Roberto Roque Nunez

La dernière nuit, quelques heures avant l'atterrissage, un nouveau problème frappe l'expédition du Granma : Le second du capitaine du Granma, le navigateur, le lieutenant Roberto Roque Nunez, tout à ses tentatives de préciser la position du bateau, tombe à la mer. Aucun marin n'abandonne un compagnon en difficulté quelle que soit la situation, même si un homme à la mer, de nuit qui plus est, peut être considéré comme définitivement perdu. Là il s'agit du navigateur, impossible de débarquer sans navigateur, il faut absolument le retrouver quoi qu'il en coûte, forcer le destin.
Le bateau se met immédiatement à cercler la zone à vitesse minimum et, pour la première fois depuis le départ, une lumière illumine le bord. La seule lanterne disponible à l'étrave, chacun scrute l'eau noire, tend l'oreille. De longues minutes passent, les derniers espoirs se sont envolés depuis longtemps, le bateau continue ses cercles. Ici ! faible, au fond de la nuit, ici, l'appelle est plus proche. C'est Ramon Mejías, Pichirilo, le Dominicain, qui repère, une ombre plus sombre, un mouvement qui n'est pas celui de la mer. Une heure a passée quand Roberto Roque Nunez est enfin à bord du Granma.
Une heure plus près de l'aube et encore un peu moins de carburant au fin fond des cuves.

Roberto Roque Nunez



Les 82 expéditionnaires du Granma                 Cuba