Jaime Costa Chávez

Le 5 décembre 1956, en fin d'après-midi, Sud-ouest de Cuba, des balles déchirent le camp des rebelles castristes débarqués il y a à peine 3 jours. La majorité des hommes sont vite dispersés, à la recherche des ordres, de la protection de leurs officiers. D'autres sont à terre, blessés ou déjà morts, les balles sifflent au-dessus d'eux, la surprise est totale. Les escadrons 12 et 13 de la garde rurale, commandés respectivement par le sous-lieutenant Aquiles Chinea et le capitaine José C. Tandrón, ont surpris des hommes épuisés et affamés mais confiants. Les gardes ruraux avaient pris la trace des rebelles à Agua Fina et l’ont suivie jusqu'à Alegría de Pío. Ils ont décidé de les attaquer juste avant la tombée de la nuit. Le feu des armes automatiques et des fusils est nourri.
Subitement, les troupes gouvernementales cessent les tirs et invitent les rebelles à se rendre. Un homme qui rampe près de Che Guevara blessé crie : Nous devons nous rendre !. Personne ne se rend ici ! hurle Camilo Cienfuegos, jeune et impétueux soldat, et de ponctuer sa réponse d'une salve de son pistolet mitrailleur en maudissant les troupes ennemies. Le capitaine Almeida, refuse également l'ultimatum en se précipitant auprès du Che, Laissez-moi, ils m'ont tué. Almeida refuse d'abandonner le jeune médecin argentin et, avec l'aide de Ramiro Valdés, le porte à travers une petite clairière vers un bosquet qui leur fournirait un abri indispensable. A peine le Che extirpé du champ de bataille, des avions, en rase-mottes, mitraillent la zone. La confusion augmente encore d'un cran parmi les rebelles. L'armée cubaine met alors le feu au champ de cannes à sucre dans un ultime effort d'en extirper les rebelles. Avec de la fumée et des flammes s'élevant derrière eux, Almeida le Che et trois autres hommes s'enfoncent dans la forêt. Ils s'échappent de ce redoutable baptême du feu, d'à peine 30 minutes, qui a décimé la petite troupe.
Deux ans après, les survivants de ce désastre marchent triomphalement, en libérateurs, sur La Havane. Parmi eux Che Guevara, Camilo Cienfuegos, Raúl Castro, Juan Almeida, et Ramiro Valdés. Ils ont survécus au catastrophique débarquement du Granma grâce à la chance et à quelques erreurs de jugement de l'armée. Après Alegría de Pío, l'armée a relevé ses hommes postés pour un guet-apens à La Esperanza, juste à l'entrée de la Sierra Maestra. Le 13 décembre 1956, Batista donne l'ordre de cesser la chasse aux rebelles, persuadé que Castro est mort et son armée écrasée. La surveillance aérienne est aussi levée. Les chemins de la Sierra sont ainsi ouverts à quelques rescapés du 5 décembre.
Parmi les expéditionnaires du Granma, tous ne seront pas promus Héros de la Révolution, souvent à titre posthume. Jaime Costa Chavez, par exemple, disparaît dans l'ombre de l'histoire cubaine lorsqu'il choisit les chemins de l'exile, vers Miami, la Floride.

Gerardo Granados et Jaime Costa Chávez, Honduras, 3 mars 1954 Gerardo Granados et Jaime Costa Chavez, zoo de La Havane, 7 juin 1956 Jaime Costa Chavez, Mexico, été 1956 Moises Mafut Delgado et Jaime Costa Chávez, les chemins de l'exile



Les 82 expéditionnaires du Granma                 Cuba