Fondu dans un paysage minéral, à la végétation rare, couronné de neige, ce village, proche de l'une des principales routes Nord-Sud de l'Atlas marocain, souffre pourtant déjà du principal problème des populations de montagne marocaines : l'enclavement.
Beaucoup de villages de montagne ne sont accessibles qu'à dos de mulet à l'issue de nombreux kilomètres de pistes impraticables.
Ces villages sont dépourvus d’électricité, d’eau et de toute structure sanitaire, même de la plus basique. Souvent, ils n’ont pas d’école. Le premier obstacle à franchir pour exploiter les nombreuses richesses de ces régions de montagne est l'éducation. La tâche est énorme, pharaonique, et les moyens font défaut. Actuellement, le taux d’alphabétisation, dans ces régions de la montagne marocaine, ne dépasse pas les 60 %.
La scolarisation est pourtant indispensable ; les jeunes sont l'avenir, l’espoir d'une société.
Si certaines communes jouissent bien d'une école primaire, voir un collège dans de très rares cas, les enfants n’ont pas les moyens d’aller au lycée et encore moins de faire des études supérieures.
En plus des manques de transports, les parents ne peuvent pas payer repas et fournitures scolaires, encore moins un hébergement.
Les plus riches ne possèdent pas plus que quelques chèvres et les sacrifices à l'achat des fournitures scolaires indispensables ont déjà été importants au niveau primaire. Le Maroc a besoin de former des instituteurs, des médecins, des contremaîtres familiers de ce milieu particulier. Sans accès des jeunes au système éducatif, les montagnes seront désertées au profit de bidonvilles et d'une migration sauvage vers les pays du Nord. Des richesses seront galvaudées et des problèmes engendrés : il est dans l'intérêt de tous, y compris des voisins du Nord, de soutenir, de démultiplier, les efforts engagés.
|