|
|
Vacances à Cuba
A Cuba, on les appelle les internationalistes. Ce sont les volontaires qui ont combattu sur les fronts de la guérilla en Afrique et en Amérique latine. Parti clandestinement de La Havane, malgré les réticences de Fidel Castro qui s'inquiétait de son " impatience ", Che Guevara rejoignit le Congo, où il commanda, du 24 avril au 21 novembre 1965, plus de cent vingt militaires cubains, tous noirs, engagés aux côtés des forces antigouvernementales. Installés sur les rives du lac Tanganyika, ils devaient constituer le noyau d'une force de libération capable de renverser le pouvoir " colonialiste " de Moïse Tshombe, installé à Kinshasa
On prend connaissance des déceptions du combattant de la Sierra Maestra, idéaliste convaincu, de ses observations amères sur les conflits ethniques et les superstitions des combattants africains, de ses erreurs tactiques, mais également de ses relations personnelles avec Fidel Castro.
Laurent- Désiré Kabila - qui prendra le pouvoir, trente ans plus tard, par la force, en République démocratique du Congo. D'abord impressionné par le personnage, le Che s'aperçoit au fil des semaines que ce dernier repousse sans raison des rendez-vous importants, s'adonne à la boisson et aux femmes, manifeste une évidente mauvaise volonté à son égard. Il estime finalement que l'homme n'est pas crédible.
Il s'inspira largement des théories et analyses marxistes pour mettre en place à Cuba une économie socialiste, et contribua à rapprocher l'île du bloc soviétique par la signature d'accords économiques. Il fut confronté à de nombreuses difficultés dans ses tâches, l'économie cubaine étant souvent archaïque et décousue donc peu encline à une rationalisation des moyens de production. En outre, Guevara fit une de ses priorités de lutter contre la bureaucratie naissante. Mais rapidement, il en vint à s'opposer à la politique du régime castriste, et fut marginalisé.
En 1965, Guevara quitta Cuba afin de propager la révolution, soutenu par des volontaires cubains. Il se rendit d'abord au Congo où il rencontra Laurent-Désiré Kabila) et avec qui il organisa le maquis d'Hewa Bora. Cette expérience africaine ne sera pas concluante. Rentré à Cuba, il repartit pour la Bolivie où il tenta de constituer une guérilla.
Géographie
Les trois guerres du Che
La Sierra Maestra, Cuba Le Che a participé à trois guerres : une guerre victorieuse, celle de la Sierra Maestra, deux autres désastreuses, au Congo et en Bolivie.
A partir de l’expérience cubaine, le Che écrit en 1961 un ouvrage théorique, « La guerre de guérilla », qui inspirera toute une génération de révolutionnaires sud-américains. Le principal enseignement qu’il tire de ce conflit est que « les forces populaires peuvent gagner une guerre contre une armée » et qu’« il ne faut pas toujours attendre que toutes les conditions soient réunies pour faire la révolution : le noyau insurrectionnel peut les créer ». Il estime toutefois que plusieurs éléments sont essentiels à la réussite de la guérilla : avoir une « connaissance parfaite du terrain. Connaître la population de la région, avoir son appui total pour le ravitaillement, le transport, l’hébergement ». «L’organisation militaire repose sur un chef », « le guérilléro doit être de préference un habitant de la région » et « il faut recourir à la guerre de guérilla quand on a l’appui de la population. »
Dans le cas de Cuba, ces conditions sont réunies : Castro a lancé sa guérilla dans un pays relativement politisé. Au-delà de la conquête des paysans de la région, il a toujours bénéficié d’un large appui urbain. Dans les villes, des organisations structurées fournissent une importante aide logistique et des hommes. La révolution cubaine a chanté la gloire de la guérilla des montagnes. Une célébration qui a sans doute jeté de l'ombre sur le rôle essentiel des villes dans la victoire.
Quand le Che abandonne ses fonctions officielles à Cuba en 1965, il est pressé de repartir au combat. Son rêve est de libérer l’Amérique Latine. Mais les conditions ne sont pas réunies. Depuis quelque temps déjà, il veut étendre la lutte anti-impérialiste au monde entier, créer d’autres « Vietnam ». Castro a prévu d’envoyer des soldats appuyer et former les rebelles congolais, en guerre contre le gouvernement de Tschombé installé par les mercenaires belges. Le Che a voyagé trois mois en Afrique et rencontré les leaders congolais Soumaliot et Kabila à Dar-es-Salaam. Il demande tout naturellement à Castro de diriger le détachement cubain et part, clandestinement, avec un premier petit groupe en avril 1965.
