|
REPTILES DE CRETE
TORTUE DE CRETE
La Crète ne compte qu'une espèce de tortue, une tortue semi-aquatique : l'émyde lépreuse (mauremys caspica).
L'émyde lépreuse mesure jusqu’à 25 cm et pèse jusqu'à un kilogramme.
L’habitat des émydes est toujours centré sur une surface aquatique courante ou stagnante, pérenne ou temporaire : mare, étang, marais, ruisseau, rivière, torrent et, typiquement en Crète, les cours d’eau à régime intermittent typiques des régions soumises à un climat méditerranéen intense.
Cette tortue tolère l'eau saumâtre et les eaux fortement polluées par des effluents non toxiques.
Les tortues préfèrent les rives couvertes d’une végétation dense, herbacée et arborée, offrant protection contre les prédateurs terrestres et contre un soleil trop vif.
Le sol doit être meuble et hors crues pour la pérennité des oeufs.
|
|
L’émyde lépreuse a une activité principalement diurne, éventuellement crépusculaire par grandes chaleurs.
L'activité de cette tortue est tributaire des conditions climatiques quotidiennes comme saisonnières.
Le milieu aquatique et ses rives ombragées, dont elle est très dépendante, lui servent également à se protéger d’une chaleur excessive.
Dans les régions à étés très chauds où son refuge aquatique s’assèche, elle gagne un abri sûr et cesse d’être active, l'émyde lépreuse estive.
Dans les régions à hiver frais, l'émyde lépreuse gagne une retraite pour hiberner, plus ou moins profondément
dans des débris végétaux, un terrier, sous une souche ou un tas de pierres.
|

| |
Vue et ouïe fines, une présence est décelée à plus de vingt mètres.
Inquiétée, une émyde lépreuse plonge et gagne les profondeurs de l’eau quand elle le peut.
Elle va se réfugier, se dissimuler, dans la vase du fond, parmi les pierres ou sous des racines immergées.
Saisie, elle cherche à se rétracter au maximum dans sa carapace ou, au contraire, elle se débat vigoureusement, usant de ses griffes pointues, ne cherchant généralement pas à mordre.
Elle émet presque toujours, dans ces cas de défense un liquide nauséabond à partir de glandes débouchant dans le creux inguinal.
La maturité sexuelle est atteinte entre 4 et 5 ans, carapace d'environ 90 mm, chez les mâles, et 7 et 8 ans, carapace 110 mm, chez les femelles.
L’accouplement s’effectue dans l’eau. Durant les préliminaires, le mâle montre une attitude agressive, mordant les pattes et le cou de la femelle. La femelle pond de 3 à 12 oeufs, enterré sur les berges, entre mai et juillet, une seconde ponte est souvent déposée à l’automne.
Les oeufs, allongés, mesurent en moyenne 35 mm de long pour 20 mm de diamètre.
L’incubation demande, selon la température, entre 60 à 90 jours.
La carapace des petites tortues oscille entre 22 à 28 mm, comme leur queue, elles
|

|
pèsent de 5 à 8 g.
Omnivore opportuniste à prédominance carnivore, l'émyde lépreuse a un régime alimentaire lié aux disponibilités locales comme à l’opportunisme de l’espèce :
mollusques, insectes, adultes et larves, arachnides, vers, plantes aquatiques. Poissons et amphibiens ne sont capturés qu'affaiblis, malades, isolés dans une mare en voie d’assèchement.
Elle consomme aussi leurs éventuels cadavres.
A part l’homme, qui agit directement par captures et destructions volontaires, ou indirectement, par destruction du biotope, les prédateurs principaux de l’émyde lépreuse sont les mustélidés, rapaces et certains corvidés qui s’attaquent surtout aux oeufs, nouveau-nés et juvéniles.
|
|
|