A la kasbah, cellule familiale, s'oppose le ksar, pluriel ksour, groupement collectif. A l'intérieur de murailles défensives renforcées de tours d'angle et percées d'une porte en chicane se pressent de nombreuses maisons d'habitation, les unes modestes, les autres faisant figure de petits châteaux urbains avec leurs tours d'angle décorées à la partie supérieure de motifs décoratifs en brique crue.
On y trouve aussi des bâtiments et des espaces communautaires : salle de réunion de la Jmâa, mosquée, bergeries ou étables collectives, greniers et silos, place du marché, médersa, etc. Aït-Ben-Haddou est le plus célèbre des ksour de la vallée de l'Ounila. Depuis 1953, il fait l'objet d'une protection globale avec toutes les vallées des oasis. C'est un extraordinaire ensemble, un panorama complet des techniques de construction présahariennes ; pisé appareillé en panneresses et boutisses, terre banchée ordinaire, brique crue, etc.
Ce ksar est un raccourci saisissant de la typologie architecturale du Sud marocain. Un grenier domine la montagne à laquelle s'adosse le ksar. Ces greniers, agadir ou ighrem, ne sont pas rares au Maroc mais leur caractère défensif n'est pas toujours affirmé d'une manière aussi évidente par le choix d'un site de hauteur et le système de fortifications qui unit au village le grenier, conçu comme le dernier donjon de la résistance en cas de siège.
|