Le Che pense que le Congo est le terrain le plus favorable pour développer une guerre qui devra par la suite gagner tout le continent africain. Il part pourtant sans connaître les conditions sur le terrain. Il n’a rencontré que brièvement les leaders congolais et a bien pressenti les problèmes qui l’attendent. Mais il est pressé. Sur place, la situation est plus difficile que prévu : il n'y a pas de commandement unifié, les chefs ne sont jamais là et passent leur vie à l’étranger. Les soldats, peu motivés, ne veulent pas se battre. Le manque de discipline et d’organisation est général. Le Che est frustré : il n’arrive pas à obtenir des leaders congolais l’autorisation de se battre. Pendant des semaines, il attend Kabila. Quand celui-ci arrive, il refuse toujours de l’envoyer au front et disparaît brusquement, au bout de cinq jours. En octobre, la contre-offensive des mercenaires menace les rebelles. Les soldats cubains se demandent ce qu’ils font là. Début novembre, aux problèmes matériels et militaires s’ajoute un problème politique. Après un débat à l’OUA, le président tanzanien Julius Nyerere demande aux Cubains de se retirer. Le Che veut rester et Castro lui laisse le choix de sa décision. Mais ses soldats n’en peuvent plus. Il retraverse le lac Tanganyika et abandonne le Congo.
Quand il sort de ce bourbier, le Che est acculé à la clandestinité : pendant qu’il était au Congo, Castro a rendu publique la lettre qu’il lui avait laissée, dans laquelle il prend congé du peuple cubain et renonce à sa nationalité cubaine. Guevara ne veut pas revenir à Cuba. Il passe quelques mois à Dar-es-Salaam, puis à Prague, totalement incognito. Pendant ces semaines de repos forcé, il conçoit le projet d’une guérilla en Bolivie. Avantage de la Bolivie : elle est située au centre de l’Amérique du Sud et frontalière avec l’Argentine. Elle servirait de base arrière à d’autres guérillas. Contrairement au Congo, la Bolivie n’est pas un projet de Castro mais du Che. Castro accepte de lui fournir une vingtaine d’hommes, des meilleurs, le Che repasse trois mois par Cuba, et reprend l’avion en octobre 1966 : cette fois encore, il est pressé.
--------------
Guevara, qui s’inspirait du plus rigide des modèles soviétiques, croyait aveuglément à la centralisation, à la planification, à la destruction de toute forme de propriété, grande ou petite. Il croyait aussi que, du haut du pouvoir ; il était possible de détruire le capitalisme et construire le socialisme. Castro et Guevara ordonnent l’étatisation de 80 % de la richesse cubaine : terres, mines, commerces, usines, transports, banques, industries. Le premier symptôme de crise surgit dans l’agriculture lors de l’assemblée de production de 1961, quand fut décrété le rationnementdes produits nationaux et étrangers.
_______________
Guevara rêvait d’une industrialisation rapide de Cuba, en oubliant ses petites dimensions, sa faible population, son manque de sources d’énergie, de capitaux. Et, surtout, que le plus urgent était de conserver, et non de détruire l’industrie existante, en activité depuis plus d’un siècle. Celle du sucre, par exemple, avec ses cent cinquante usines, son réseau de transport, de magasinage, de transformation et de fabrication de produits dérivés, était de type capitaliste, comme les industries du textile, du tabac, des alcools, du cuir et de l’alimentation. Le pays, avec tous ses problèmes structuraux de monoculture, de latifundium, de marché unique, avait une économie qui permettait à 7 0 % de la population d’avoir un niveau de vie de type occidental, et aux 3 0 % qui restaient un niveau de pauvreté typique du tiers monde.
Cuba produisait des cuirs tannés et des chaussures de bonne qualité. Guevara nationalisa les grandes usines et les petits ateliers ; supprima les échoppes de cordonniers qui existaient partout et envoya la majorité des ouvriers de la chaussure aux champs. Très rapidement, il n’y eut plus ni cordonnier ni chaussures, et il en allait de même avec les boulangeries, les tissus, les dentifrices, les tabacs et les allumettes. Sa foi dans les « pays frères », Tchécoslovaquie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, le poussa à acheter - et eux, à lui vendre - toutes les vieilles machines improductives et inutiles qu’ils conservaient.
