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Manuel Echevarria Martinez
Manuel Echevarria Martinez est un des 82 expéditionnaires du Granma qui s'évanouissent dans la nature après la dislocation brutale du groupe de rebelles le 5 décembre 1956, à Alegria de Pio.
La traversée de la mer des Caraïbes entre le Mexique et Cuba avait été houleuse, difficile.
Les hommes ont débarqué dans l'Oriente, au mauvais endroit et très en retard sur l'horaire prévu.
Plus étonnant : ils sont épuisés et affamés.
Leur commandant en chef, Fidel Castro, a pourtant toujours fait preuve d'une grande attention aux problèmes d'intendances, contrairement à d'autres points comme la stratégie.
Tout portait à croire que le débarquement courait à la catastrophe et ce fut le cas.
Au Presidio de l'Ile des Pins, Fidel compense l’absence de nourriture gastronomique, chère à son coeur, par les nourritures profondes de la littérature.
Le 18 Brumaire de Karl Marx lui parut plein d’enseignements, et il s’y réfèrera souvent pour se prémunir contre les lassitudes révolutionnaires.
Il c'est plongé dans Victor Hugo et William M. Thackeray.
Il lit Un Nid de Gentilshommes, d’Ivan Tourgueniev, la biographie de Carlos Prestes, un dirigeant communiste brésilien, De la Guerre, de Karl von Clausewitz,
L’Esthétique Transcendantale, d’Emmanuel Kant, L’Etat et la Révolution, de Lénine,
les écrits de Franklin D. Roosevelt, ceux d’Albert Einstein, et surtout le Jules César de Shakespeare.
Fidel en conclu que César était un révolutionnaire et Brutus un réactionnaire.
Il écrivit à Natalia Revuelta : La pensée humaine est absolument conditionnée par les circonstances d’une époque.
S’il s’agit d’un génie politique, son épanouissement en dépend totalement. S’il avait vécu à l’époque de la Grande Catherine, Lénine aurait été, au mieux, un défenseur acharné de la bourgeoisie russe.
José Marti, s’il avait connu l’occupation de La Havane par les Anglais, aurait défendu, aux côtés de son père, le drapeau de l’Espagne.
Napoléon, Mirabeau, Danton, Robespierre, à l’époque de Charlemagne, qu’auraient-ils été sinon d’humbles serfs de la plèbe ou des habitants inconnus d’un quelconque château médiéval ?
La traversée du Rubicon par Jules César ne se serait jamais produite dans les premières années de la République, avant l’intensification du rude combat de classes qui secoua Rome et avant l’essor du grand parti plébéien qui rendit nécessaire et possible son accession au pouvoir.
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