Les Crétois ne vont pas au restaurant dans un but gastronomique mais pour s'y sentir bien et passer un bon moment en bonne compagnie.
Couverts et pains seront facturés, raki, café ou dessert, parfois même et, vous seront souvent offerts.
La différence entre la taverne et le restaurant est subtil et dépasse même les Crétois, qu'importe : on mange fort bien en Crète, pour des prix très abordables.
On passe très facilement un bon moment en bonne compagnie et on se sent bien si on prend le soin d'éviter les restaurants au racolage tapageur ou arborant des tableaux de photos rappelant la cuisine anglo-saxonne. En Grèce on mange dans une taverne, plus conviviale, ou au restaurant, estatorio, normalement un établissement plus luxueux que la taverne, on boit le café au café et on mange une pâtisserie, un dessert, dans une zakharoplastia, une pâtisserie.
Dans l'ouzeria, plus souvent rakadiko ou tsikoudiadiki en Crète, on prend le raki avec des mezze. Les psistaria, les grills, peuvent être confondues avec les pitsaria, pizzerias locales.
La psarotaverna, la taverne de poisson, sert souvent aussi de la viande vu les prix du poisson en Crète.
Les Crétois qui font leurs courses tôt le matin au marché, aiment bien commencer la journée par un kréatósupa, consommé de viande, ou une patsá, soupe aux tripes ; les tavernes près du marché sont ouvertes très tôt le matin.
Habituellement, les Crétois prennent un petit déjeuner léger juste au lever : café grec fort, infusion à la sauge ou, à la campagne, verre de lait de chèvre chaud accompagné d'une biscotte, de quelques olives et de cornichons.
Quelques heures après avoir travaillé, sorte de dix heures crétoises, il est temps des loukoumádes, beignets au miel et aux graines de sésame, ou d'un galaktoboúreko, chausson fourré de semoule. Les pítta, feuilletés, comme le spanakópitta, aux épinards, le loukanikópitta, une farce à base de saucisse, ou le tirópitta, au fromage, sont très appréciés.
Les cafés et restaurant, qui ouvrent vers 9 ou 10 heures, vous serviront volontiers oeufs au plat, omelettes, yaourts au miel et riz au lait, risógalo.
On déjeune entre 14 et 16 heures mais restaurants et tavernes ouvrent dès midi.
Après la sieste, 17 ou 18, si la journée de travail est terminée, les hommes, notamment à la campagne, s'installent au café du coin, discutent, jouent aux cartes ou au távli, backgammon.
Dans les villes, il est temps d'aller faire sa vólta, promenade pour voir et être vu, on rencontre alors connaissances et amis et on peut aller boire un café, un raki, une bière.
L'après-midi s'étend jusqu'à 20 heures.
La plupart des Crétois ne vont pas dîner au restaurant avant 21 heures, l'heure où la majorité des touristes en auront terminé.
Peu de Crétois sortent seuls ou en couple, ils lui préfèrent la paréa, le repas en compagnie, et aiment aller au restaurant avec des amis et des parents sans se soucier de l'addition.
Il est d'usage de commander des plats différents pour tout le monde.
D'abord viennent les hors-d'oeuvre variés, les salades, puis la viande grillée, le poisson, les escargots, les langoustines et les calamars.
Chacun se sert de ce dont il a envie et en reprend autant qu'il en veut.
C'est une manière bien agréable de partager le repas et un bon moyen pour goûter à tout.
L'addition est réglée par une personne du groupe et à la prochaine rencontre c'est le tour de quelqu'un d'autre.
Après le repas, normalement, les Crétois rentrent directement chez eux.
Les joyeux fêtards qui auront un peu abusé du raki au cours de la nuit ne manqueront pas de se remettre les idées en place en se rendant aux aurores au marché pour déguster dans un café une bonne soupe aux tripes...
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