La hiérarchie sociale traditionnelle de la commune d'Aït-Ben-Haddou, comme dans tout le Maroc, c'est retrouvée brutalement et profondément bouleversée au lendemain de l’indépendance en 1956. Si elle résiste encore dans le langage et les représentations sociales elle a dû céder le pas à d’autres formes de différenciations sociales dans la vie quotidienne. L'implantation de l'industrie touristique
a amené des familles étrangères à s'installer dans la petite commune d'Aït-Ben-Haddou. Le travail des plus pauvres dans les mines de la région d’Ouarzazate, ajouté à l’arrivée des nouveaux résidents, a aussi contribué à bouleverser l’ordre ancien de ce fragile microcosme. Certains ont constitué des capitaux
qui leur ont permis de faire fructifier leurs affaires. Ils sont ainsi parvenu en quelques décennies à se hisser au sommet de la hiérarchie économique. D’autres à l’inverse, riches et influents, ont vu leur capital fondre plus vite encore que ne s'érodait leur influence symbolique.
La contestation de leur suprématie passée n'a pas manqué d'aller jusqu'à s’exprimer dans des revendications sur l’appellation même de l'ancienne communauté.Aït Ben Haddou, réduit désormais à un toponyme, a bien failli devenir Aït Aïssa Ou Hmad. Le malaise reste encore aujourd'hui palpable, les blessures sont aussi profondes que mal cicatrisées.
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