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Pablo Hurtado Arbona
Pablo Hurtado Arbona est un des 82 expéditionnaires embarqués sur le Granma qui débarquent à Cuba début décembre 56.
Suite à l'embuscade d'Alegria de Pio, Pablo Hurtado Arbona sera pris et condamné, il ne pourra pas rejoindre Fidel Castro dans la Sierra Maestra.
A Cuba, l'approvisionnement alimentaire a toujours été, est et risque de rester quelque temps encore, un souci majeur pour la majorité de la population.
Fidel Castro, le commandant en chef, adore parler cuisine.
Il est d'une précision helvétique à décrire la préparation des crevettes et langoustes si rares sur une table cubaine :
Il vaut mieux ne pas les faire cuire ; l’eau bouillante en réduit le goût, la saveur, et durcit légèrement la chair.
Je préfère les faire griller au four ou en brochettes. Cinq minutes suffisent pour des brochettes de crevettes,
La langouste au four onze minutes et six minutes en brochette sur la braise. Seuls condiments : beurre, ail et citron.
La bonne nourriture est toujours simple. Les cuisiniers internationaux gaspillent trop.
Fidel adore la chasse ; les canards sauvages sont une de ses passions et il ne manque pas d'en surveiller la cuisson.
Son goût pour le foie gras et les fromages français l’a conduit à encourager la recherche sur le gavage des canards de Cuba et à encourager la production d’un lait susceptible de remplir les critères indispensables à la fabrication de fromages de qualité.
Les résultats de ses expériences culinaires sont soumis aux membres de la nomenklatura du régime :
en premier, les pinchos, l’élite militaire puis les mayimbes, l’élite civile.
Il est vivement conseillé de déguster avec une attention aiguisée afin de dégager la moindre trace de qualité.
Les anecdotes sur l'interventionnisme culinaire de Fidel sont nombreuses et savoureuses.
Une américaine, hôtesse du jeune Castro, préférait faire griller au barbecue les côtelettes et le gigot d’agneau apporté par Fidel qui, installé dans sa cuisine en chef superviseur, préconisait de faire frire la viande après l'avoir panée.
Piqué au vif, il lâcha tout, fit demi-tour et s’en alla.
Souvent invité par son professeur, Moreno Fraginals, le jeune étudiant, Fidel Castro, allait directement à la cuisine et examinait attentivement ce qui se préparait pour le dîner.
Un jour qu'il désirait montrer à Madame Fraginals comment frire les bananes (United Fruit Company ?), stupéfaite, elle lui demanda s’il pensait tout savoir ; presque tout, ne manqua-t-il pas déjà de souligner.
Pablo Hurtado Arbona, libéré aux lendemains de la victoire des rebelles en janvier 1959, est retourné vers une vie discrète.
Il a passé de nombreuses années, comme tout cubain, a développé des trésors d'imagination afin de parvenir à nourrire les siens.
Il s'est éteint paisiblement en 1987.
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