Enrique Camara Pérez

Pendant la nuit du 3 au 4 décembre 1956, les huit derniers retardataires rejoignent le reste des expéditionnaires du Granma qui se retrouvent au complet. Les éclaireurs sont revenus au camp avec des biscuits, des saucisses et du lait condensé. Castro a ordonné la reprise de la marche pour 08:00, le 4 décembre. Nous étions une armée d'ombres, des fantômes, a écrit le Che plus tard. Les rebelles progressent en colonne par un par le long de chemins discrets, plus de trente fois ils se jetteront à couvert à l'approche d'un avion ennemi. Il est minuit à Agua Fina quand la petite troupe s'arrête enfin. Après quatre heures de repos seulement, ils se mettent en marche, sous le couvert de l'obscurité, vers Alegría de Pío. Epuisés, ils ne peuvent plus aller plus loin.
Fidel décide de laisser ses hommes se reposer pendant la journée du 5 décembre et de reprendre la marche plus tard, quand la nuit sera tombée. Autour de midi, le Che a noté l'avion qui cerclait au-dessus de la zone, à basse altitude. Les rebelles se reposent enfin, en se ravitaillant des quelques rations restantes, dans l'ignorance de la tempête qui approche. Castro avait planté le camp sur une basse colline non protégée, encadrée par des champs de cannes à sucre à l'est et au nord, un bosquet au sud. Des sentinelles ont été postées mais tellement près du camp qu'elles y étaient pratiquement. Ils leur étaient impossible de signaler l'approche d'une patrouille de l'armée. La plupart des soldats ont trouvé un endroit ombragé pour dormir avec leur arme. Le Che soignaient les cloques et les infections causées par la marche dans la mangrove.
Vers quatre heure trente, cet après-midi du 5 décembre 1956. Ernesto Guevara s'est assis à côté de Jesús Montané pour manger sa ration composée d'une moitié de saucisse et de deux biscuits. Ernesto et Jesús, appuyés contre un arbre, échangeant des souvenirs heureux de leurs enfants respectifs. Le sifflement d'une balle a soudain engendré un silence terrifiant. Dans une fraction de seconde le cataclysme allait se déchaîner.
L'histoire a définitivement perdu la trace d'Enrique Camara Pérez à cet instant.

Enrique Camara Pérez prisonnier après l'attaque de Moncada Enrique Camara Pérez au Mexique



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