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C'est en Crète que la notation écrite des sons et des mots apparaît pour la première fois en Europe.
Des textes ont été retrouvés sur la plus part des sites archéologiques crétois importants, Cnossos, Malia, Archanès, Platanos, sur des objets et des surfaces diverses.
Des archives de tablettes ont été mises au jour dans la villa d'Agia Triada, dans le palais de
Cnossos, Zakros, et à La Canée.
Des jarres portant des inscriptions en Linéaire A ont été découvertes dans le palais de Zakros.
Dès ses premières fouilles, Evans retrouve de nombreuses tablettes d'argile et des sceaux qui l'amènent à distinguer trois types d'écriture bien différentes.
Le premier système est baptisé par Evans hiéroglyphique parce qu'il lui trouve d'importantes ressemblances avec les hiéroglyphes égyptiens mais il s'agit plutôt de pictogrammes.
Le hiéroglyphique est utilisé de la fin du IIIème millénaire jusqu'en 3'600 BP.
L'écriture qui domine l'époque néopalatiale est le linéaire A, elle est très répandue.
Elle a été utilisée entre 3'900 et 3'450 BP.
Des spécialistes considèrent que c'est une évolution du hiéroglyphique crétois et qu'elle traduit le même idiome.
Cette écriture nous reste absconse, son déchiffrement pose des problèmes difficiles à résoudre. En dehors de Crète, on a retrouvé des textes en Linéaire A dans des îles de l'Egée : Milo, Kéa et Théra.
Elle est aussi présente en Grèce continentale, où est attestée la présence de marchands ou de colons minoens. A Chypre, certains considèrent que cette écriture a été le point de départ de l'écriture chypro-minoenne qui se développera postérieurement et suivra sa propre voie.
Une majorité de tablettes révèlent, sans l'ombre d'un doute, un caractère comptable. On s'en sert pour compiler des inventaires détaillés, indispensables à une économie de redistribution.
Les spécialistes peuvent même distinguer les nombres, qui suivent le système décimal.
Tous les textes sont écrits de gauche à droite et de haut en bas.
Des inscriptions pourraient consigner des textes religieux.
Ces caractères figurent sur des récipients en pierre rituels ou votifs déposés dans les sanctuaires au sommet des montagnes.
On n'est pourtant pas certain que ces textes retranscrivent des messages spirituels ou culturels.
Une fois de plus on ne peut qu'assister à l'un de ces peu rares pugilats intellectuelles qui animent le petit monde merveilleux de l'archéologie :
Minoens HEC, une certitude, Minoens mi-HEC mi-mystiques, encore à démontrer.
Le Linéaire B, qui découle du Linéaire A, est contemporaine aux incendies et à la destruction des palais. Il remplace assez brutalement le Linéaire A aux archives du palais de Cnossos, étonnement épargné par les événements situés vers 3'450 BP. Le linéaire B a pu être déchiffré dès 1952, par le Britannique Michael Ventris, grâce aux nombreuses tablettes trouvées en Grèce continentale, à Pylos dans le Péloponnèse.
Ventris, Champollion moderne, s'est basé sur les travaux de quelques défricheurs avant-gardistes : une Américaine, une Bulgare et un Grec. Il réussit à trouver la clé. Ventris était, il est vrai, un ancien décrypteur de la RAF.
On sait ainsi que la langue parlée en Crète à partir de 3'450 BP était une forme de grec archaïque. On ne sait pas, par contre, si cette langue est née en Crète ou sur le continent, chez les Mycéniens par exemple. ← · →
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