Enrique Cueles Camps

Enrique Cueles Camps a été un discret expéditionnaire du Granma.
Castro a adopté la stratégie militaire du plus grand patriote de Cuba, José Martí, pour des raisons politiques. Cependant, au lieu d'adopter le plan secret qui a fonctionné, Castro a emprunté le plan insurrectionnel qui a échoué.
Les expériences de Martí avaient démontrées que des groupes dispersés de rebelles pouvaient infiltrer l'île sans risque et relativement facilement, alors que les grandes opérations, complexes et très structurées, offraient une proie facile aux autorités.
Le débarquement contre-révolutionnaire de la Baie des Cochons, 17 avril 1961, en sera une démonstration de plus.
Castro a voulu accomplir ce quel Martí n'avait pas réussi, en dépit de toute logique. Sa stratégie exigeait le secret absolu, une synchronisation précise et une coordination efficace des unités au Mexique et à Cuba. Castro devait maintenir le contacte avec ses alliés de Santiago de Cuba et de La Havane, en particulier pendant l'odyssée de 1’200 milles du Granma, de Tuxpan à la province d'Oriente.
Le Granma en route, Castro ne pouvait plus transmettre de messages radio à Cuba. Si quelque chose tournait mal ou si les grèves de diversion échouaient, il ne pouvait plus changer ses plans. Il ne pourra même pas communiquer avec ses propres hommes, par radio ou talkie-walkie, dès le débarquement. Castro perdait le commandement direct de son entreprise dès l'embarquement sur le Granma. Pire encore, le moindre contre-temps sur le premier rendez-vous sur sol cubain le priverait de la moindre information sur la situation globale. Il ne pourrait même plus compter sur la coordination de sa propre troupe à la moindre dislocation.
Les erreurs de navigation sur le Granma lui ont fait perdre les commandes des événements. Pendant ses trois premiers jours sur le sol cubain, Castro ne savait pratiquement rien au sujet des forces et des positions de ses ennemis ou de ses alliés. Les premiers tirs de l'ennemi l'ont immédiatement privé de la cohésion de son propre contingent. Alegria de Pio, 3 jours après l'atterrissage chaotique du Granma, conclura sans équivoque que l'opération militaire de grande envergure de Fidel Castro était une débâcle totale.
Sur le Granma avait pris place ce qui devait constituer le fer de lance du renversement armé de la dictature de Batista. Les pertes seront lourdes sans compter les hommes dont on perd toute trace en fin d'après-midi du 5 décembre 1956 à l'exemple d'Enrique Cueles Camps.

Enrique Cueles Camps



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