Au Maroc, aujourd'hui, on distingue les tapis ruraux et les tapis citadins. Le tapis rural, tapis berbère, se subdivise lui-même selon son origine : Le tapis du Moyen-Atlas, en laine, est très grand, très épais.
Le fond rouge ou blanc, agrémenté d'autres couleurs, est orné de losanges, de rectangles et de chevrons.
Le tapis de la région Taourirt-Oujda présente des dessins verts et bleus sur un un fond généralement rouge.
Le tapis du Haut-Atlas, de Ouarzazate, est plus petit et constitué d'un tissage plus fin. Il présente des tons assez chauds : orange, jaune ou rouge et son fond est souvent noir.
Le tapis citadin, d'inspiration orientale, proviennent des régions de Rabat et Médiouna.
Ornés de motifs en forme d'étoile et de dessins géométriques et floraux sur fond uni ils sont d'origine beaucoup plus récente. Dans les tons rouge pour un côté traditionnel, ils se conjuguent dans les bleus pour la modernité. Le tapis marocain revêt un triple usage : objet de décoration, il permet de se protéger du froid et représente une source de revenus complémentaires importante.
Le tapis berbère, le tissage, découle de l'activité artisanale la plus ancienne au Maroc. Les origines du tapis d'art berbère remontent au néolithique en Asie Mineure.
Certains motifs et les similitudes de technique du nouage indiquent des racines communes avec le tapis d'Orient islamique apparu bien plus tard.
Les tapis, oeuvres d'une activité familiale ancestrale, sont fabriqués selon les mêmes traditions, depuis des millénaires. Des générations de jeunes filles et de femmes se sont succédées derrière des métiers à tisser verticaux rudimentaires.
Les régions montagneuses de l'Atlas et les plaines atlantiques, à l'écart des grandes civilisations de l'Antiquité et loin des échanges culturels de la Route de la Soie, ont préservé au tapis berbère son originalité.
Les motifs du tapis berbère semblent issus directement du paléolithique supérieur de l'Europe, du néolithique oriental et du bassin méditerranéen.
Serpents et traits, valeurs masculines, losanges et chevrons, valeurs féminines, signes de l'art pariétal et des artefacts des premières cultures de l'homme, sont omniprésents des milliers d'années plus tard, dans le tapis berbère.
Les différents modèles et ornements ont tous une origine symbolique.
Ils se transmettent à travers les générations de mères en filles.
Création artistique de la femme berbère, son tapis reflète avant tout les phases et les expériences de sa vie. Le tapis berbère authentique est le miroir de la femme berbère, de ses émotions, de ses sensations et de ses idées. Il n'a pas manqué d'inspirer des artistes comme Paul Klee, Le Corbusier ou Nathalie Dupasquier, membre du Memphis milanais.
Aujourd'hui, pour sauvegarder les traditions, des coopératives et des écoles entourent la formation et l'aide à la création.
Cet art retrouve ainsi une nouvelle jeunesse.
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