......................
Cuba est une des grandes réserves de nickel du monde : Avec de bons investissements, vingt-cinq mille ouvriers du nickel pouvaient produire autant de devises que le demi- million de travailleurs de l’industrie du sucre, toujours très chère et presque toujours non rentable. Fidel Castro, d’anti-canne devint pro-sucre, et lors de ses voyages à Moscou, en 1963 et 1964, vendit le sucre cubain aux Soviétiques.
Faisant pour la première fois preuve de sa mégalomanie, il déclara : « Je produirai dix millions de tonnes de sucre, ce sera la récolte la plus grande de toute l’histoire de Cuba, je développerai à cent pour cent l’industrie sucrière, Khrouchtchev m’enverra ces machines à couper la canne qu’on appelle des « libératrices. » »
Cet objectif ne fut jamais atteint. La réforme agraire déposséda les paysans de tout pouvoir, la gestion des coopératives agricoles passa totalement aux mains des bureaucrates nommés par le pouvoir en place [9]. Cuba s’endetta de plus de un milliard de dollars en Europe. Cette somme consacrée au nickel devait permettre de développer l’industrie et toute l’économie cubaine. Mais le sucre et le socio-fidélisme dévorèrent implacablement le milliard de dollars empruntés, provoquant ainsi la ruine de la production de nickel. Guevara, déçu, abandonna l’économie et l’industrie ; ayant une vision clinique de la réalité, il ne la déguisait pas ni ne l’idéalisait comme Fidel. Son problème n’était donc pas la vision de la réalité, mais son dogme, c’est-à-dire le socialisme étatique, dont on ne pouvait douter. Guevara, grâce à ses relations économiques avec les pays de l’Est et l’URSS, commençait à découvrir le socialisme « réel. » Il se rapprocha politiquement de la Chine, du Vietnam et de la Corée du Nord. Fin 1964, son sort est joué, et le ministère de l’Industrie est absorbé par l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Son rêve d’industrialiser Cuba s’évanouissait. La révolution s’enfonçait dans la bureaucratisation et la militarisation.
Sachant qu’il ne pourrait s’écarter de la norme soviétique et qu’il était condamné à un avenir de bureaucrate, il choisit de s’investir dans la guérilla latino-américaine avec le projet plus lointain de créer une alliance intercontinentale qui réunisse l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie.
Guevara, au départ meilleur soutien des vieux communistes cubains et de l’URSS, devint avec le temps de plus en plus critique vis-à-vis du système soviétique et du « caudillisme » [10] de Castro. Les méthodes de Fidel lui semblaient inaptes à créer l’homme nouveau et la nouvelle conscience sociale capable de construire le socialisme. Lors d’un séminaire à Alger, en 1965, il accusa l’URSS de néocolonialisme [11] ? À son retour à Cuba, Guevara fut accusé par Fidel, Raul Castro et le président Dorticos d’indiscipline, d’irresponsabilité et d’avoir compromis les relations de Cuba avec l’URSS. Guevara accepta les reproches.
-------------
La fin tragique du guérillero
Il disparaît alors de la circulation, et la presse mondiale commence à tisser le mystère guévariste. Où est passé le comandante argentin ? Que lui est-il arrivé ? En réalité, comme on l’apprendra plus tard, Guevara entreprend un voyage en Afrique.
En 1966, il revient à Cuba après son échec africain, puis repart pour la Bolivie, allant au devant de la défaite et de la mort. Pourquoi Castro ne fit-il pas pour Guevara ce qu’on avait fait pour lui ? Pression soviétique, jalousie ou machiavélisme ? [12]
Le Che fut-il un instrument entre les mains de Fidel Castro ? Il ne sut ou ne put agir indépendamment de Fidel Castro. Che Guevara était plus un utopiste qu’un réaliste. De qui’fut-il la victime, de la CIA, du KGB ou de Castro ? Sans doute le pire ennemi d’Ernesto Guevara fut le Che. Dans un monde dominé par Washington et Moscou, il s’attaqua aux deux puissances à la fois. Don Quichotte internationaliste, Robespierre tropical, idéaliste et cruel à la fois. Personnalité complexe, représentative probablement des illusions et des confusions de son temps, l’histoire gardera de lui l’image d’un aventurier, d’un personnage pathétique vivant cette époque violente, idéaliste, inhumaine et pragmatique, appelée la Guerre froide.
