Les femmes d'Aït-Ben-Haddou deuxième partie Il n'y a pas si longtemps le lait, le beurre et les oeufs étaient strictement réservés aux hommes.
Les femmes devaient se contenter des feuilles de thé, ayant servi à préparer les deux premières théières pour les hommes. Certaines femmes avouent avoir gardé ces habitudes, au plus grand effarement et à la réprobation des femmes plus jeunes. Dans les espaces publics, la distinction selon les sexes et l’âge était encore bien plus nette. Excepté pour de rares assidus, le travail aux champs est très sporadique.
Les femmes vont chercher deux fois par jour l’herbe ou la luzerne pour nourrir les bêtes. Elles ramènent aussi le bois de chauffe des environs. L’utilisation du gaz, encouragée par l'Etat afin de préserver les surfaces boisées, les dispense de plus en plus de cette corvée.
Enfin, dans les nombreux villages encore privés d'eau courante, la corvée d'eau est du ressort de la femme. A Aït-Ben-Haddou, comme dans beaucoup d’autres communautés, hommes et femmes n’ont pas la même approche de l’espace public. Il est largement ouvert aux hommes, autant qu'introverti aux femmes. Le travail dans le tourisme, l’émigration et l’accès à la fonction publique ont nettement remis en cause un schéma traditionnel : les hommes passaient le plus clair de leur temps hors de la maison, adossés à un mur sous le soleil d’hiver
ou à l’ombre en été.
Les femmes d'Aït-Ben-Haddou : première partie, troisième partie
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