont fait défection aux Etats-Unis. Teófilo Stevenson, champion olympique des poids lourds en 1972, 1976 et 1980, est la figure mythique de la boxe cubaine. Alberto Juantorena, titré en 400 et 800 mètres aux Jeux olympiques de 1976, fut le premier athlète à remporter ses deux épreuves au cours d’un même événement sportif. Javier Sotomayor, détenteur du record mondial de saut en hauteur depuis 1993 avec 2,45 m, est considéré par beaucoup comme le plus meilleur sauteur de tous les temps. Ana Fidelia Quirot, 800 m, est particulièrement chère au coeur des cubains. Un seul quotidien domine la presse cubaine, le Granma, Bonne maman. Ce n'est autre que l'organe officiel du Parti communiste cubain. Une édition française paraît hebdomadairement. Radio Taïno qui ne diffuse que de la salsa cubaine entre 17:00 et 19:00 est la radio préférée des Cubains qui n'hésitent pas à se brancher sur les radios américaines de Floride. Les Cubains disposent de trois chaînes de télévision nationales : Cubavisiòn, Tele Rebelde et Canal Educativo. Chaque région possède sa propre chaîne de télévision avec des temps d'antenne très limités. Dans les grands hôtels, on capte certaines chaînes américaines, CNN en tête, et mexicaines. Cuba n'est, de loin, pas un exemple de liberté médiatique. Reporters sans frontières ne classaient, en 2002, que le Bhoutan, le Turkménistan, la Birmanie, la Chine et la Corée du Nord derrière Cuba. En 2005 seule la Corée du Nord parvenait à faire pire que Cuba. La crise économique et l'effondrement de l’Union soviétique ont gravement touché le système éducatif cubain. Les enseignants sont mal payés et les ressources pédagogiques font souvent défaut. L’enseignement est aussi souvent accompagné de travail agricole non rémunéré. Il n'en reste pas moins que le système d’éducation cubain, oeuvre de Fidel Castro, est l'un des, si ce n'est le, meilleur d'Amérique latine. La loi scolaire est un véritable manifeste de la pensée socialiste. Dans les années 1960, près de 10'000 classes furent créées en milieu rural. L’instruction est accessible à tous, l’éducation gratuite est considérée comme un droit fondamental. Le manque de transports en commun transforme parfois le déplacement en classe en vrai casse-tête. Les jeunes des régions rurales peuvent fréquenter des institutions qui offrent la pension gratuite, les becas. L'accès à l'université n'est pas libre. Les études universitaires dépendent des besoins identifiés par l’Etat. Les aspirations personnelles n'entrent pas en considération, les objectifs communistes prévalent. Celui qui n'est pas militant actif du Parti communiste peut se voir refuser l’accès à l’université. Le sort du réfractaire à l’idéologie révolutionnaire est lui scellé. Tout diplômé est astreint à deux ans de service social obligatoire dans les régions périphériques. Ils restent ensuite à la disposition des fonctionnaires chargés de leur trouver du travail. Après une année d’école maternelle, les élèves font six ans d’école primaire obligatoire et six ans d’école secondaire. 95% des enfants sont inscrits à l’école primaire. Un projet-pilote d'enseignement du français au primaire est actuellement en cours. Le français est la langue la plus enseignée à Cuba après l'anglais. 89% des jeunes vont à l’école secondaire. Les trois premières années du secondaire sont consacrées à un programme général ou une combinaison avec des cours professionnels ou techniques Les trois dernières années du secondaire sont techniques, professionnelles ou préuniversitaires. 17,2% font des études postsecondaires. Dans l'éducation supérieure, on compte 47 universités, 3 seulement en 1959, 23'400 professeurs et plus de 300'000 étudiants. La plus grande université est celle de La Havane, fondée en 1728. L’université de Santa Clara, l’université de Santiago de Cuba et l’université de Camagüey font partie des 4 plus importantes. Plus du quart des Cubains sont actuellement aux études générales ou spécialisées, dans près de 12'000 écoles et collèges. Selon les statistiques officielles, les femmes représentent 60% de l'effectif total des étudiants, 71% pour les sciences médicales. Des instituts spécialisés forment les professionnels de l’agriculture, de l’enseignement et des métiers techniques. Les travailleurs peuvent suivre des cours de formation continue sur leur lieu de travail, notamment dans l’industrie et l’agriculture. Les écoles d’instruction révolutionnaire du Parti communiste offrent également divers cours. Le taux d'alphabétisation de la population de plus de 15 ans est de 97%. | |||||||||||||||||||
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