26 Novembre 1959 : Il est nommé à la tête de la banque centrale. Il signe désormais les billets de banque : "Che".
26 11 59 Le commandant Che Guevara est nommé président de la Banque Natio-nale de Cuba à la place de Felipe Pazos Roque.
le 26 novembre 1959, il est nommé à la tête de la Banque centrale. Cet économiste atypique paraphe désormais les billets de banque d'un "Che" ironique et provocateur.
28 12 59 : Discours du commandant Che Guevara à l'Université Centrale de Las Villas.
______________________________________________________________
Janvier à décembre: publie des articles dans les journaux en particulier à propos de la politique anti-cubaine des Etats-Unis.
5-13 février 60: participe à la négociation de l'accord commercial Cuba-URSS.
4 3 60: Vers trois heures de l'après-midi, deux violentes explosions dévastent les quais du port de La Havane où des dizaines de travailleurs sont en train de décharger une cargaison d'armes du vapeur Français "La Coubre".
On compte une centaine de morts et plus de 300 blessés.
Cuba accuse très vite la CIA d' être responsable du sabotage.
- 4 mars 60: participe aux opérations de sauvetage à la suite de l'attentat qui détruit le cargo français la Coubre dans le port de la Havane.
Le 4 Mars 1960, dans un attentat organisé par la CIA, le bateau belge « La Couvre », qui apportait des armes à Cuba, explose dans le port de La Havane. Le lendemain, Alberto Korda prend la célèbre photo du Che en hommage aux victimes de l'attentat, et au cours de la cérémonie Fidel Castro prononce cette phrase qui restera dans l'histoire : "Patria o muerte. ¡Venceremos !" (La Patrie ou la mort. Nous vaincrons !).
Le 4 mars 1960, la première cargaison d'armes que les Cubains ont réussi à acheter malgré les pressions américaines arrive dans le port de La Havane. Mais une énorme explosion secoue la ville. Attribué par les révolutionnaires à la CIA, l'attentat fait 75 morts parmi les ouvriers du port. Le lendemain, lors d'un rassemblement de protestation, Fidel lance le mot d'ordre qui va devenir la devise du nouveau Cuba: "La patrie ou la mort." Au même moment, le photographe Alberto Korda, prend deux photos du Che à la tribune. Des années plus tard, cette image recadrée deviendra un symbole pour la jeunesse du monde entier.
5 3 60 : Obsèques des victimes de l' explosion de La Coubre.
Discours de Fidel Castro qui lance la consigne La Patrie ou la Mort !.
Le photographe Alberto Korda immortalise le Che sur son célèbre cliché.
- 20 mars 60 inaugure le programme "Université populaire".
21 3 60 : Départ des philosophes français Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
avril 1960: le premier accord commercial cubano-soviétique avec le concours du Che.
- 1er mai 60: prononce le discours pour la journée des travailleurs à Santiago de Cuba.
- 28 juillet 60 : prononce le discours d'ouverture du premier Congrès latino-américain de la jeunesse
- Juillet 60: son livre " La guerre de guérilla" sort des presses.
6 Août 1960 : Fidel nationalise les compagnies pétrolières de l'île.
Plusieurs années après, à Cuba, le 19 août 1960, il confie à son auditoire lors d'une rencontre au ministère de la Santé:
Lorsque le 18 juin 54, le gouvernement Arbenz est renversé avec l'appui des Etats-Unis pour crime de lèse-United Fruit, Ernesto Guevara tente de regrouper quelques jeunes et des armes pour combattre. Amère expérience dont il tire les conclusions.
"Presque tout le monde sait que j'ai commencé ma carrière de médecin il y a plusieurs années. Et quand j'ai commencé à pratiquer la médecine, quand j'ai commencé à étudier la médecine, la majorité des idées que j'ai aujourd'hui comme révolutionnaire, ne figuraient pas au stock de mes idéaux. Je voulais triompher, comme tout le monde veut triompher. Je rêvais d'être un chercheur célèbre, de travailler de manière infatigable pour parvenir à quelque chose qui pourrait être mis, en définitive, à la disposition de l'Humanité mais, qui aurait été, à ce moment-là, un triomphe personnel. J'étais, comme nous le sommes tous, un produit du milieu.
