Mario Fuentes

Mario Fuentes est en compagnie de Che Guevara, le médecin de l'expédition du Granma, quand il débarque à Cuba le 2 décembre 1956. Le futur premier commandant de l'Armée rebelle, le futur théoricien de la guérilla est à quelques jours de vivre sa première bataille, sa première défaite. Il ne sortira vivant de sa première escarmouche à Cuba que par la grâce du chargeur qui était dans sa poche de poitrine et fera ricocher la balle qui le frappera aux premiers coups de feu.
Ce n'est pas Mario Fuentes qui disparaîtra de l'histoire, le 5 décembre 1956 à Alegria de Pio, justement, qui pourrait nous éclairer si il s'y est comporté en tant que soldat ou déjà en tant que commandant. Le Che est officier et membre de l'Etat Major de Fidel Castro. Ses théories sur la guérilla ne sont pas encore sur le papier mais elles sont déjà bien avancées dans son esprit. L'examen de ces dernières ne marque pas de marquer les différences entre le Che Guevara mythique et le vrai guérillero, entre le docteur qui a reçu son baptême du feu à Alegría de Pío et le rédacteur d'une doctrine révolutionnaire de guérilla qui a combattu jusqu'à la mort pour ses idéaux en Bolivie. Il est intéressant d'examiner le militaire dans son ensemble, le soldat, le commandant et le théoricien.
Les critiques et les admirateurs de Guevara conviendront volontiers, ensembles, que le Che a été sous-estimé en tant que stratège militaire conventionnel, surestimé en tant que commandant de guérilleros, et souvent mal présenté en tant que théoricien de la guérilla.
Le Che a réalisé sa plus grande victoire militaire en appliquant une stratégie militaire conventionnelle ; dans sa campagne pour prendre la ville de Santa Clara, novembre, décembre 1958. Largement considéré comme un commandant blessant et agressif, il a orchestré une campagne défensive brillante pendant l'offensive d'été de l'armée de Batista en 1958. En tant que commandant de la guérilla, il a obtenu des victoires impressionnantes de guet-apens en guet-apens à Cuba, et plus tard en Bolivie, mais il a rarement commandé plus de cent hommes au combat. Les rares embuscades où il était la cible plutôt que le chasseur ont, elles, été pour le moins catastrophiques pour lui et ses subordonnés.
Les stratégies et la tactique qu'il a appliquées dans ses opérations de guérilla n'ont pas sensiblement dévié des doctrines préconisées par d'autres stratèges. Il violera aussi la plupart de ses propres préceptes pendant sa campagne désastreuse en Bolivie, 1966-1967. Convaincu que la théorie se développe au feu, le Che n'a jamais essayé de concevoir une nouvelle théorie de guérilla. Il a voulu pratiquer la guérilla, et pendant une carrière militaire relativement brève, 1956-1967, il l'a pratiquée davantage qu'il a théorisé à son sujet. Le Che était un homme d'action plutôt qu'un théoricien. Il a combattu sur les lignes de front, a commandé ses propres colonnes de guérilleros aguerris et organisés des opérations de guérilla dans presque chaque pays latino-américain.
On ne sait pas ce qu'et devenu Mario Fuentes au lendemain du 5 décembre 1956, a-t-il su ce qu'était devenu son compagnon d'armes ? On ne sait pas qui était Mario Fuentes avant ce 5 décembre, juste qu'il a été présent quand une page d'histoire s'écrivait.

Mario Fuentes



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