Humberto Lamothe Coronado

Humberto Lamothe Coronado, né à Matanzas le 3 octobre 1919, débarque à Cuba, du Granma, le 2 décembre 1956. Castro n'est pas encore un fidèle admirateur des théories sur la guérilla du médecin de son petit corps expéditionnaire, Ernesto Che Guevara. Sa troupe se déplace et agit encore comme une armée conventionnelle loin de la zone de combat. La sanction ne tarde pas à tomber à Alegrio de Pio, le 5 décembre, les hommes de Castro sont largement défaits à leur premier engagement, une embuscade des troupes de Batista. Humberto Lamothe Coronado est blessé à mort aux premiers coups de feux, au milieu de la débandade générale.
Cette catastrophe qui manque de peu de marquer un point final à l'entreprise de Fidel ne lui laisse plus de choix. Le seul espoir de victoire ne peu plus être nourri qu'au sein de la guérilla chère au Che.
Peu de gens auraient pu imaginer qu'un docteur argentin asthmatique de vingt-huit ans, avec quelques mois seulement d'une éducation militaire de base, pour rester poli, va s'avérer être un des commandants et des stratèges de la guérilla les plus célèbres du monde. Son image seulement, près de quarante ans après sa mort, reste assez puissante pour capter l'esprit rebelle de Guevara et de la génération de révolutionnaires qu'il a inspirée.
Guevara est une des icônes de la victoire de la Révolution cubaine. En y regardant de plus près on peu néanmoins se demander si l'effondrement final du régime de Batista est vraiment dû à une lutte armée toute en stratégies subtiles et aux engagements à l'héroïsme wagnérien d'une poignée d'hommes hors du commun ou, plus simplement, s’il ne s'est pas effondré rongé par sa propre pourriture. La campagne africaine de Guevara n'a pas, pour le moins, résonnée aux clarines de la victoire. Un esprit mesquin pourrait même accuser le Che de racisme primaire au travers de ses rapports avec Laurent Kabila. On ne peu y trouver la moindre once de respect et par la même, encore moins d'admiration réciproque. Les soucis vont se multiplier, l'ambiance générale se dégrader et Guevara abandonner.
La troisième guerre guévarienne se déroule en Bolivie et consommera la défaite de Che Guevara. Peu à l'aise dans le ronronnement bureaucratique, il ne rêve que d'appliquer ses doctrines révolutionnaires. A ce moment-là, les stratèges, les diplomates, et les agents militaires américains de la CIA ont étudié, disséqué, le moindre de ses écrits. Ils ont adapté une stratégie contre-insurrectionnelle sans faille au guévarisme. La tactique de défense est plus efficace, les innovations nombreuses. Guevara le sait et n'a pas de doute sur l'issue fatale qui l'attend. Sa dernière déception sera de voir ses amis et ses alliés le lâcher un à un mais nourrissait-il vraiment quelques illusions à ce sujet ?
Humberto Lamothe Coronado est mort au côté d'un homme aux nombreux défauts découlant de sa plus grande qualité ; Guevara n'a jamais été enclin au doute. Il a préconisé la solidarité internationale dans un monde ou elle est absente. Il a pratiqué la révolution quand les révolutionnaires préféraient simplement parler de lui. Il a donné sa vie à ses convictions. C'est une bien maigre consolation mais s'est déjà ça.

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