Ensuite, après avoir obtenu mon diplôme, à la suite de circonstances spéciales et peut-être aussi à cause de mon caractère, j'ai commencé à voyager dans toute l'Amérique et je l'ai parcourue toute entière. Sauf Haiti et Saint Domingue, j'ai visité tous les autres pays. Et, compte tenu des conditions dans lesquelles j'ai voyagé, tout d'abord comme étudiant et ensuite comme médecin, j'ai commencé à entrer étroitement en contact avec la misère, la faim, les maladies, l'impossibilité de soigner un enfant faute de moyens; l'abrutissement que provoquent la faim et les mauvais traitements incessants, tout ce qui fait de la perte d'un enfant un accident sans importance pour un père, comme cela arrive souvent au sein des classes les plus maltraitées de notre patrie américaine.
Alors il y a des choses qui, à ce moment-là, me sont apparues comme presque aussi importantes qu'être un chercheur célèbre, ou que de faire un apport substantiel aux sciences médicales: Il fallait aider ces gens-là. Mais je restais, comme nous le restons tous, un produit du milieu et je voulais les aider par mon effort personnel.
J'avais beaucoup voyagé, je vivais, à ce moment-là, au Guatemala, le Guatemala d'Arbenz et j'avais commencé à écrire quelques notes dans lesquelles je fixais les normes de conduite du médecin révolutionnaire. J'ai commencé par chercher ce dont on avait le plus besoin pour être un médecin révolutionnaire. Puis, est venue l'agression, l'agression lancée par la United Fruit, le département d'Etat, Foster Dulles -en réalité c'est la même chose- et par le fantôche qu'ils avaient mis en place et qui s'appelait Castillo Armas, on lui a réglé son compte depuis. L'agression a réussi car ce peuple n'avait pas encore atteint le degré de maturité qu'a aujourd'hui le peuple cubain, et, un beau jour, comme tant d'autres, j'ai pris le chemin de l'exil, ou, pour le moins, j'ai fui le Guatemala, puisque ce n'était pas mon pays.
Alors, je me suis rendu compte d'une chose fondamentale: pour être médecin révolutionnaire ou pour être révolutionnaire, la première chose qu'il faut avoir, c'est une révolution."
- 2 septembre 60: est présent lors du rassemblement populaire qui adopte "La première déclaration de La Havane".
- 28 septembre 60: participe au rassemblement au cours duquel les Comités de Défense de la Révolution sont crées.
- 7 octobre 60 : signe divers accords avec le vice-ministre bulgare du commerce extérieur.
- 14 octobre 60: reçoit le président guinéen, Sekou Touré.
19 Octobre 1960 : Les Etats Unis décrètent un embargo partiel sur le commerce avec Cuba.
octobre 1960: le Che effectue une tournée de deux mois dans les pays socialistes (Tchécoslovaquie, URSS, Chine, Corée du Nord, RDA)
octobre 1960 : les USA décrètent un embargo partiel sur le commerce avec Cuba, qui prend conscience qu'elle n'était qu'un appendice commercial des USA. Che voyage dans les pays socialistes au sein d'une délégation commerciale. Il est nommé ministre de l'Industrie en février 1961.
octobre 1960: le Che effectue une tournée de deux mois dans les pays socialistes (Tchécoslovaquie, URSS, Chine, Corée du Nord, RDA)
Le 19 Octobre 1960, Les Etats-Unis décrètent l'embargo commercial de Cuba.
Le 19 octobre, accentuant leur étranglement, les Etats-Unis promulguent un embargo sur le commerce avec l'île.
Avec Washington, les divergences continuent à se creuser. En réponse aux nationalisations, les Américains baissent radicalement les quotas d'importation de sucre. Ils provoquent un rapprochement des Cubains avec les Soviétiques, qui s'engagent à prendre le ralais.
Le Che préside de nombreuses missions officielles au nom du Gouvernement Révolutionnaire. Du 22 Octobre au 9 Décembre, il est à la tête de la mission économique de Cuba qui est de visite en URSS, Tchécoslovaquie, RDA et République Populaire de Chine.
22 octobre : Le Commandant Che Guevara s'envole pour une nouvelle tournée internationale en Eu-rope et en Asie.
- 22-29 octobre 60 : voyage officiel en Tchécoslovaquie Tito.
29 10 60 : Le Commandant Che Guevara arrive à Moscou.
- 29 octobre-16 nov. 60: visite en URSS, négocie un accord commercial
7 11 60 : Le Che assiste à Moscou aux cérémonies du 43 ème anniversaire de la Révolution russe.
16 11 60 : La mission commerciale Cubaine conduite par le Che arrive en Chine.
