Francisco Chicola Casanova

Francisco Chicola Casanova débarque du Granma à Cuba avec Castro, le 2 décembre 1956.
Le grave handicap, l'absence de matériel de transmissions, n'a pas découragé Castro ou ses hommes. Ils ne pouvaient pas transmettre ou recevoir de messages à, ou de, Celia Sánchez au sujet de la livraison des approvisionnements et des renforts prévus. Castro a articulé ses projets initiaux sur un atterrissage amphibie suivi d'une attaque sur la garnison la plus proche. Il se trouvait face à une logistique très supérieur et une quantité d'impondérables. Che Guevara pressentait les faiblesses de la stratégie militaire de Castro. Peu après leur fameuse première rencontre de juillet 1955, Guevara a exprimé de profondes inquiétudes concernant les perspectives de succès. Que penser de cette idée folle des Cubains : envahir une île fort bien défendue ?.
Guevara, comme tant d'autres rebelles, jusqu'au plus discret Francisco Chicola Casanova, se sont enrôlés dans l'armée rebelle par profonde conviction et, ou, fasciné, à défaut du stratège, par le charismatique Fidel Castro. La poignée d'hommes qui sont dans la Sierra Maestra autour de Casto, fin décembre 1956, suite au catastrophique baptême du feu d'Alegria de Pio, ont vaincu la malchance et, quelque part, renouvelé leur engagement. Armé de leur seule détermination et de leur courage, ses quelques rebelles parviendront assez rapidement à inspirer une rébellion dans tout le pays et à renverser Batista.
Castro avait essayé et avait échoué dans son assaut contre les casernes de Santiago de Cuba et Bayamo en 1953, il avait complètement raté son débarquement armé mais n'a jamais perdu le charisme qui lui permettait d'élever ceux qu'il côtoyait bien au-dessus de leurs réels moyens, de leur réelle motivation. L'exhortation attribuée à Che Guevara, peut-être un peu légèrement, Soyons réalistes, demandons l'impossible, aurait très bien pu être attribuée à Fidel Castro. Il n'a jamais manqué d'exhorter les autres de le faire, quelle qu’en soit les risques, même si lui-même ne manquera jamais, et de plus en plus, à montrer une certaine réserve à en prendre pour sa propre personne.
Stratégiquement, Fidel Castro fait preuve d'une belle constance : il a fait une véritable fixation sur Santiago de Cuba. Sa première attaque contre Batista se concentre contre la deuxième ville de Cuba, Santiago, où toutes les conditions sont réunies à favoriser l'armée cubaine. Castro a lancé sa deuxième rébellion de la même manière qu'il a tenté de lancer la première, avec une attaque, sur les unités fortes de l'armée et de police, à Santiago de Cuba, au lieu d'attaquer les points faibles de l'ennemi en priorité. Il relance le combat dans un des fiefs et aux conditions du plus fort mais, dans la stratégie 1956, Castro se réserve, entouré des plus aguerris, une cible beaucoup plus facile : Niquero, un poste de la garde rurale, l'opposé de Moncada. Pourchassé par l’armée, en retard sur l’horaire, loin de sa cible, il va pourtant renoncer immédiatement cette idée.
L'histoire, qu'il n'a d'ailleurs que juste effleurée, perd toute trace de Francisco Chicola Casanova à Alégria de Pio en début de soirée de 5 décembre 1956. Mort sans laisser de trace, effacé de l'histoire par Fidel, coutumier du fait, pour une raison ou une autre, retourné à une discrète quiétude ?

Francisco Chicola Casanova



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