Premier arrêt dans les montagnes qui surplombent Marrakech, derniers regards sur le smog et le stratus qui étouffent Marrakech l'impériale.
Dans un décor apaisant fait de calme printanier, le dos aux sommets enneigés, on se prend à mesurer les maux d'une urbanisation galopante et d'un tourisme conquérant. Il en va de l'avenir de la jeunesse, de la population marocaine, sans même en évoquer son confort. La critique est aisée, l'art est difficile, surtout sous la pression du temps démultiplicateur des questions dans un pays à la pyramide des âges aux formes aussi purement géométriques. On se devra d'avoir la pudeur à s'abstenir de tout jugement.
Quelque part c'est même un sentiment assez proche de la honte qui nous envahit au détour de rêves aux couleurs sépia.
L'image d'Epinal que les francophones ont de Marrakech est profondément teintée de contes, aux tonalités colonialistes, du protectorat français. Ces contes sont largement repris par une industrie touristique à la fois indispensable et nuisible. Nous sommes là, plantés en avant-garde de la destruction des derniers pents de ces saveurs qui, mortes dans les villes impériales, sont encore pourtant bien présentes au Maroc ; combien de temps ?
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