- 16 nov-1er déc.60: visite officielle en Chine, rencontre Mao Zé Dong
Le 17 Novembre, pendant son séjour en Chine, vient au monde Aleida Guevara March, ou "Aliusha", à La Havane. C'est là également que naîtront ses autres frères.
Fesant fi des polémiques entre partis communistes, Che Guevara continue son tour du monde à Pékin, sous la neige, où il est reçu par Mao et Chou En-lai.
Bien entendu, les Chinois rivalisent d'hospitalité avec les Soviétiques. Pour Ernesto, c'est un vieux rêve qui se réalise, lui qui appelait sa fille Hildita "ma petite Mao".
- 1er-7 déc. 60: visite en Corée du Nord. Rencontre Kim Il Sung, signe un accord de coopération.
- 7-22 déc 60: repasse par Moscou où il signe un accord sur l'achat de 2 millions 700 mille tonnes de sucre cubain par l'URSS.
23 12 60 : Retour à Cuba de la mission commerciale conduite par le Commandant Che Guevara.
A la fin de 1960, les États-Unis instaurent un embargo commercial total à l'encontre de Cuba.
Le Che dirige une délégation officielle cubaine au cours d'un périple effectué dans différents États socialistes : de l'Union soviétique et de l'Europe de l'Est à la Chine et à la Corée du Nord.
De là, retour en Union soviétique, en Allemagne de l'Est et en Tchécoslovaquie.
______________________________________________________________
Au début de l'année 1961, les États-Unis rompent toutes relations diplomatiques avec Cuba.
janvier 1961: Cuba rompt ses relations diplomatiques avec les USA.
3 Janvier 1961: Le président Eisenhower rompt les relations diplomatiques avec Cuba. L'île vit dès lors dans la psychose de l'invasion.
Le 3 Janvier 1961 les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba.
- 6 janvier 61: rend compte à la télévision des résultats de son voyage.
17 janvier 1961. Au Congo, le Premier ministre nationaliste Patrice Lumumba est assassiné sur ordre des Etats-Unis
et de la Belgique.
- 21 janvier 61: visite l'usine d'affinage de nickel à Nicaro.
- 16 février 61: devient membre de la Commission économique des Organisations Révolutionnaires Intégrées (parti unifié)
21 février 1961:il est nommé ministre de l'Industrie
23 février 1961:Fondation du Ministère des Industries qui est confié au commandant Che Guevara;
- 23 février 61: est nommé à la direction du Ministère des Industries créé le même jour.
Le 23 Février 1961, le Che est nommé Ministre de l'Industrie et Membre du Conseil Central du Plan.
Le 23 février 1961, Guevara est nommé ministre de l'industrie. Le Che pense qu'il faut industrialiser à tout prix pour garantir l'indépendance politique de l'île: " Il travaillait de 8 heures du matin...jusqu'à 4 heures le lendemain matin, se souvient Aleida, sa femme."
8 mars 1961: Che Guevara écrivait "Nous sommes la pierre angulaire de la liberté en Amérique-Latine."
- 28 mars 61: préside la première Rencontre nationale sur le sucre.
- 29 mars 61: inaugure une fabrique de crayons en province.
15 avril 1961: Deux chasseurs américains B 26, pilotés par des exilés cubains, bombardent les aéroports de la Havane et de Santiago.
Le 15 avril, les aéroports de Cuba sont bombardés par des avions américains.
- 16 avril 61: assiste à l'enterrement des victimes des bombardements prélude de l'attaque de la Baie des Cochons (Playa Girón).
- 17 avril 61: prend le commandement de la région militaire de la province de Pinar del Rio.
17 avril 1961: Quinze cents assaillants de nationalité cubaine, pro-américains et décidés à reprendre Cuba à Fidel Castro, débarquent à Playa Giron, dans la baie des Cochons. Ils arrivent de Miami, des îles de Vieques près de Porto Rico, de Puerto Cabeza du Nicaragua d'où sont également parties des troupes aéroportées. Préparée du temps d'Eizenhower, déclenchée par Kennedy, la tentative échoue totalement. Les anticastristes s'enlisent dans les marais et 1113 d'entre eux sont faits prisonniers. Ils seront jugés publiquement dans une école de la Havane.
17 avril 1961: débarquement raté de mercenaires cubains armés par les Américains dans la baie des Cochons, playa Giron
17 avril 1961: débarquement de 1 500 assaillants cubains pro-américains dans la baie des Cochons, tentative qui échoue lamentablement.
