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En se penchant sur les fresques, l'art minoen, on est frappé par la place qu'occupe la femme dans cette société encore dans les limbes entre la préhistoire et l'histoire.
Elle est libre et prend totalement part aux différentes manifestations sociales. Elle va à la chasse et participe aux compétitions sportives, même les plus dangereuses comme les jeux tauromachiques. Les canons de beauté minoens
les font représenter les femmes la peau blanche et les hommes la peau basanée. Sachant cela on est impressionné par la célèbre fresque des trois acrobates et du taureau ; deux de ces acrobates, malgré leur silouhette et leur tenue, sont, sans l'ombre d'un doute, deux jeunes femmes.
La femme minoenne participe aux activités masculines alors que mille ans plus tard les femmes athéniennes, pourtant très évolues, en sont fermement tenues à l'écart.
Au vu des images, des fresques qui nous sont parvenues on peut même se demander si les femmes n'ont pas un statut qu'elles n'auront plus qu'à l'aube du XXIème siècle et dans une minorité de sociétés. La femme de la Crète minoenne utilise toute une variété de produits de beauté : rouge à lèvres, fard blanc pour le visage et noir pour les yeux.
Une pince à épiler lui permet d'amincir ses sourcils. La robe au corsage ouvert laisse les seins nus ou les recouvre d'un tulle transparent.
De belles ceintures enserrent leur taille fine, et les jupes sont faites de volants superposés.
La tête est coiffée d'un chapeau ou d'un béret. Nue, la chevelure, parée d'épingles et de diadèmes,
tombe sur les épaules en longues boucles, tandis que d'autres, plus petites, ornent le front en accroche-coeurs. Au contraire des femmes, les hommes sont très sobrement vêtus. Ils portent un simple pagne court qui, sur les fresques tout au moins, met en valeur un corps bien entraîné et la finesse de la taille, encore accentuée par de larges ceintures généralement de métal, peut-être un étui phallique. Les sports, lutte, boxe, saut en hauteur, course, constituent une des occupations des jeunes gens.
Le plus dangereux, les jeux de taureaux, est souvent représenté sur des fresques et des bijoux entre autres.
Une belle variété de jeux de table existent déjà. Pions, dés, osselets sont largement utilisés.
Parmi les trouvailles les plus importantes, on citera le jeu d'échecs, oeuvre d'art admirable en cristal de roche, lapis lazuli, faïence et ivoire, recouvert de feuilles d'or et d'argent.
Voilà le tableau de la société minoenne que nous pouvons nous faire au vu des objets et des images qui nous en sont parvenue.
Quelle pourcentage de cette société ? Minime sans le moindre doute : les people, la jet set et strictement personne d'autre. Imaginez les femmes aux champs ainsi vêtues, maquillées, coiffées, la peau blanche ivoire. Imaginez ces hommes à la silouhette délicate affronter en mer des pirates aux ascendants Hittites, terreurs de l'Anatolie, ou Mycéniens prouvés comme pour le moins robustes.
Notons, au passage que nous ne trouvons aucune trace d'esclavagisme, pourtant fort répendu à cette époque, dans la société minoenne. Il est est fort possible qu'ils n'ont pas été lus, déchiffrés.
Les experts pensent pour la plus part, non sans raison, que le pouvoir suprême était entre les mains d'un prêtre-roi.
Difficile pourtant de résister à ne pas exprimer une possibilité rarement évoquée sur la société minoenne.
En mettant en balance les éléments à disposition, elle frôlerait la logique la plus implacable et s'accomoderait d'un prêtre-roi :
si nous étions face à une société matriarcale ? ← · →
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