La présence humaine dans la région de Ouarzazate et, sans doute sur ou aux abords immédiats de la colline d'Aït-Ben-Haddou, remonte au plus profond des âges. Il est encore impossible d'estimer avec une certaine précision l'époque approximative des premières constructions à Aït Ben Haddou. Les Almoravides arrivent dans la vallée du Drâa au XIème siècle. C’est du règne des Almoravide sur une partie du Maghreb, de la péninsule ibérique et du Sahara, XIème - XIIème siècles, que datent les premiers témoignages historiques de la présence d'un ighrem sur l'actuel site du ksar d'Aït-Ben-Haddou. Dans cette ighrem cohabitaient, dans un système hiérarchique très élaboré, une population amazighophone composée de Blancs et de Noirs, de Musulmans et de Juifs.
L’ighrem est constitué, sur le plan architectural, de deux espaces liés mais bien distincts. L'espace public englobe les lieux collectifs : cour centrale, vestibule d’entrée, système viaire, caravansérail, mosquée, puits, aires à battre, bergerie, cimetière, etc, et des voies publiques propres à desservir les espaces privés. Les espaces privés sont constitués de maisons individuelles accolées les unes aux autres. Une maison compte deux à quatre étages ouverts sur l’intérieur. Les chambres s’ordonnent autour d’un patio, un puits de lumière, distributeur de l’éclairage et de l’aération.
|