Le 17 avril a lieu l'invasion de la Baie des Cochons qui se terminera en débâcle pour les États-Unis. 1.500 mercenaires de la CIA envahissent Cuba, soutenus par la flotte et par la force aérienne nord-américaines. Leur but: déclencher une rébellion populaire. Mais au cours de 72 heures, ils sont complètement battus par le peuple cubain.
Du 17 au 20 Avril 1961, Ernesto Che Guevara occupe le commandement militaire de Pinar del Río pendant l'attaque de mercenaires sur la Plage Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de los Cochinos), au cours de laquelle 1500 contre révolutionnaires cubains tentent d'envahir l'île dans une opération organisée et financée par la CIA. Les révolutionnaires mettront en déroute les mercenaires en moins de 72 heures.
L'embargo commence 25 avril 1961: les Etats-Unis décrètent l'embargo total sur Cuba
25 avril 1961:les Etats-Unis décrètent l'embargo total sur Cuba
- 1er mai 61: prend part à la manifestation à La Havane.
Le 20 Mai 1962 naît son fils,Camilo, nom qu'il lui donne en hommage à son camarade Camilo Cienfuegos, qui mourut tragiquement dans un accident aérien.
- 24-26 mai 61: visite dans l'extrême est du pays en compagnie de Raul Castro.
24 5 61 : Les commandants Raúl Castro et Che Guevara visitent plusieurs sîtes économiques et industriels de Santiago de Cuba.
- 1er juin 61: signe l'accord en vertu duquel l'URSS remettra à Cuba un crédit de 100 millions de dollars.
Le 26 juin 1961, le Che déclara que « les travailleurs cubains doivent petit à petit s’habituer à un régime de collectivisme. En aucune manière les travailleurs n’ont le droit de faire grève. » En effet, des grèves avaient éclaté pour protester contre la baisse des salaires décrétée par le pouvoir. La CTC [8] fut purgée d’une partie de ses dirigeants. Les communistes s’emparèrent de l’appareil syndical.
Centrale des travailleurs de Cuba.
- 24 juillet 61: acceuille à l'aéroport Youri Gagarine.
- juillet 61: visite de nombreuses usines, dont celle de nickel qui vient juste de redémarrer et le chantier de plusieurs autres en construction.
- 2-19 août 61: séjour en Uruguay, représente Cuba à la Conférence Interaméricaine du Conseil Economique.
Le 4 Août, le Che est à la tête de la délégation cubaine lors de la Conférence des Amériques de Punta del Este en Uruguay. La délégation est reçue à l'Aéroport National de Carrasco par des milliers de personnes chantant des slogans anti-yankees et aux cris de « vive la Révolution Cubaine ».
5 août 1961:le Che représente Cuba à une réunion des ministres de l'économie de l'Organisation des Etats Américains à Punta del Este (Uruguay)
("Qu’est-ce qu’un jeune communiste?" discours au congrès de l’Union des jeunesses communistes, 1962)
"Le jeune communiste doit vouloir être toujours et partout le premier, lutter pour être le premier et se sentir mal à l’aise quand il occupe une autre place. […] Il doit joindre à toutes ces qualités un grand esprit de sacrifice, pas seulement pour les grands jours héroïques, mais à tout moment. […] Être toujours attentif à tous ceux qui l’entourent. Autrement dit, le devoir de tout jeune communiste est d’être essentiellement humain, tellement humain qu’il se rapproche du meilleur de l’humain; de purifier le meilleur de l’homme par le travail, l’étude, l’exercice de la solidarité permanente avec le peuple et avec tous les peuples du monde; de développer sa sensibilité au point de ressentir de l’angoisse quand on assassine un homme quelque part dans le monde et d’être exalté quand se lève quelque part dans le monde un nouveau drapeau de la liberté."
5 août 1961: le Che représente Cuba à une réunion des ministres de l'économie de l'Organisation des Etats Américains à Punta del Este (Uruguay)
8 8 61 : Intervention du commandant Che Guevara à la conférence du Conseil Interaméricain Economique et Social (CIES) qui se tient à Punta del Este (Uruguay).
- 29 octobre 61: inaugure l'usine métallurgique "Patrice Lumumba" à Pinar del Rio.
29 10 61 : Le commandant Che Guevara inaugure l'usine métallurgique "Patricio Lumumba" construite en collaboration avec la France.
- 20 novembre 61: signe avec une délégation de RDA l'accord de coopération pour 1962.
- 28 novembre 61: intervient au Congrès National des Travailleurs.
- 21 décembre 61: prononce le discours de clôture du cours de l'Ecole d'administration organisée par le Ministère des Industries.
- fin décembre 61: se rend à Matanzas sur le chantier des docks d'embarquement de sucre en vrac.
______________________________________________________________
- 3 janvier 62: inaugure une fabrique de biscuits.
- 14 janvier 62: fait partie de la commission d'organisation de la Zafra du peuple (récolte sucrière). La suit de très près.
- 4 février 62: prend part au rassemblement populaire qui adopte la Seconde Déclaration de La Havane.
- 28 fév.-1er mars 62: se rend en province pour visiter des usines en particulier celle d'affinage de nickel de Nicaro.
- 22 mars 62: devient membre du secrétariat des Organisations Révolutionnaires intégrées.
- 15 avril 62: prononce le discours de clôture du congrès national de la Centrale des Travailleurs de Cuba.
- 1er mai 62: prend part à la manifestation.
Janvier 1962 : Cuba est exclue de l'Organisation des Etats américains. Cette exclusion entraîne la rupture avec les autres pays du continent, hormis le Mexique et le Canada. S'ajoute un blocus économique des produits susceptibles de contenir des matières premières en provenance de l'île de Cuba. l'accès des ports américains est désormais interdit à tout navire préalablement entré dans un port cubain. Toute vente de denrées agricoles à Cuba est également interdite.
Embargo, multiplication des raids organisés par des éxilés, manoeuvres de quarante mille marines dans les Caraïbes, tout laisse à penser, au cours de l'année 1962, que les Etats Unis s'apprêtent à tenter une nouvelle invasion. La défense du territoire devient la principale préoccupation du pouvoir cubain qui renforce ses liens avec l'URSS. En octobre des avions espions américains apportent la preuve photographique de la présence de rampes de lancement de fusées nucléaires soviétiques, installées à 200 Km des côtes de la Floride. Kennedy décrète le blocus navale de Cuba et exige le retrait des missiles. Il adresse à Khrouchtchev l'ultimatum suivant: " Vous acceptez de retirer ces armes de Cuba, sous le contrôle des Nations Unies; vous vous engagez à mettre fin à leur livraison à Cuba. De notre côté nous acceptons de supprimer le blocus, [...] de prendre l'engagement de ne pas envahir Cuba". Le 24 octobre les bateaux battant pavillon rouge frappé de la faucille et du marteau mettent en panne au large des côtes cubaines, se pliant au blocus intimé par Washington. Les soviétiques ont gagné la promesse que Cuba ne serait pas attaquée et le blocus est levé. La crise des missiles vient de trouver son dénouement sans que le gouvernement cubain ait été consulté. Castro en est irrité, le Che est furieux et le fera savoir. Ils comprennent que le temps de la "coexistence pacifique", annoncée à Moscou en 1956 au congrès de déstanilisation, est venue avec ses compromis et ses compromissions. Fidel Castro s'en accommodera bientôt. En revanche, c'est pour le Che, dirigeant, la première occasion officielle de se distancier de Moscou.
Au pouvoir, le Che exerce son action dans tous les domaines : à la fois voix officielle de Cuba à l'étranger - le Che ambassadeur passe pour vice président du pays , directeur de la banque centrale, président de l'institut national de la réforme agraire, il prend chaque fois la tâche à bras le corps.
fin août 1962:le Che se rend en URSS pour préparer l'installation de missiles à Cuba
27 8 62 : Le Commandant Che Guevara arrive à Moscou.
- 26 août-5 septembre 62: effectue une visite en URSS et en Tchécoslovaquie.
5 9 62 : Retour à Cuba du Commandant Che Guevara qui s'est rendu en URSS et Tchécoslovaquie.
En Octobre 1962 et jusqu'en Novembre de la même année, Ernesto occupe le commandement militaire des troupes de Pinar del Río pendant la Crise d'Octobre.
15 octobre 1962: la crise des fusées éclate entre Washington et Moscou
- 17 octobre 62: assiste à la signature du communiqué conjoint Algérie-Cuba par Fidel Castro et Ahmed Ben Bella, en visite à Cuba.
- 22-28 octobre 62: crise des missiles, assume le poste de chef de l'Armée de l'ouest |